‹ Les Empereurs du 14e siècleChapitre 4 sur 91 · Tome VI · texte numérisé non relu

Tome VI

empereurs Ottonieiis, Henriciens et Souabes.Leur capitale idéale, enviée était Rome, Urbs aurea, où ils avaient un palais, imjjeriale palatium. Mais ils avaientd'autres capitales aussi où ils étaient couronnés rois, Aix-la-Chapelle, Monza, Arles ; leur empire était sans limites, comme celui de l'ancienne Rome. Successeurs de Charlemagne,ils prétendaient être les maîtres du monde, quelquefois même, comme Barberousse, jusqu'à la propriété. Au moins ils soutenaient et protégeaient, dans les États Scandinaves et chez les populations Slaves, la conversion chrétienne. Leur pouvoir en théorie était absoh-i : tua coluntas j'usest, dit l'archevêque de Milan à Frédéric Barberousse ; et Frédéric H ordonne à l'université de Bologne d'inscrire ses constitutions dans le corpus civile de l'ancienne Rome.

A considérer l'apparence et l'origine de cet empire qui portait à cette époque le titre aussi long qu'ambitieux de Saint-Empire romain germanique, \\ n'y avait aucune institution politique qui lût aussi ancienne, aussi puissante et aussi considérable en étendue ; à en étudier de près le caractère et l'histoire, il n'y en avait pas de plus récente, de moins solide et souvent de plus restreinte ^

Cet empire des Ottons et des Frédérics prétendit toujours procéder non seulement de l'ancienne Rome impériale mais de la Rome pontificale, c'est-à-dire d'un principe politique et d'un principe mystique. Au fur et à mesure en effet qu'ils s'éloignent de leur prédécesseur Otton le Grand, les empereurs allemands, Frédéric Barberousse et Frédéric II, font remonter leur pouvoir, pour le rendre plus respectable, aux empereurs romains Justinien, Trajan ou Auguste ; mais, en même temps, pour pouvoir se dire désignés de Dieu ets'au-

1 Ficker J. Das ileulsche Kaiscrreich, Inspruck 1861, du même auteur PeuUclitis Ixœuigsttium uud KaisertUum 18G'2.

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