‹ Les empereurs romainsChapitre 62 sur 73 · Zogime, n, — Amm, Marc, xxi, iS. — kih&n»^ ad êoUL · texte numérisé non relu

Zogime, n, — Amm, Marc, xxi, iS. — kih&n»^ ad êoUL

gleoit, appelée depuis Constantin à jouer un si grand rôle dans les révolutions de l'Empire.

Les deux empereurs avaient bien assez de Jéfendre les frontières et d'administrer. Constance particulièrement, engagé dans une rude guerre contre le roi de Perse Sapor. éprouvait une grande défaite à Singare. Mais les deux frères semblaient encore plus préoccupés du grand pontificat que leur avait laissé Constantin. Unis dans les mesures communes qu'ils prenaient contre le paganisme, ils se divisèrent au sujet de l'arianisme. Constance avait d'abord montré, quand Constantin II vivait, quelque bonne volonté pour Athanase. Il fit alors condamner de nouveau cet évoque par un concile à Antioche; et, poursuis vaut violemment sa victoire, il imposa au siège de Constantinople l'arien Macedon, malgré une émeute qui coûta la vie à trois mille cent cinquante personnes, et dont il châtia le peuple, en le privant de ses distributions ordinaires de blé. Constant prit sous sa proteclion l'orthodoxie, avec Athanase, et demanda impérieusement à son frère la réunion d'un concile général œcuménique. Il eut lieu dans la ville de Sardique en Pannonie, sur les confins des deux empires. Mais les évèques de l'Orient et de l'Occident n'y restèrent pas longtemps réunis. Ceux d'Orient, à la vue d'Athanase, crièrent au scandale et se retirèrent à quelque distance de là, à Philipp.opolis, où ils déclarèrent nul et non avenu tout ce que ferait le concile de Sardique. Ceux d'Occident, à Sardique, affirmèrent de nouveau la foi de Nicée, et réintégrèrent Athanase. L'affaire en était là , quand des événements politiques rappelèrent aux deux frères qu'ils avaient des soins plus pressants .

1. Hil., Frag. ii| p. 10. — Mh., Ap. p. 676. Tbéodoret, n, 6. •* Socr., II, îî.

4t{0 eOSISTANT.

Un certain Harcellînas, questeur on comte da trésor de Constant, noble de race et païen entêté, avait juré baine aachiistianisroe et anx ûls de Constantin. Incapable, simple magistrat civil, d'usurper lui-même l'Empire, il jeta les yeux sur le commandant de la milice impériale des Joviensetdes Herculéens, Magnence, Barbare qui devait sa fortune à sa force physique et à sa bravoui-e, et qu'il espérait bien gouverner. Constantin avait séparé les fonctions militaires des civiles dans Tespoir d'augmenter la sécurité de l'Empire ; elles se coalisaient contre ses fils. Marcellinus et Magnence parvinrent à s'entendre : l'un apportait l'argent, l'autre les soldais; l'un quelque expérience politique, Tautre quelque expérience militaire. La cour se trouvait à Aulun, en Gaule, quand la conspiration éclata. L'empereur Constant, cédant à une de ses passions favorites, était depuis plusieurs jours en chasse, dans les épaisses et vastes forêts qui entouraient cette ville Un soir, Marcellinus rassembla dans un banquet les principaux officiers civils et militaires; après force libations, au milieu desquelles on risqua quelques paroles contre l'empereur absent, Magnence, sorti un instant, reparut tout à coup portant sur ses larges épaules la pourpre impériale; ceux qui étaient dans le secret crièrent : «Magnence auguste! » les autres consentirent. Le lendemain, Marcellinus distribua de l'argent aux troupes, composées de Barbares, qui se trouvaient là; et Magnence proclamé envoya un de ses affidés, Gaïson, avec quelques soldats pour se défaire de Constant. Prévenu à temps, le fils de Constantin s'enfuit; il mit l'Auvergne et lesCévennes entre l'usurpateur et lui ; mais Gaïson le suivit de près, l'atteignit enfin au pied des Pyrénées, dans la ville d'Elne, et le tua. Le succès de cette usurpation fut le signal de plusieurs autres. A Rome, un beau-frère du grand Constantin, Népotien, se fit proclamer par le sénat; une

CONSTANT. m

sœur du même souverain, Constantine, en Illyrie, jela la pourpre sur lés épaules d'un vieux général, Vétranion. Le nombre des compétiteurs fit cependant la partie belle au dernier héritier de Constantin.

Quand Constance vint de Conslantinople, à la tête des armées d'Orient, revendiquer rtiéritâge intégral de son père, Magnence, par le bras de Marcellinus, avait noyé déjà dans le sang de Népotien, de sa femme et de ses enfants, la révolte de Rome. Constance fit les armées juges entre le vieux Vétranion et lui^ dés qu'ils se rencontrèrent en Illyrie. Du haut d'un tribunal, devant lequel il convoqua les soldats des deux armées, il rappela le souvenir du génie et des grands services de son père, la mort dé deux de ses malheureux enfants^ et s'éleva contre les usurpateurs qui venaient ensanglanter, déchirer son héritage! Les officiers des deux armées l'interrompirent en criant : c Constance seul auguste! i Vétranion se trouva trop heureux de conserver la vie, avec une bonne pension/ Contre le Barbare Magnence, il fallut une bataille. Celuici était arrivé déjà sur les bords de la Save, près de Mursa, et répondait à Constance, qui voulait négocier : c Traite pour ta vie; ton père et toi, vous avez fait trop de mal à la république. » Constance, pendant le combat, se retira dans une chapelle, pour prier avec un évêque arien du nom de Valens, et attirer sur ses armes la protection d'en haut. Magnence, en vrai roi barbare^ après avoir fait ses dispositions, frappa d'estoc et de taille, à la tête des siens* Le soir, le prêtre arien dit à Constance qu'un ange du Seigneur lui avait annoncé la victoire. Magnence, en effet, vaincu, descendait de cheval, attachait sa chlamyde de pourpre au dos de Tanimal, et le lançait au milieu des ennemis, pour s*enfuir en sûreté. Constance poursuivit néanmoins si vigoureusement le Barbare que celui-ci* saisi d'un délire frénétique, frappa de son ëpée sa mère,

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ton frère, pois appuya le pommeav de ramie i la muraille» se mit la pointe an rentre et s*enfem K

GORSTAIIGI.

Constance^ senl maître de l'Empire, est le premier empereur byzantin. On le reconnaît ï la petitesse de son esprit et à ses rastes prétentions, à sa Uch^ et à son orgueil, à Tascendant qoe prennent sor sa Toicmké les personnages les pins vils et les pins bas, les yalets et les ennuques ; on le reconnaît mieux encore à cette confasion malencontreuse qui commença arec Constantin eatre l^Ëtatet l'Église; le souTerain politique affecte des droits dominateurs, tyranniques, sur la conscience des fidèles ainsi que sur le dogme ; de là toutes les petites misères, toutes les subtiles tracasseries que cette confusim comporte.

Parmi les personnages de petit état et de condition rile qui avaient pris déjà un assez grand ascendant sur Constance quand il devint seul empereur, on remarquait l'eunuque Eusëbe» chambellan ; Apodéme, comte des domestiques, ennemi, dit Thistorien, de tous les honnêtes gens; Rufin, comte du trésor, et Lampade» préfet du prétoire. La récente victoire de Constance, à Marsa, avait poussé aussi, dans rintimité du souverain, Ursacius de Singidon et Valens, prêtres ariens zélés, dont l'un avait prié avec lui, pendant la bataille deMursa.On connut bientôt, dans les affaires religieuses et politiques, le caractère d'un pareil gouvernement.

Le triomphe de l'Orient sur rOccident devint, ce k quoi on ne s'attendait guère, une occasion de persécution

1. Aur. Viot. Cas,, 41. — Zosime i^ p. 7S-S0. •« (àminr Iforo. vr, S»

'•-* JSonar. iiii, 8.

CONSTANCE. m

contre les adversaires d'Arius et contre Athanaae, tfn premier concile desévèques de Gaule et d'Espagne fut réuni à Arles, métropole méridionale de la Gaule. Les lumières et les yertus de ces deux pay? g'y trouyaient rassemblées : Paulin de Trêves, Hilaire de Poitiers, le vieil Osius de Cordoue, etc. Tous voulaient d'abord commencer par vider la question de doctrine, afin de sauver par là Atha* nase, sans se mettre directement en opposition avec l'empereur. Mais bientôt, sous la pression des eunuques, la majorité faiblit; on aborda la question de discipline et de personne; et, malgré Topposition des plus hardis^ on donna raison au concile d'Antioche contre le patriarche d'Alexandrie. Un concile réuni à Milan en fit autant. Il y avait encore des absents, des récalcitrants. Le gouvernement mit ses agents en campagne, et employa, au profit de sa tyrannie ecclésiastique, les inventions de sa tyrannie politique; on extorqua des signatures, des adhésions à la condamnation d'Athanase, en menaçant tantôt le pasteur de son troupeau, tantôt le troupeau de son pasteur. Le papeLibérius, à Rome, résista; il fut enlevé, un soir, par le préfet de Rome et transporté en exil. Mais le peuple, à quelque temps de là, se souleva presque pour le redemander et pour chasser rintrus Félix. Hilaire de Poitiers protesta; il fut exilé en Phrygîe, dans une espèce de solitude où il tmuva les forêts moins dangereuses pour lui que les églises des hérétiques. A Alexandrie, enfin, Athanase, revenu pour la troisième fois sur son siège, avait Juré de mourir, au milieu de son troupeau décidé à le défendre. Le préfet de l'Egypte ouvrit les portes de la ville & Syrianus, maître de la milice, envoyé contre Athanase, à la . tête de cinq mille hommes. Athanase, en habits pontificaux, au milieu de son clergé, occupait le fond du chœur de l'église cathédrale, sur son siège pontifical. La nef était remplie de ses plus ardents défenseurs; la place qui don-

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Dait entrée aux portes de la basilique r^orgeait d'AIexandrio& Syrianos, Tépée à la main, s'ouvrit^ ayec ses soldats, on passage à trayers la fonle el pénétra dans l'église. Le peuple, les cleicsqoi s'y IronTaient tirèrent leurs poi* goarJs; Syrianus commença le massacre. Âthanaseel ses diacres, an fond de l'abside, llrres ouTerts^ cierges en mains, invoquaient à hante voix le Diea d'Israël contre la troupe de Pharaon. Le patriarche roulait attendre la mort; mais, pendant que la foule s'accumulait aux grilles du chœur, faisant à l'éTèque un rempart de ses cadavres, les diacres et les clercs enlevèrent leur chef^ et, au milieu d'une effroyable mêlée de cris et de menaces, l'entraînèrent moitié écrasé dans des maisons voisines. Ils le forcèrent à fuir au désert, tandis que Syrianus installa George de Cappadoce son snccessenr.

Vainqueurs, les ennemis d'Athanase avaient maintenant à vider la querelle de dogme après celle de personnes. Ils se divisèrent. Il y avait l'arianisme pur, décidé, qui enseignait l'humanité du Christ; il y avait le semi-arianisme; et des argumeatateurs plus subtils encore qui faisaient au Verbe une plus ou moins grande part d'élernilé, de divinité, de ressemblance avec Dieu le Père. Constance fit rassembler concile sur concile, à Sirmium, à Rimini^ à Antioche; on y dressa formulaire sur formulaire. Dénaturant, dit Ammien Marcellin, c par un mélange de superstition de vieille femme, la simplicilé du christianisme, » l'empereur prit part aux verbeuses subtilités de la controverse, raffina, au lieu de concilier les esprits, et passa de l'un à l'autre, au gré de ses eunuques ou de ses prèlres. Une toute petite lettre, un iota^ séparait, dans l'expression grecque de leurs dissidences, les homoousiens des homoiousiens. L'exilé Hilaire, convoqué au concile de Constanlinople, en triompha, t N'est-ce pas une chose déplorable, s'écria-t-il, qu'il y ait autant de

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