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I. Loc. cit., p. i4 et suiv

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de lenteur, en général trois à quatre secondes après l'excitation provocatrice. Or, il est arrivé, dans quelgues cas assez rares, que le sujet a prononcé « c'est fini » avant que la vaso-constriction eût comnncncé ; plus souvent, le signal est donné pendant le commencement de la vaso-constriction, pendant la période de début ; quelquefois aussi au moment où la vaso-constriction est au maximum ; toujours avant que la vaso -constriction soit terminée. »

Ces résultats étant acquis les auteurs croient pouvoir conclure d'une façon plus générale et disent :

« La réaction émotionnelle est, d'une manière générale, plus rapide que la vaso-constriction. Ceci donne évidemment tort à la théorie de Lange, qui a voulu faire jouer aux phénomènes vaso-moteurs un rôle beaucoup trop grand dans le mécanisme des émotions.

« Même en tenant compte des erreurs de l'instrospection, il nous paraît établi par les réponses de nos sujets que le maximum émotionnel est atteint, dans le cas de surprise, à un moment où les vaso-moteurs ne sont pas encore entrés en activité. »

Cette conclusion serait définitivement fort grave pour la théorie sensualiste que nous soutenons si une autre considération de ces mêmes auteurs ne venait à son secours; elle enlève, me semble-t-il, une grande importance à leurs résultats expérimentaux. Une adjonction à cette conclusion se trouve en note :

« iNous devons peut-être ajouter quelques explications à l'affirmation du texte. En moyenne, rémotion consciente de surprise est terminée vers le milieu de la descente en constriction du tracé capillaire. D'autre part, il résulte des analyses que nos sujets

OBJECTIONS ET CRITIQUES ^Sq

ont faites sur eux-mêmes que le maximum émotionnel de la surprise est atteint très vite après l'excitation, et que Témotion décroît ensuite lentement. On peut donc supposer avec beaucoup de vraisemblance que rémotion est en décroissance, quand le système vaso-moteur s'émeut à son tour. Cette expérience est très importante pour la théorie. » J'avoue ne pas comprendre clairement cette dernière observation, car cette expérience serait contraire à la théorie tandis que cette conclusion lui serait favorable que : l'émotion consciente de surprise est terminée vers le milieu de la descente en constriction du tracé capillaire ; parce que la constriction continuerait encore, l'émotion à son maximum ayant cessé.

Mais les doutes les plus considérables et qui infirment selon moi tous les résultats proviennent de l'interprétation des jugements des sujets en expérience. Ecoutons les auteurs qui nous renseignent à cet égard :

« Nous avons longuement interrogé les sujets sur le contenu de leur conscience au moment où ils sont surpris par une excitation brusque; surtout, nous avons voulu savoir quel est le signe qui leur permet de dire sans hésitation : « Je suis redevenu calme, mon émotion est terminée. » Nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que les sujets prennent pour guide des sensations internes ; ces sensations varient selon les personnes ; l'un perçoit spécialement les battements de son cœur et c'est quand il cesse de les percevoir qu'ils se sent revenu à l'état de repos ; un autre est surtout impressionné par l'accélération de sa respiration, et c'est quand sa respiration se calme

qu'il juge rémotion terminée. Très probablement, si nous ne leur demandions pas de s'observer, ils ne prêteraient pas une aussi grande attention à ces fonctions du cœur et de la respiration, et leurs réponses ne sont pas la preuve pcremptoire que rémotion consiste dans une perception d'états organiques ; il y a là simplement une orientation d'esprit très spéciale, créée par l'expérience. Tout ce que nous voulons retenir de leurs réponses, c'est qu'il existe de grandes variétés individuelles. »

Si les auteurs jugent que les réponses des sujets sont un produit que l'on pourrait dire artificiel, il n'est pas possible d'établir là-dessus un résultat ; si, au contraire, les sujets ont la conscience des émotions lorsque, en même temps, ils éprouvent les sensations organiques des changements du cœur et de la respiration, et qu'ils jugent par ces sensations seulement de leurs propres émotions ; si nous devions accorder foi à ceci et fonder notre jugement sur ces faits, nous aurions alors une confirmation complète de la théorie. Mais, de toute façon, les expériences rapportées ici, et leurs résultats apparents, ne donnent aucune contribution ni en faveur, ni contre la théorie.

Une aniiée plus lard, Binkt et Coirtier et Biîset et Vascuide présentèrent d'autres expériences qui, bien qu'elles ne leur semblent pas à eux-mêmes aussi concluantes que l'on pourrait s'y attendre, me semblent devoir retenir l'attention plus que les précédentes*, comme je le montrerai.

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