LE PONTIFE ZÉPHYRIN
Le pontife Zéphyrin put échapper à la sanglante persécution qui désolait l'Eglise grâce sans doute à l'abri qui lui fut assuré dans la catacombe de Calliste.
Jusqu'à son pontificat, les fidèles, à ce qu'il parait, recevaient l'hostie sainte dans leurs mains.
Mais un décret de ce pontife, mentionné par le bibliothécaire Anastase, modifia cet usage en ordonnant que les sous-diacres présents à la célébration des mystères porteraient dans leurs mains des patènes de cristal; qu'après avoir communié de la main de l'évêque, ils recevraient sur ces plateaux les hosties destinées aux fidèles, et les présenteraient aux prêtres chargés de les distribuer. Plus tard des coupes et des patènes en argent furent substituées aux patènes et aux calices de verre. S'il faut s'en rapporter aux peintures des catacombes, les fidèles apportaient alors eux-mêmes comme offrandes le pain et le vin qui devaient servir à la communion. Les pains d'une forme ronde ( placenta ) étaient coupés en longueur et en largeur par des bandes
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transversales ; ce qui permettait de les partager ensuite plus facilement au moment de la communion.
DERNIÈRES ANNÉES et mort de Septime Sévère
Comme nous l'avons dit précédemment, le principal conseiller de toutes les cruautés de Septime Sévère contre les Chrétiens avait été son ministre Plautien, Africain comme lui, mais de basse extraction.
Ce ministre tout puissant avait obtenu que sa fille fût fiancée à Bassien Caracalla, le fils aîné de l'Empereur. La nouvelle épouse avait été entourée d'un faste oriental qui aurait suffi à dix reines ; mais le jeune prince haïssait
autant la fille que le père ; il accusa Plautien d'avoir conspiré contre Sévère, et le fit mettre àmort sous les yeux de rEmpereurlui-même. Le Jurisconsulte Papinien lui succéda dans l'administration de l'Empife.
Après quelques années de repos, Sévère fut appelé en Bretagne par une révolte ; il n'eut pas de peine à l'apaiser, et voulut profiter de sa présence dans l'ile pour achever de la soumettre. Il pénétra fort avant dans les montagnes des Calédoniens ; mais fatigué par de continuelles attaques qui lui coûtèrent jusqu'à 50,000 hommes, il se détermina à construire une muraille d'un rivage à l'autre sur la ligne tracée par Agricola.
Pendant cette expédition, il avait été constamment malade : son fils Bassien, appelé Caracalla du nom d'un vêtement Gaulois qu'il aimait à porter, n'eut pas la patience d'attendre sa fin prochaine.
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Un jour que l'Empereur se rendait à cheval à une conférence avec les barbares, Caracalla, qui était derrière lui, tira son épée pour l'en frapper. Mais au cri d'horreur que jetèrent les gardes, l'Empereur se retourna. La conférence terminée, il se retira dans sa tente, appela son fils, et lui dit qu'il pouvait alors accomplir son parricide.
Mais ces tristes scènes empirèrent son mal. A cette nouvelle, les Calédoniens se révoltèrent. Sévère ayant ordonné que la guerre recommençât, et ne finît qu'avec Textermination de ce peuple, les troupes s'effrayèrent de cette lutte acharnée : une sédition éclata, et les soldats proclamèrent son fils Bassien Au- ■guste, c'est-à-dire Empereur.
Sévère se fit porter à son tribunal, dévoré de chagrin ; sa maladie s'aggrava, et au bout de quelques jours, il expira en disant : J'ai été tout, et tout n'est rien, Ses deux fils, Cara-
calla et Gèta, nés de la Syrienne Julia Domna, troublèrent bientôt l'Empire de leur sombres inimitiés. ( An 211 de J.-C )
LES EMPEREURS CARACALLA ET GÉTA Années 211 à 217
Après la mort de Sévère, ses deux fils se hâtèrent de quitter la Bretagne, et de rapporter à Rome, où ils furent tous deux à la fois reconnus empereurs, les cendres de leur père. Ils voulaient partager l'Empire; mais leur mère Julia Domna s'y opposa, et leurs divisions s'en augmentèrent. Bientôt ils en vinrent à menacer réciproquement leur çxis-
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tence ; Caracalla réussit le premier ; il poignarda son frère dans les bras de leur mère, citaRomulus pour se justifier, et fit l'apothéose de Géta.
Cependant tourmenté de quelques remords il essaya de les étouffer dans le sang. Le jurisconsulte Papinien refusa de faire une publique apologie du fratricide.
Il est plus aisé, dit-il courageusement, de commettre un crime que de le justifier. » Le philosophe Sénéque sous Néron n'avait pas eu de pareils scrupules.
Papinien fut mis à mort, et avec lui périrent 20,000 personnes amies de Géta, ou ses partisans. Le sénat fut décimé et bafoué.
Caracalla ne sévit pas seulement à Rome ; il porta dans toutes les provinces ses cruautés et ses dilapidations.
En Tan 213 il parcourut celles du Danube et de l'Asie tantôt sous le costume d'Alexandre,
tantôt sous celui d'Achille. Arrivé à Alexandrie, pour se venger de quelques épigrammes, il ordonna un massacre général des habitants de cette ville : puis il suspendit dans le Serapeum l'épée avec laquelle il avait frappé Géta comme si elle eût été consacrée.
Afin de pouvoir se décorer du nom de Parthicus, il engagea le roi desParthes à lui donner sa fille en mariage, et s'avança dans ce pays avec une armée qui représentait un cortège royal. Le roi Artaban vint à sa rencontre, et le reçut comme son gendre avec tous les dehors de l'amitié. Tandis que les Parthes dans une entière sécurité s'abandonnaiont à une joie aveugle, tout-à-coup à un signal donné par Caracalla, les Romains en firent un affreux carnage; le roi Artaban échappa avec peine. L'armée Romaine, après avoir ravagé le pays, regagna la Mésopotamie.
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C'est là que ce triste Empereur devait trou- Ver sa fin.
Un jour qu'il visitait, avec une suite peu nombreuse, le temple de la Lune à Charres, un centurion excité par le Préfet des gardes Macrin, qui savait sa propre vie menacée, se jeta sur Caracalla et le tua (217).
Le meurtrier fut aussitôt massacré par les cavaliers Germains qui formaient la garde particulière du prince.
Caracalla étant mort, l'armée avait besoin d'un chef pour tenir tète aux Parthes qui s'apprêtaient à se venger : au bout de trois
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mois, elle proclama Empereur le préfet des gardes Macrin dont le premier acte fut de mettre Caracalla au rang des dieux.
Après une sanglante bataille livrée dans la Mésopotamie, ^lacrin acheta la paix du Roi des Parthes au prix de quatre vingt millions de deniers. De retour à Antioche, il écrivit au Sénat qu'il y aurait sous son gouvernemenx liberté et sécurité. Aussi le sénat lui confirma avec joie les pouvoirs Impériaux.
Mais les mesures sévères prises par Macrin pour le rétablissement de la disciplina lui aliénèrent les soldats.
Ceux-ci mutinés dans leur camp, et gagnés par les largesses |de Julia Mœsa, sœur de l'Impératrice Julia Domna, proclamèrent Bassien, petit-fils de Mœsa par sa fille Soëmis.
^lacrin fut vaincu à Immœ, sur les frontières de la Syrie et de la Phénicie, par ce nou-
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veau compétiteur de l'Empire (8 Juin 218). Il s'enfuit à Chalcédoine en Bithynie où une maladie la contraignit à s'arrêter ; ceux qui étaient à sa poursuite l'y rejoignirent, et le tuèrent avec son fils Diaunmècd.
XXXXVIII.
L'EMPEREUR HÉLIOGABAL.
Le nouvel Empereur Bassien, surnommé Héliogabal, d'après le nom du dieu Syrien dont il était le grand prêtre, prit de lui-même et sans attendre les décrets du sénat, sa puissance tribunitienne et consulaire ; il n'était âgé que de 17 ans, il amenait avec lui les supestitions de la Syrie et de la Phénicie, et
son dieu, la pierre noire d'Emèse, dont il fit la Divinité suprême de l'Empire.
Tout l'Olympe dut s'hua:iilier devant le nouveau venu qu'il maria solennellement avec la Déesse Astarté de Carthage.
Etranger aux mœurs des Romains comme à leurs lois, il imitait ces monarques Asiatiques qui vont chercher leurs ministres aux derniers rangs de la société ; il donna les premières charges de l'État à des danseurs et à des barbiers ; il se forma un Sénat de femmes, et comme le grand roi, il voulut être adoré. Son palais était sablé de poudre d'or et d'argent ; ses vêtements, toujours chargés de pierreries, ne servaient pas deux fois, et il remplissait ses viviers d'eau de rose pour s'y baigner ; il donnait des naumachies sur des lacs de vin. Les confiscations et les impôts fournirent à ses* folies. Cependant les soldats eux mêmes finirent par prendre en
ET l'Église chrétienne 1G7 dégoût cet Empereur monstrueusement efféminé qui s'habillait en femme^ travaillait à des ouvrages de laine, et se faisait appeler Domina ou Impératrix.
L'affection des prétoriens se reporta sur son cousin, le jeune Alexandre Sévère, qu'il avait adopté et nommé César.
Héliogabal, jaloux de son influence, essaya plusieurs fois de le faire périr ; mais Alexandre échappa à ses embûches grâce à la vigilance de sa mère Mammée.
Une sédition des prétoriens mitenlîn un terme aux déportements de ce Syrien extravagant qui avait déshonoré la pourpre Impériale ; il fut tué le 11 mars 222 avec sa mère Soëmis. Les soldats saluèrent aussitôt comme Empereur le jeune Alexandre, alors âgé seulement de 14 ans, et qui resta sous la direction de son aïeule Mœsa et de sa mère Mammée.
Malgré les mauvaises passions de ces détestables princes, les chrétiens ne paraissent pas avoir été spécialement inquiétés pendant ces tristes règnes : le Christianisme devenait successivement le refuge de tous ceux qui avaient encore un cœur honnête dans l'Empire : on croit même que la mère du nouvel empereur, Mammée, avait été initiée aux doctrines Chrétiennes par le célèbre Origéue qu'elle avait consulté secrètement à Alexandrie. De l'ensemble de tous ces faits, il résulta un repos de quelques années pour les malheureux Chrétiens.
ET l'Église chretienni:;
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