Tac, Ann,, n, i'i
TIBËRK. BS
Agrippine. Les factions de la cour, factions de femmes, étaient transportées en Asie avec Germanicus. Aussitôt Cn. Pison commence à contrecarrer Germanicus; il cherche à débaucher ses soldats pur des largesses. Faisant brèche à la discipline, chose que ne pouvait approuver Tibère, il refuse d'obéir à son chef, il blâme ou détruit tout ce que fait son supérieur. Germanicus souffre tout d*abord ; il s'éloigne, voyage en Egypte, où il consulte les oracles avec Timprudencc de la jeunesse; puis il revient, sévit quand la désobéissance est au comble, et destitue le lieutenant infidèle. Pison se prépare à partir en menaçant. Sur ces entrefaites, le neveu de Tibère, dégoûté de sa mission, fatigué de ces luttes, tombe malade. Pison diffère son départ, observe, attend. Le favori des Jlomains languit quelque temps et meurt enfin, jeune, plein d'avenir, h trente-trois ans, à l'âge du grand Alexandre, ainsi qu'aimaient à le faire remarquer ses affectueux admirateurs*.
Rarement, môme sous la république, les passions se donnèrent si libre carrière. Précédée par d'ardents partisans,dont la passion faisait de fougueux accusateurs, Agrippine traversait les mers, l'Italie, avec les cendres chéries de son époux, pour aller demander vengeance. Pison, resté sur le champ de bataille, tandis que des amis s'employaient à Rome pour lui, (entait de reprendre insolemment, à main armée, malgré la résistance du lieutenant nommé par Germanicus, la province dont il avait été dépouillé. A Rome, on décrétait pour l'infortuné les honneurs funèbres usités déjà pour les Césars. On élevait des arcs de triomphe «au héros mort pour la république.! Un petit-fils naissailà Tibère; — elle peuple ne se laissait point détourner de ses regrets et de ses larmes pour té-