‹ Les empereurs romainsChapitre 23 sur 73 · Jo?eph, Bell, Jud., n · texte numérisé non relu

Jo?eph, Bell, Jud., n

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tempêtes la subsistance du peuple. La mer de Toscane n'avait point de port. César lui-môme avait reculé devant la dépense et la diflBcullé d'en faire un à Oslie, aux embouchures du Tibre. Claude ne recula pas; il jeta deux digues, et en avant un môle avec un phare semblable à celui d'Alexandrie. Trente millions de seslerces furent consacrés à cet immense ouvrage. Claude favorisa par tous les moyens possibles les citoyens, hommes, femmes ou étrangers, qui consacraient leur fortune à équiper des navires et à facilifcr l'arrivage des blés. Il les exempta des sévérités des lois pour leur en assurer tous les avantages; il prit h sa charge les risques de mer. Le peuple Tavait assailli dans une émeute causée par la disette en lui jetant des croûtes de pain; il ne voulait point s'y exposer encore. Claude termina également le gigantesque travail entrepris par Caïus, et mérita ainsi Je nom de Claudienne à l'eau empruntée à l'Anio, qui vint de dix milles sur les collines de Rome, se distribuer d'étage en étage en mille fontaines, bassins, cascades et thermes, pour que rien ne manquât aux habitants de l'heureuse Rome. Auguste avait eu l'idée de donner, au milieu des Abruzzes, un écoulement au lac Fucin dans le Garigliano; la dépense lui parut trop forle. Claude mil à ce travail, pendant onze ans, trente mille ouvriers, et fit percer à travers une montagne un canal de plusieurs milles. L'inhabileté des ingénieurs seule rendit inutile tant de bonne volonté, de travaux et de dépenses. Cet empereur donnait un caractère d'utilité môme aux jeux, qu'il présidait avec assiduité, comme Auguste, et en ayant bien soin de prendre ostensiblement sa part de plaisir. Ce fut pour inaugurer le canal de dérivation du lac Fucin qu'il donna sur ces eaux celte gigantesque naumachie où 19,000 condamnés à mort combattirent pour le plaisir des Romains rangés sur les tertres envi-

ronnants «. Un Jour que Claude remettait la baguette de congé à un vieux gladiateur, sur la requête de quatre de ses tils : « Voyez, dit-il aux Romains, à quoi sert d'être père de famille! »

Sous le pnncipatdeClaude,età son honneur, fut essayée rapplioation d'un principe qui eût pu sauver la discipline des légions et épargner bien des maux à l'empire. L'avan* cementdans les légions fut réglé ; chose excellente ! si elle n'avait pas été gâtée par l'établissement de grades et d'une solde de cour qu'on pouvait gagner sans même aller en campagne. L'exemption accordée aux soldats qui ne pouvaient se marier, des sévérités de la loi Poppaea contre les célibataires, assura le maintien de la discipline en même temps que le recrutement de Tarmée.

Fidèle à la pensée d'Auguste, Claude arrêta Corbulon au delà du^hin et Sue onius Pauliinus au delà de l'At* las. S'il conduisit lui-même une expédition en Grande- Bretag' e et mérita un triomphe pour avoir commencé la conquête d'une nouvelle province, ce fut comme pour ac« quitter un legs de César et d'Auguste. Claude aimait mieux occuper les soldats aux travaux de la paix, et il tenta même de rendre le travail honorable à leurs yeux. Ainsi ordre fut donné aux légions de la Germanie de creuser un canal de communication dans la Belgique, entre la Meuse et le Rhin ; uneaulre armée exploita une mine d'argent, et les honneurs du triomphe furent accordés aux deux généraux qui avaient présidé à ces travaux. Les Romains s'en moquèrent beaucoup; on pria Claude, par lettres, d'accorder le triomphe, en môme temps que le commandement, à ses généraux, pour qu'ils ne cherchassent plub à le méiiter en imposant à leurs soldats des campagnes aussi pénibles. Peuple conquérant, les Romains mé-

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