Code Théod., vi, 4. — Zos., ii
de tenter, par vente, substitution de biens ou autre moyen frauduleux, de soustraire leurs flls à cette servitude de la glèbe sénatoriale.
Les deux carrières administrative et militaire semblaient devoir^ dans cet Empire administratif et militaire, offrir les conditions les plus enviées. Mais Tarbitraire, le caprice qui se font sentir, en Tabsence de toute garantie et de tout droit, du haut en bas de cette savante adminis* tration, et exposent les employés de justice ou de finance,à chaque instant, aux destitutions, aux peines et aux tortures les plus inouïes, font des despotes civils de TEmpiro les premiers esclaves. La loi interdit aux chefs à* of&ce& (principes) de quitter la carrière avant Tâge de lavétérance; et, avant de leur délivrer leur congé, elle exige qu'ils laissent leurs chargesàleursenfants.Dansles guerres civiles, lesdéfaites, aussi fréquentes que les victoires , et accompagnées de la proscription des officiers et de la décimation des soldats, rendent la carrière militaire aussi peu enviable. Recrues forcées pour la plupart, arrachés à la plèbe des champs et des villes par ceux qui peuvent payer, les derniers soldais levés dans l'Empire sont, dès leur entrée au corps, ignoblement marqués à Tépaule ou à la jambe, pour être reconnus en cas de désertion. Une constitution porte la peine de mort contre ceux qui, pour se soustraire au service militaire, se coupent le pouce ; et les fils des vétérans, qui connaissent par tradilion les misères du métier, sont esclaves-nés du drapeau qui les a vus naître *.
Depuis redit de Caracalla, on avait essayé de faire une classe moyenne des possesseurs de 500 arpenis qui pouvaient composer le corps municipal ou curie, avec pouvoir d'administrer les revenus de la ville, d'en occuper
1. Cod. Just., XVI, titr. 54, i, 2. — Cod. Th., vu, titr. 22, i, 1, 2. — Végèce, De re milit., i, 7.
toutes tes charges et d'en revêtir tous les honneurs, sous la seule obligation d'acquitter, à leurs risques et périls, les impôts exigés par l'État. Ces petits sénateurs provinciaux, les curions^ avaient trouvé ainsi d'abord les moyens, tout eh s'acquittant envers l'État, de recommander leur nom à leurs concitoyens, en décorant de fastueux monuments leur ville natale. Mais la curie n'étant • point admise à discuter avec l'État, les conditions de la ferme, quelque révolution qui s'accomplisse d'ailleurs dans les propriétés particulières, ou dans la prospérité toujours aléatoire des cités, les curions arrivent, par suite du malheur des temps et de Taugmentation des impôts, à trouver enfin que les charges de leur état dépassent de beaucoup ses avantages. Responsables et passibles même de la flagellation, ils épuisent, pour satisfaire l'État, et leurs propres fortunes et celle de la cité; ils se ruinent, puis ils périssent à la peine et diminuent. Mais les survivants héritent des obligations des ruinés, des morts; ils .cherchent donc à sortir de la curie. La loi les y retient également. Les constitutions des derniers empereurs interdisent au curion les fonctions de l'armée et du sacerdoce. Serf du municipe, celui-ci n'aura pas même la ressource de soustraire son fils à cette servitude en prenant une esclave pour femme ; la loi n'est plus si dédaigneuse qu'elle ne prodigue ses honneurs au fils de l'esclave; et si le curion ne se marie point, s'il n'a pas •d'héritier sien, l'État trouvera quelqu'un à qui imposer le fardeau de son héritage *. .
Le progrès des lois et des mœurs avait, dans les beaux temps de l'Empire, diminué le nombre des esclaves et créé, pour l'exercice des métiers et les travaux de l'agriculture, un grand nombre d'hommes libres. En se mul-