Jul. Cap., Uarc-Aur,, 12. — Verus
MàRC-AURËLE. 279
La plus terrible guerre éclata loul à coup sur les bords du Danube. Les Barbares, Marcomans, Quades, Sarmates, saisis d'une espèce de vertige, brisaient les frontières, se répandaient à travers les provinces en s'écriant : « Des terres! nous voulons des terres! » Quelques-uns pénétrèrent jusqu'à Aquilée (166). Un pareil danger demandait la présence môme de Marc-Aurèle ; mais il ne pouvait laisser Verus à Rome en son absence; il l'emmena avec lui. Verus eut à peine vu l'ennemi qu'il demanda à partir et mourut au retour , à Altinum, frappé d'apoplexie. On n'a pas voulu croire que cet homme indigne n'ait point menacé la vie de celui qui lui était un reproche perpétuel ; et l'on a pensé que Faustine avait hâté sa fin pour sauver peut être les jours de son mari. Marc-Aurèle, par respect pour l'Empire, fit décerner à son frère mort les honneurs ordinaires de l'apothéose, et éloigna ses serviteurs trop dignes de lui avec des titres honorifiques *. Il recommençait contre les Barbares son dur métier d'empereur, quand arriva pour lui la plus rude épreuve, mais celle dont il se tira avec le plus d'honneur : la révolte du célèbre Avidius Cassius, le seul homme capable peut-être alors de lui disputer l'Empire.
C'est un caractère assez difficile à définir que celui d'Avidius Cassius, d'après les renseignements que les historiens du temps nous ont laissés sur lui. Ce descendant de l'assassin de César savait à son gré être dur et cruel, ou aimable et bienfaisant, sceptique ou pieux, libertin ou chaste, il aimait à s'entendre appeler Catilina. Marc-Aurèle l'avait jugé seul en état de rétablir la discipline dai)s les armées amollies de l'Orient; et Cassius l'avait rétablie. Les soldats ne mettaient plus le pied dans le dangereux bourg de Daphné; ils étaient passés en re-