Mon. Ancyr.^ iv. Comp. Dion, un
2. Suet., Oct» 31. Tacite, Ann., n, 2. Horace, Carmen sœeulare.
âvec les imprécations consacrées et promet de ne point survivre à cet immortel * !
Auguste ne réussit pas davantage à remettre le mariage romain en honneur, à restaurer les mœurs en prêtant secours aux vieilles lois. Les citoyens ne consentaient plus guère à contracter entre eux le mariage qui constituait la vraie famille romaine; et le nombre des citoyens allait décroissant. Contractait-on encore mariage, la facilité du divorce faisait ces unions légitimes peu durables, et le crime quelquefois les rendait peu fécondes. Au lieu de retremper cette institution en Ta franchissant de ses vieilles restrictions, Auguste crut que, pour atteindre le but et restaurer le pur sangde Rome, il fallait fortiûer un droit suranné, battu en brèche par les mœurs. Mais vainement les lois Julia et Pappia-Poppaea, d'autres encore, cherchèrentelles à recommander, à avantager le mariage romain, à entraver le divorce, en restreignant le célibat. Par ces lois, le célibataire et Thomme marié sans enfants n'héritent plus des collatéraux romains; sur eux tombent les charges à titre onéreux, les lourds impôts. Le père de famille au contraire recueille la part d'héritage de ses cohéritiers célibataires; pour lui il y a un tour de faveur dans la distribution des honneurs, pour lui il y a des exemptions de tutelle. On fixe un délai aux célibataires, aux veufs, aux divorcés pour contracter mariage. On soumet le divorce à des formalités gênantes; on faitde radultère,de l'impudicité un crime public. Peines inutiles! On brave les pénalités, on dédaigne les récompenses, on tourne ou on fraude la loi. Citoyens de haut rang et de bas étage préfèrent au mariage romain ^ ces unions inférieures qui ou-
1. Dévotion espagnole; dit Dion Cassius^ liii^ 20. Tov x5>w l^iQpcov Tpôicov.
2. Le mariage dans le droit romain avait, comme on sait, trois degrés, la confarreatio, la coemptio et la simple çohabitnfio.
Traient une issue à la licence sans doute, mais qui assuraient aussi à l'union des sexes plus d'égalité et de liberté. La famille romaine décroît; la famille naturelle, j'entends ici le mol dans son meilleur sens, la famille naturelle augmente. Par deux fois le peuple, particulièrement, réclame au théâtre contre la rigueur de ces lois d'un autre temps. A la fin de son règne, Auguste, en passant une revue des sénateurs, des chevaliers, du peuple, comme les anciens censeurs, fit séparer les célibataires des hommes mariés; et il resta effrayé de la majorité des premiers. Il fut même obligé de permettre aux classes inférieures du peuple des unions légitimes avec des femmes libres étrangères*, dans l'intérêt delà population.
La prospérité enfin que le gouvernement d'Auguste donna aux provinces est-elle le résultat d'un progrès réel? En bon père de famille de l'empire, comme on l'appelait quelquefois, pater familias totius impmt, Auguste fit dresser la carte des routes et des provinces de son vaste domaine^. Elle était peinte sur les murailles du palais d'Agrippa 3, qui en composa le commentaire. Mais l'empire est une agrégation de peuples, de cités, d'hommes jouissant de droits politiques et civils trèsdifférents et souvent rivaux. Vous y trouvez le peuple-roi, les peuples alliés, les peuples sujets; il y a des cités municipales, des colonies, des villes autonomes, des villes sujettes. On y compte les citoyens romains, les Latins^ les Italiens (ayant ces titres avec les droits qu'ils comportent, môme horsduLatium et de l'Italie); enfin les provinciaux, les étrangers, les affranchis, les esclaves. Le peuple-roi, les citoyens romains, jouissent seuls, et les Latins et les Italiens à un degré inférieur, des droits ou privilèges poli-