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Sancta vocatit Auguata Patres : Augusta Yocantur Templa sacerdotum rite dicata manu.
venait annoncer au monde la distinction des deux puissances et préparer une société nouvelle fondée sur Taffranchissement des âmes. Le poëte du siècle, ayant une conscience obscure de ce grand travail, prenait le change sur son vrai caractère quand il voyait renaître les temps de Saturne :
MagQUS ab integro saeclorum nascitur ordo Jam redit et virgo, redeunt Saturnia régna.
La révolution sociale n'était pas dans ce retour au passé où Virgile la voyait. Ce n'était pas dans son maître, dans celui qui le chargeait de chaînes nouvelles, c'était dans son libérateur, dans celui qui reprenait par la conscience l'œuvre de la liberté, que le monde devait reconnaître et proclamer l'homme-Dieu.
Auguste s'épuisa en effet à restaurer l'ancienne société dans sa naïveté primitive^ nationale. Il y perdit sa peine ; et le découragement finit par glacer cet esprit qui s'efforçait d'être tout romain.
La religion fut le premier objet des préoccupations d'Auguste; elle était une partie du patriotisme romain. Il n'est point de prince qui ait bâti ou relevé autant de temples que lui. En cela il alla au delà de ses devoirs de grand pontife; il fut pour ainsi dire l'hôle des dieux ses aînés, qu'on abandonnait et qu'il recueillit. < Ce n'était pas assez, dit Ovide, d'avoir obligé les hommes, il obligea les dieux : »
Nec satis est homines, obligat ille deos.
Mars vengeur, Apollon Palatin, Jupiter Tonnant, le divin Jules, la Fortune de Rome, la Liberté elle-même virent s'élever de nouveaux temples, le plus souvent de marbre. Agrippa, pour les grands dieux, construisit le Panthéon; la statue d'Auguste en garda et en surveilla
l'entrée. Augaste rappelle lui-même qu'il a restauré ou bâti en tout quatre-vingt-quinze temples *. Pour les desservir, il releva et compléta le collège des prèlres; il s'efforça aussi de remettre en honneur les anciennes fêtes^et particulièrement les jeux séculaires. 11 était loin le temps où Octnve, comme on le racontait au moins, avait avec quelques compagnons joué TOlympe dans une farce impie, et forcé ainsi les dieux, selon l'expression du poëte, à détourner la face et Jupiter à abandonner son trône doré. Tite-Live*appelait maintenant Auguste le fondateur et le restaurateur de tous les temples : Templorum omnium conditor atque restUutor. Mais la religion fut-elle également restaurée dans les âmes?
Auguste trouve difQcilement des flamines pour ses dieux, des vestales pour le culte sacro-saint de la grandeur romaine. Les privilèges des flamines et des vestales suffisent à peine à assurer le recrutement du sacerdoce. Quel père de noble famille voudrait contracter mariage d'après les rites respectés de la confarreatio^ et avoir ainsi des enfants aptes au sacerdoce, pour que, soustraits à Tautorité, à la cupidité paternelle, ils n'héritent plus à son profit. Auguste sera obligé de faire une loi nouvelle pour prendre ses vestales parmi les filles d'affranchis. Il est un dieu seulement qui trouve librement des prêtres, des autels, des victimes; c'est le dieu visible, c'est César. Athènes dédie un temple commencé pour Jupiter Capitolin au génie d'Auguste : dix cités s'élèvent en Orient sous le nom de Césarée. Le maître du monde permet qu'on adore en Italie sinon sa personne, au moins son génie. Pour détourner de mauvais présages qui menacent la vie du dieu, le sénateur Pacuvius se dévoue à Auguste