LA CATACOMBE DE CALLISTE
La plus vaste de ces catacombes qui descendent sous terre à une grande profondeur, porte encore actuellement le nom du prêtre auquel le pontife Zéphyrin en avait spécialement confié l'administration au moment ie la persécution de Septime Sévère.
Ce prêtre s'appelait Calliste; il devint jtlus
tard le successeur de Zéphyrin sur le siège épiscopal de Rome.
C'est à lui que cette catacombe a dû son prodigieux agrandissement, nécessité probablement par les circonstances.
Elle est située dans la voie Apienne.
Le nombre de ses rues et de ses places est tellement considérable qu'elle ressemble à une cité. Non-seulement elle offrait un sûr asile par ses sinuosités et ses détours ; mais elle avait aussi des retraites profondes et cachées: outre le cimetière public, elle renfermait un cimetière secret. Le premier plus étendu et plus large pouvait présenter un abri aux fugitifs; le second, plus retiré et d'un accès difficile, devait rester impénétrable pour quiconque n'appartenait pas àla société Chrétienne.
Les païens n'ignoraient pas que les Chrétiens cherchaient un asile dans ces souter-
rains, et c'est pourquoi ils les appelaient une race amie des ténèbres et des retraites obscures, (tenebrosa et lucifugax natio).
Dans l'ardeur de leurs haines^, ils y pénétraient quelquefois pour y poursuivre leurs victimes.
C'est ce qui explique les grands travaux de Calliste au moment de cette persécution, ces divers étages creusés dans les entrailles delà terre, ces voûtes surbaissées sous lesquelles on ne pouvait passer qu'en rampant, et cette partie plus secrète et plus inabordable des souterrains.
Un grand nombre des inscriptions que l'on retrouve dans ces cryptes indiquent une époque de désolation où des milliers de Chrétiens mis à mort étaient ensevelis à la hâte, sans que leurs amis ou leurs parents pussent leur rendre les derniers devoirs.
Sur les pierres posées devant les corps des
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martyrs^ et qui fermaient leurs tombes, on ne voit souvent qu'une palme grossièrement dessinée. Ailleurs l'inscription ne rappelle que le nom du défunt: ailleurs au nom du martyr on ajouta le monogramme du Christ, et ce mot si touchant qui contraste avec une mort sanglante (in pace).
Le devoir sacré que les Chrétiens s'imposaient d'enlever les corps des martyrs pour les porter avec respect dans les catacombes était accompagné de grands dangers.