‹ Les émotionsChapitre 81 sur 87 · I. Année psychoL, 3« année, 1897. Binet et Courtier · texte numérisé non relu

I. Année psychoL, 3« année, 1897. Binet et Courtier

Certainement, une des difficultés consiste à donner sa vraie valeur et sa vraie signification au pouls capillaire qui, pour les auteurs ci-dessus nommés, équivaut à de la vasoconstriction, ce que Dumas n'admet pas et ce dont je parlerai plus loin. Revenons aux expériences des auteurs. On a obtenu dans la peur, chez cinq enfants de 8 à lo ans, accélération du cœur et diminution ou efiacement à peu près complet du pouls capillaire : ceci est pour nous suffisamment concluant. Chez des adulte Texpérience provoquant la peur a donné, selon les mêmes auteurs, de la vaso-constriction et un amollissement du dicrotisme, de l'accélération de la respiration et une augmentation de son amplitude. Mais ils ont obtenu un cas typique de peur, avec tous les caractères physiologiques ; je le rapporte en citant leurs propres paroles :

« A l'annonce de l'incendie, on note deux aspirations assez petites, suivies de trois respirations de grandeur et de durée moyenne ; puis, peu à peu, le type respiratoire change ; c'est une grande respiration, plus grande et plus rapide que ^le type normal de M. V... : cette respiration, qui est à la fois rapide et plus simple, est bien caractéristique de la peur. L'accélération du cœur a également été bien marquée : avant l'expérience, le pouls était à 78 ; pendant l'émotion, il a été de 85 à 87 ; et après, quand le calme est revenu, il a présenté un ralentissement

Influence de la vie émotionnelle sur le cœur, la respiration et la circulation capillaire. Binet et Yaschide, Influence du travail intellectuel, des émotions et du travail physiologique sur la pression du sang.

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marqué, il n^a plus été que de 73. Nous considérons cette expérience comme typique, car elle a présenté, réunis, tous les caractères physiologiques de la peur'. »

BiîiET et Courtier observent, en passant, que la peur se présente comme une émotion excitante :

« N'est-ce point naturel » disent-ils. « La peur physiologique, si raisonnable, celle que chacun de nous éprouve à l'occasion, ne nous incite-t-elle pas à faire rapidement des mouvements de défense ou de fuite. Ne sont-ce pas là des manifestations actives ? d

Outre ces expériences, ils ont tenté de provoquer chez leurs sujets des émotions qu'ils appellent psychiques volontaires^ cela au moyen de raisonnements et de phénomènes d'idéation. Outre la grande variabilité que Ton rencontre dans toute autre émotion, ces auteurs ont trouvé qu'il n'y a pas un rapport constant entre l'état psychique émotionnel et celui des vaisseaux sanguins, de même que ce rapport n'est pas égal chez tous les individus.

« Chez les uns, l'état de gaieté, de joie, de contentement, de plaisir, évoqué par imagination et vécu pendant un certain temps, produit un agrandissement de la pulsation, et l'état de tristesse, d'abattement, d'angoisse, de douleur morale, produit, au contraire, un rapetissement de la pulsation (une conslriction) ; mais, chez d'autres sujets, c'est précisément l'inverse qui se produit, et cela avec une telle constance qu'on ne saurait méconnaître le fait... » Mais ceci ne donne pas, me semble-t-il, le droit d'af-

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