‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 83 sur 122 · Jul. Gap., MarC'Aur., 12, 16. —Verus · texte numérisé non relu

Jul. Gap., MarC'Aur., 12, 16. —Verus

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vue toas les sept jours, avec armes, yêtements, bottines, et rudement exercés. Leur impitoyable général faisait mettre les soldats en croix sur le lieu même où ils avaient méfait. Cruauté bien inutile! il en attacha plusieurs à un mât baul de cent pieds et alluma dessous un bûcher pour les faire périr les uns après les autres par les flammes, îa fumée, la peur> Intrépide, du reste, au milieu d'une révolte de ses soldats qu'il traitait si durement, il se jeta un jour nu au-devant des mutins, avec ces mots : c Frappez-moi, si vous Tosez, et ajoutez ce crime au renversoment de la discipline. • Marc-Aurèle l'avait chargé de vaincre les Parthes et les Arméniens ; Cassius les vainquit. Mais ce soldat avait des prétentions à la politique; c'était un hardi frondeur du gouvernement, grand admirateur du temps passé et contempteur du temps présent. Soit amour vrai de la liberté, soit hypocrisie d'ambition et moyen de parvenir, il parlait du rétablissement de la république, et de la vengeance de la bonne cause vaincue avec Brutus et Cassius. Il ne trouvait pas que Marc-Aurèle fit assez pour le temps présent et lui reprochait l'indulgence qu'il montrait pour quelques gouverneurs, c Où est l'ancien Cassius dont je porte inutilement le nom ? disait-il ; où est Caton le censeur? où sont les vertus de nos ancêtres? Tandis que Marc-Auréle fait le métier de philosophe et disserte sur les biens et sur les maux, le mal l'emporte sur le bien dans l'Empire ; pour faire louer sa clémence, il laisse vivre des hommes dont il condamne la conduite. Aht il faudrait encore bien des glaives, bien des édits, pour restituer TÉtat dans son ancienne forme et dans sa vieille gloire ! »

Lucius Verus, pendant qu'il était en Orient, avait cherché à ouvrir les yeux de Marc-Aurèle sur Cassius, qui ne se gênait point pour les traiter, lui, de jeune débauché et Marc-Aurèle de vieille philosophe : t Je doute, écrivit

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Verus à son collègue, qu'il convienne à votre sûreté et à celle de vos enfants, de laisser à la tête des armées un homme comme Cassius, que les soldats écoutent et voient très-volontiers à leur tète. » — « Si les dieux ne destinent pas TEmpire à Cassius, répondit Marc-Aurèle, il trouvera sa perte dans ses entreprises mômes ; s'il mérite mieux l'Empire que mes enfants, que mes enfants périssent donc ; l'intérêt de l'État doit passer avant leur intérêt. » C'était la doctrine de Marc-Aurèle ; il puisait sa fermeté et sa patience dans la confiance même qu'il avait en la sagesse et en la justice de la Providence. € Tout ce qui arrive, dit-il dans ses Pensées^ arrive justement. C'est ce que tu reconnaîtras si tu observes attentivement les choses. Je ne dis pas seulement qu'il y a un ordre de succession marqué, mais que tout suit la loi de la justice et dénote un être qui distribue les choses selon les mérites. Continue donc, comme lu as commencé, à être homme de bien ; que ce soit la règle constante de toutes tes actions. » La gloire dont se couvrit Cassius contre les Parthes fut loin de rendre ce général plus mesuré dans ses paroles. « Je mériterai le nom de Catilina, disait-il, quand j'aurai délivré le monde de ce dialogiste. » Eût-il fait mieux que Marc-Aurèle? Il est permis d'en douter. Epicurien couvert du masque du stoïcisme ou stoïcien endurci de la vieille école, il est à croire qu'il eût été seulement plus rigide et plus cruel. C'est tout ce qu'il semblait promettre ; et la société romaine avait déjà éprouvé ce qu'elle pouvait attendre, en fait d'améliorations, de la rigueur et de la cruauté.

Ce fut sur les bords du Danube que Marc-Aurèle apprit tout à coup que l'armée d'Orient avait proclamé Avidius Cassius empereur, et que les villes d'Antioche, d'Alexandrie, et presque tout l'Orient l'avaient reconnu. On a accusé l'impératrice Faustine, qui paraît toujours, à

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la cour du plus vertueux des empereurs, le centre d'intrigues secrètes, d'avoir tenté de se ménager un nouveau règne en offrant sa main à Cassius, dans l'inquiétude où Tentretenait la mauvaise sanlé de son mari. Ce fut sur le faux bruit, répandu peut-être par le hasard, peut-être par lui-même, delà mort de l'empereur, qu'AvidiusCassius se déclara. L'égalité d'âme et la confiance de Marc-Aurèle ne l'abandonnèrent point. «Venez à Albanum, écrivit-il à Faustine, pour que nous délibérions, avec l'aide des dieux et sans crainte, sur le parti qu'il faut prendre. » Puis il rassembla ses soldats d'Occident: « Si Cassius y avait consenti, leur dit-il, j'aurais fait le sénats le peuple et vous, juges de notre querelle ; il a commencé la guerre ; marchons contre lui, avec l'aide des dieux, pour lui montrer combien il a été ingrat envers nous, en lui pardonnant, après l'avoir vaincu. » Marc-Aurèle n'eut pas besoin d'arriver pour étouffer la guerre; la nouvelle de la mort de Cassius, tué au milieu de son armée par un centurion , vint le surprendre aussi brusquement que celle de sa révolte. Elle ne lui donna pas plus de joie que la première ne lui avait donné de crainte, c Notre conduite et le respect que nous professons pour les dieux, dit-il, nous assuraient la victoire. » Il énuméra ensuite tous les empereurs morts de mort violente : Caligula, Néron, Othon, Vitellius; il montra qu'ils avaient tous mérité leur sort, le malheureux Galba lui-même par l'avarice, qui est un vice dans un empereur. Il opposa à ces exemples Iceux d'Auguste, de Trajan, d'Autonin, contre lesquels les rebelles n'avaient pu prévaloir. Faustine, pour se venger de sa peur, ou pour cacher son crime peut-être^ excitait son mari à faire un exemple terrible des parents, des complices de Cassius, dans l'intérêt de ses enfants: « Je suis décidé, dit Marc-Aurôle, à faire grâce à la femme de Cassius, à son gendre et à ses

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enfants; si Ton avait suivi mon conseil, Cassius vivrait encore; les dieux nous protègent, notre piété les touche. » C'est peu pour nous aujourd'hui qu'une clémence qui épargne les parents des coupables ; c'était beaucoup, alors que les fils payaient pour leurs pères, les femmes pour leurs maris. Mais Marc-Aurèle avait là-dessus des sentiments en avance de son temps. « Ce n'est pas un grand effort, » dit-il dans la lettre qu'il écrit au sénat, f de pardonner aux enfants et aux femmes de ceux que la mort a frappés. » Il sut, en cela, anticiper sur une loi célèbre d'Alexandre Sévère, qui punit cependant encore les parents des coupables de la confiscation des biens. Marc-Aurèle écrivit au sénat, non-seulement pour assurer aux parents de Cassius la vie, la liberté, la possession d'une partie de leurs biens, mais pour obtenir que nul sénateur, complice de la révolte, ne pérît, et qu'on diminuât la peine méritée par tous les coupables. Il voulait assurer « à son règne cette gloire qu'il ne mourût sous lui que les rebelles qui avaient succombé dans la guerre. » En Orient, il ne punit Antioche, la plus coupable des villes envers lui, qu'en la privant de jeux et de spectacles. En parcourant l'Asie avec son mari pour apaiser les provinces, Faustine mourut, peut-être de crainte d'être découverte ou de honte de ce qu'elle avait essayé. Marc-Aurèle avait fait brûler cependant toutes les lettres et papiers de Cassius. Après la mort de Faustine, il fit son oraison funèbre sur ce qu'il y avait à louer en elle, proclama son apothéose et éleva en son nom un temple qui fut un chef-d'œuvre, pour honorer au moins en elle l'impératrice. L'empereur confirmait 4a doctrine du philosophe : « C'est le propre de l'homme, dit-il, d'aimer ceux qui nous offensent. On en arrive là lorsqu'on réfléchit que les hommes sont nos proches; que c'est par ignorance, malgré eux, qu'ils

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péchenU et que bientAl nous mourrons les uns et les autres^ >

Comment ne pas s'étonner maintenant que celai qui pratiquait si bien sur le trône le pardon des offenses ail, je ne dirai point persécuté les chrétiens, il n^y a de lui aucun édit de persécution, mais laissé continuer contre eux, sinon à Rome, au moins au fond de quelques provinces^ les exécutions que la haine populaire arrachait à la lâcheté des gouvemeurs. C'est une confradiction que l'état moral de l'époque et la situation particulière de l'empereur peuvent seules expliquer.

11 y avait alors dans l'empire une singulière effervescence morale. Philosophes, apôtres, stoïciens, chrétiens, magiciens, sorciers, théosophes, kabbalistes, en Orient surtout, se disputaient les âmes dans un étrange pêlemêle où il était souvent difficile de distinguer l'ivraie du bon grain, l'or pur de l'alliage. Ceux-là même que des tendances morales au moins semblaient rapprocher, comme les stoïciens et les chrétiens, se disputaient par jalousie de secte et de propagande. Les chrétiens accusaient les philosophes de caresser l'Empire; les philosophes accusaient les chrétiens de lui èïre hostiles. Au besoin immense, insatiable de croire en quelque chose, dont cette époque était dévorée, se mêlait un goût irrésistible pour toute nouveauté, une fièvre de superstition, une passion effrénée du nouveau, de l'invisible et du surnaturel. Rome avaitdéjà été envahie parOsiris et Isis, Anubis et Mithra, par des dieux d'Orient qui ne valaient pas ses dieux. La légende commençait à s'emparer du thaumaturge Apollonius de Tyane, mort sous Domitien, à le déifier; et la crédulité lui élevait des temples, au moment

1. Jul. Cap., MarC'Âur,^ 21 et sqq. — Dion Cassius, lxxh. — Vulcatius GalliCitnus; Avid, Cass,, 12. — Marc-Âur., Pensées^ vu, 22.

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même où se fondaient partout les églises de Jésus. Il n'y avait pas longtemps que Lucien avait sifflé Pérégrin qui, de philosophe devenu chrétien et de chrétien philosophe, après avoir conunencé par être criminel, finit, Erostrate de lui-même, par se brûler solennellement aux jeux olympiques, pour la plus grande glorification de son nom. Les sectes du temps, d'ailleurs, étaient pour la plupart constituées en sociétés secrètes dont le mystère augmentait Tattrait et suscitait les soupçons.

Dans un État où la religion était si intimement liée à la politique et le culte au pouvoir, cette fermentation morale, religieuse et superstitieuse à la fois, mystérieuse toujours, n'était pas sans danger. Combien de fois le gouvernement, malgré une large tolérance, ne s'était-il pas cru obligé d'interdire les cultes étrangers, de chasser les prêtres ou les devins, d'abolir tout rit qui s'écartait de la discipline romaine ! Marc-Aurèle sentait le péril. Sans ajouter foi aux fables du polythéisme romain, il comprenait qu'il était une des bases du patriotisme national, et il s'elTorçait en ce sens d'entretenir le. sentiment religieux, f Celui-là, disait-il, ne connaîtra jamais les choses humaines, qui ne connaît les rapports qui les unissent aux choses divines. » Par l'expression dont il se servait souvent : les dieux ^ il entendait, « l'être doué de raison, qui unit tout et qui administre tout. » C'étaient là des idées qui étaient bien éloignées du paganisme romain. Cependant, comme grand pontife de l'empire, agrégé à tous les sacerdoces des cultes reconnus, comme chef de la religion et de TÉtat, Marc-Aurèle accomplissait avec respect et ponctualité toutes les cérémonies religieuses de l'empire. Avant de partir pour la guerre contre les Marcomans, il célébra pendant se^t jours le lectisternium. Sentant le monde moral ébranlé par le vent de toutes les doctrines et de toutes les super-

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stitions,pouyait-ii ne point partager la défiance impériale contre les cultes nouveaux et les sociétés secrètes, interdites par les lois, qui pullulaient à Tenvi et qui remr plissaient TEmpire *? A l'égard du christianisme, qui envahissait l'Europe en même temps que les superstitions asiatiques, Harc-Âurèle était frappé surtout des traits principaux, mal rapportés peut-être , du récit évangélique, qui pouvait lui paraître superstitieux, et de cette soif chrétienne de la mort, qu'il déclarait opiniâtreté de fou et non intrépidité patiente de sage. Il laissa longtemps appliquer, par ses gouverneurs, les lois portées contre les sociétés secrètes et les cultes non reconnus. Les apologistes chrétiens du temps avaient encore besoin de se défendre de l'accusation d'athéisme. La défense d'Athénagore, « philosophe chrétien, » adressée à Marc-Aurèle, i vainqueur des Marcomans et des Sarmates, et, ce qui est mieux, philosophe, » commença de frapper l'empereur stoïcien: « Comment, disait l'apologiste, serions-nous athées, nous qui avons pour régie de conduite ces deux principes : Aimez-vous les uns les autres, rendez le bien pour le mal? D Le christianisme méritait d'obtenir grâce, en exprimant avec une tendresse et une simplicité toute divine, devant l'empereur stoïcien, des principes qu'il connaissait. Méliton, évêque de Sardes, l'éclaira encore davantage. « On peut être injuste en votre nom, dit-il b Marc-Aurèle ; on ne saurait l'être par vos ordres, car vous aimez la justice. » Marc-Aurèle défendit d'accuser désormais les chrétiens et ordonna de punir leurs délateurs. Pouvait-il faire davantage? Tertullien nous dit en propres termes qu'il se déclara le protecteur de ses frères. Quelques chrétiens sous son règne, en contrevenant aux

1. Jul. Cap., ManyAur,^ § 13. — Tacite, Ann,, xiv, Î9. — Sur les assemblées illicites. Dig» xlvii, 2î, 1. — Marc-Aur., Pensées , t, 21, 27.

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lois^ farent néanmoins encore sacrifiés par des gouverneurs, zélés païens. Les martyres de Polycarpe en Asie, de Pothin, de Maternus et de Blandine en Gaule, font tache, dans les annales chrétiennes, à ce beau régne. La tolérance religieuse est peut-être la plus difficile des vertus, par ce qu'elle a à lutter contre les plus puissants des préjugés ; les modernes le savent mieux que personne. Saint Louis, le plus compatissant des hommes, eût volontiers donné sa vie pour convertir le sultan de Tunis ; ne croyait-il pas que le plus sûr moyen de convertir le juif ou l'hérétique était, au lieu de discuter avec lui, de lui enfoncer c le fer au corps bien avant? » En laissant exécuter les lois, Marc-Aurèle, croyait se défendre, défendre l'Empire, le vieux culte attaqué, dont il était le grand pontife et le protecteur, et soutenir le patriotisme national qui avait été confié à sa garde. Pour être tolérants les uns envers les autres, il faut commencer par se connaître ; la tolérance et l'amour viennent par surcroît. Il est juste néanmoins d'appliquer à Marc-Aurèle la règle qu'il suivait dans l'appréciation des actes d'autrui : il recherchait d'abord s'il y avait dans l'accusé ou dans l'offenseur erreur d'intelligence, ou maladresse de volonté,s'iln*étaitpas possible de surprendre en lui quelque intention fourvoyée de bien faire. « Il n'y a point d'âme, disait Marc-Auréle, après Platon, qui ne soit privée malgré elle de la connaissance de la vérité et qui, par conséquent, ne soit malgré elle privée des vertus de justice, de tempérance, d'égalité d'âme et autres qui ont un principe commun. Il est essentiel de ne point l'oublier afin d'être plus indulgent pour l'espèce humaine *. C'est l'intelli-

1. Âthen., Leg. pro christ, y imp. M. A. etL. V. — Mel. Ap, publié par M. Renan dans le Spicilegium soîesmense t. H, p. xxxyiii-li. — ilarc-Aur., L. C, v, 21; vf, 9; vu, 11,

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gence qui, cette fois, a erré dans Marc-Aurèle, non la volonté ; c*est la connaissance, non le cœur.

L'épreuve la plus longue de Marc-Aurèle fut la guerre qu'il soutint pendant neuf années et à trois reprises différentes au delà du Danube. Homme de la raison et de la paix, il la supporta en guerrier. On vit ce philosophe, épuisé par la méditation et l'ascétisme, poursuivre avec vigueur les barbares sur leurs marais et leurs fleuves glacés et au fond de leurs forêts ; il supporta la fatigue comme le dernier de ses soldats, prenant quelque viande seulement les jours de combat ou lorsqu'il fallait parler aux soldais. Pâle et défait, les yeux abattus, il laissait voir à travers la peau si transparente de son visage amaigri, dit l'empereur Julien, l'éclat de son énergie en même temps que de sa douceur. Nous n'avons pas à le suivre dans ces glorieuses fatigues; il avait pour elles une médiocre estime, f Une araignée .se glorifie, dit-il, d'avoir pris une mouche, et, parmi les hommes, l'un se glorifie d'avoir pris un lièvre, l'autre un poisson, celui-ci des ours ou des sangliers, celui-là des Sarmates. Si tu examines bien quels sont les motifs et les principes de cetle dernière chasse, ne croiras-tu pas que la plupart des grands hommes sont des brigands <? » Général dans une guerre défensive, il échappait à cette condamnation,

Quelques faits particuliers de cette guerre achèvent cependant de faire connaître Marc-Aurèle. La peste avait rendu les soldats rares en Italie; il ne craignit point d'enrôler des esclaves dans un corps de volontaires. Au fort de la plus rude guerre, les soldats demandaient une augmentation de paye; il la refusa, bien qu'ils la méritassent peut-être, disant qu'il ne pouvait récompenser leurs glorieux travaux sans saigner leurs parents et leurs

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