‹ Les Empereurs romainsChapitre 14 sur 54 · LES PHILOSOPHES PAÏENS · texte numérisé non relu

LES PHILOSOPHES PAÏENS

Pendant que le sang généreux des martyrs coulait sur les bûchers, sous la dent des bêtes ou le glaive des bourreaux, les philosophes

païens aiguisaient contre les chrétiens l'ironie et le sarcasme, et se sentaient le courage d'insulter à des hommes qui savaient mourir pour leur- foi. Celse l'épicurien se distingua dans cette guerre lâche et froidement cruelle. Son livre intitulé: Discours de vérité, n'était qu'une satireamère des Juifs et des Chrétiens, que le philosophe semble confondre dans un égal mépris. Il y avance d'abord toutes les calomnies vulgairement accréditées parmi les Romains de cette époque contre Moïse et sa législation. Malgré le ton insultant qu'il conserve dans toute cette diatribe, il lui échappe cependant des aveux qui suffiraient seuls à établir contre lui la vérité du Christianisme. Ainsi il convient que la religion Chréti*^nne, répandue de son temps même dans tout le monde connu, avait été fondée par un Juif crucifié qui s'était associé pour

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cette œuvre une douzaine de pêcheurs, et d'inmmes inconnus et illettrés.

Il ne reproche aux chrétiens d'autre crime que de s'assembler en secret contre la défense des magistrats, de détester les idoles et leurs autels,et de blasphémer les dieux. Il ne nie point que Jésus-Christ et ses disciples, ceux mêmes qui vivaient de son temps, n'eussent fait des miracles; mais au lieu d'y voir la preuve d'une vertu divine, il les attribue à désenchantements puissants etauxartifices de la magie.

Son ouvrage fut le premier qui eut pour but direct d'attaquer le christianisme.

Vers le même temps, un autre philosophe Cynique de profession, écrivait aussi contre les chrétiens,

C'était Crescent connu par ses infamies et sa sordide avarice; ce qui ne l'empêchait pas

d'être pensionné par Marc-Auréle, et honoré publiquement de la faveur Impériale.

L'apologiste Justin le provoqua à des conférences publiques qui tournèrent à la plus grande gloire du christianisme, et à la confusion de la philosophie.

Crescent s'en vengea en signalant Justin à l'attention des persécuteurs de sa foi.

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