‹ Les empereurs romainsChapitre 12 sur 73 · Tacite, De oratonbus · texte numérisé non relu

Tacite, De oratonbus

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avoir admis un pantomime aux cérémonies domestiques qu'il célébrait en Hionneur d'Auguste; un Rubiius, pour avoir, avec son jardin, vendu la statue du fondateur de Tempire. Tibère, avec quelque ironie, veut qu'on laisse aux dieux le soin de venger leurs propres injuics. On sait quelle était à Rome la licence des écriis et des paroles, des invectives et des épigrammes, particulièrement contre les hauts personnages. Les libelles infamants, les propos injurieux, se multipliaient naturellement, sous un régime de compression, comme une vengeance de la liberté perdue. Pouvaient-ils se concilier avec le respect que suppose la durée du pouvoir d'un seul? Auguste avait porté contre les libelles une première loi amenée par la licence de l'historien Cassius Severus. Les délateurs, augmentant le champ de leur activité, étendirent bientôt aux paroles l'esprit de la loi des libelles. Tibère résista d'abord, et assez longtemps, à cet eniraînement : « Si nous nous occupons de ces vétilles, dit-il en plein sénat, sous prétexte de défendre la dignité de l'État, chacun de nous ne sera bientôt plus occupé qu'à venger ses propres injures*. » Heureux Tibère! s'il avait toujours persisté dans la même pensée. Tacite et Suétone n'eussent peut-être pas été chercher dans ces libelles les imputations odieuses ou les traits sanglants de satire auxquels des poursuites judiciaires et des condamnations donnèrent une notoriété et une créance dont ils eussent sans cela été dépourvus.

Tibère ne laissa généralement d'abord aboutir une accusation de lèse-majeslé que lorsqu'il y eut crime d'État. Silanus, proconsul d'Asie, n'était pas seulement accusé d'avoir profané la divinité d'Auguste, mais aussi d'avoir commis des exactions graves dans sa province. Granius

I, Tac, Afin., Tii; 60.

Marcellus, préteur en Bilhynie, étaii poursuivi pour pêculat en môme temps que pour paroles offensantes contre Tibère. Dans cette affaire Tempereur, un peu trop prompt, après avoir dit « qu'il volerait tout haut, » recula devant la franche hardiesse de Pison, qui voulut savoir alors f dans quel sens le maître opinerait, pour être sûr de ne point se tromper et de ne point déplaire *. » Lorsque le sénat eut cependant condamné Marcellus, Tibère diminua sa peine. Tacite fait bon marché des motifs sérieux de l'accusation contre Libon,pour s'appesantir sur de futiles et ridicules détails. Mais Suétone nous apprend que Libon avait trempé dans la conjuration de Clemens en faveur d'Agrippa Postliumus. L'empereur devait avoir de fortes raisons de se défier de ce sénateur : un jour que celui-ci sacrifiait avec lui, Tibère lui donna un couteau de plomb ; lorsqu'il admettait ce sénateur à lui parler, en présence de son fils Drusus, il lui tenait toujours le bras droit par précaution, comme pour s'appuyer sur lui *. Tibère refusa enfin de laisser augmenter son pouvoir. Après un procès de concussion, le sénat voulait lui conférer le droit d'arrêter toute candidature au gouvernement des provinces, quand il croirait trouver des raisons contre un candidat dans l'intérêt de la république ou dans la moralité de la personne. « Les misérables, dit- il, ils vont au-devant de la servitude; » et il déclina cet honneur ^

Cependant Rome ne fut pas à Taise sous ce sévère justicier. On ne lui sut pas gré de laisser l'inexorable Pison poursuivre jusque dans le palais de Livie la favorite Urgalanie, qui s*y croyait à l'abri de la justice. On le voyait,

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