‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 5 sur 122 · Dion Cassius, Hist, rom,, u, 19. Suet., Oct · texte numérisé non relu

Dion Cassius, Hist, rom,, u, 19. Suet., Oct

César, et ce mot impitoyable répété par le vainqueur aux suppliants : « Il faut mourir ! > à ces souvenirs ils se prennent à trembler. D'autres pensent-ils à cinquante années d'agitation stérile ou sanglante, aux émeutes du Forum, aux proscriptions, à la guerre civile s'étendant de l'Italie sur le monde et ébranlant la terre et la mer, ils Fe plaisent à espérer.

Le premier besoin qu'éprouva Octave en voyant le monde effrayé se donner à lui, ce fut de le rassurer et de ne le point prendre. Il accepta le»honneurs, témoignages de la joie; il refusa la puissance, indice de la peur. Deux dignités, toutes républicaines et honorifiques en apparence, mais dont il sut bientôt tirer parti, trouvèrent grâce devant lui. Il garda dans Rome le titre i'Imperator^ Empereur, qu'on déposait d'ordinaire aux limites de la ville ou après le triomphe, et auquel s'attachait depuis les guerres civiles le commandement réel, effectif des armées. Ce titre précédera, comme un prénom, celui de l'héritier de César. Il ne refusa point non plus le titre de prince du sénat. Cet honneur de la préséance et du premier vote, qu'on conférait autrefois au plus ancien et au plus illustre de l'assemblée, devient un titre à vie qui assure désormais à Octave la domination de ce grand corps. L'heureux vainqueur se montre d'ailleurs reconnaissant. Comme don de joyeux avènement, il ferme le temple de Janus, annonçant ainsi au monde une nouvelle ère de paix. Il distribue aux citoyens* quatre cents sesterces par tête, à chaque soldat mille sesterces 2. Il gratifie le peuple de riches distributions. Il prononce une amnistie, il condamne le souvenir des proscriptions; il relève le tout de jeux magnifiques, interminables. Sa vic-

Page 1