Ibid., Ann., i, 40. — Suet, Tift., 8S. — Dion, ltii
TIBÈRE. Bl
rigide surveillant, s^asseoir souvent à cAté ou aux pieds des juges, non pour rendre, mais pour contrôler la justice; il se levait, de Taveu de Tacite même, tantôt pour rappeler le tribunal à une juste sévérité, tantôt pour sauver l'innocent *. Peu importe : t La liberté, dit Thistorien, 7perdaitceque gagnait la justice. » Mais la liberté a-telle beaucoup d'intérêt à la violation de l'équité?
L'héritage du second des Césars fut aussi la fatale épreuve de ce règne. L'histoire y prit encore le caractère d'un drame de famille, mais plus sombre que sous Auguste. C'était la condition du régime inauguré par le fondateur de l'empire. Bien que Tibère eût de Vipsanio un fils du nom de Drusus, Auguste lui avait fait, comme on sait, adopter son neveu Germanicus, flls de Drusus et d'Antonia, jeune homme déjà glorieux. Il avait déposé ainsi un germe funeste de rivalité au sein même de la famille impériale. Germanicus et Drusus n'avaient pas encore, à ce qu'il semble, conscience de cette situation; mais elle pesait sur tous. A la tête de la faction de Drusus se trouvait la vieille Livie» faite déjà, sous Auguste, à ces sortes de luttes, et accouiumée, on le croyait au moins, à y triompher par le crime. L'autre faction opposait à cette femnoie vieillie dans les intrigues la jeune, hardie et fiére Agrippine, femme de Germanicus. Pour le peuple romain, il avait fait son choix. En retrouvant dans le jeune Drusus l'extérieur déplaisant et les précoces débordements de son père, en remarquant la stérilité de sa femme LivjUa, il s'était tourné avec passion du côté du jeune Germanicus, à cause de ses talents et de ses vertus, et de sa belle et sévère femme, admirée plus qu'imitée des Romaines de ce temps pour sa fécondité. Il espérait, on ne «ait pourquoi, de Germanicus, le rétablissement de la