Us étaient 120,000. Mon, Ancyr.^ lu
toire avait enrichi TÉtat. L'or et l'argent qu'il apporta d'Egypte répandirent en Italie une telle aisance, que l'intérêt fut tout à coup réduit des deux tiers, et que les terres montèrent en proportion*.
Après ce premier embrassement d'Octave et de la république, si Octave, suivant le conseil de Mécène, ne rentre pas dans la vie privée, s'il conserve la puissance que la victoire lui a donnée, c'est, pressé par le sénat et par le peuple, «pourremettreseulementrordredansl'État.» Dix années après, quand il croira son œuvre faite, il offrira de déposer ce fardeau trop lourd pour lui. Mais il faut qu'il consolide, qu'il conserve son œuvre. Il cédera donc encore aux prières du sénat, qui le conjure de ne point compromettre ce qu'il a fait pour Rome. Tous les dix ans, môme démisssion offerte par Octave, môme insistance du sénat pour qu'il garde le pouvoir! L'habitude de cet échange d'humilité et de politesse décennales entre le maître et ses sujets, se renouvelle et se perpétue sous les successeurs du plus obéissant des souverains presque jusqu'à la fin de l'empire.
Le prince du sénat accepta donc ou plutôt partagea avec Agrippa la censure, qu'on ne connaissait plus depuis une génération tout entière, pour refondre le sénat, faire le recensement des citoyens. Il y joignitbientôt le consulat, pour remettre en honneur les sacrifices religieux, proposer au sénat les meilleures mesures; le proconsulat de toutes les provinces, afin d'étendre sur elles les bienfaits de celte restauration. Il acceptera le tribunal qui protège le peuple, ad tuendam plebtm tribunitio jure (Tacite), et qui couvre tous les citoyens et lui-même du redoutable privilège de l'inviolabilité! Enfin, pour mieux appeler sur la république rétablie la protection des dieux,