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coDfessions de foi dans l'Église qu'il y a d'opinions parmi les hommes, et que nous forgions- tous les jours arbitrairement un nouveau symbole! Nous disputons sur la ressemblance totale ou partielle du Père et du Fils; nous nous repentons le lendemain de ce que nous avons fait la veille; nous anathëmatisons ce que nous avons défendu; nous condamnons la doctrine des autres chez nous, et chez les autres notre propre doctrine; et, en nous déchirant les uns les autres» nous travaillons à notre ruine commune. » Et le grand Athanase, tout-puissant sur les consciences, du fond de sa Théba'ïde, où Ton le cherchait en vain, inquiétait avec les feuilles volantes de ses apologies^ répandues dans tout l'Empire, son vainqueur découragé: «Vous avez, disait-il à Constance, envoyé une armée contre Alexandrie : pourquoi ? Pour séparer un berger de son troupeau. Quoi f Constance, vous assurez que vous voulez affermir la foi, et vous la détruisez ; vous prétendez faire régner Jésus, et vous le crucifiez une seconde fois! » Querelles mesquines par les subtilités qui en faisaient l'objet, mais grandes cependant par la passion et le courage qu'on mettait à leur service! Le sentiment de la liberté s'était réfugié dans la conscience, comme dans un dernier mais inviolable asile. L'empereur pouvait dépécher au bout de l'Empire les gouverneurs qui lui plaisaient, massacrer les adversaires politiques qui lui faisaient ombrage, exiger des peuples tous les impôts nécessaires à ses dispendieuses fantaisies; il changeait les lois civiles au gré de ses caprices; le sénat à Rome ou à Constantinople, le peuple, les provinces restaient muets, indifférents, ou ne faisaient entendre que de timides plaintes. S'avisait-il cependant de vouloir changer le pasteur d'une église ou introduire un iota dans un formulaire de foi : il se trouvait des synodes pour pi^tester; Alexandrie se soulevait; le peuple de
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Rome recouTTiit m toîx pour redemander Liberios; et le grand exilé de U Thébalde tronvait dans le sentiment de la liberté de conscience assez de puissance pour braver son Vainqueur ^
Le gouyemement politique réformé par Constantin ne présente pas un moins odieux spectacle. Constantin avait, pendant les plus belles années de sa vie au moins, mo* déré les impôts et tempéré le zélé des agents du fisc; jusqu'à ses derniers jours, il s'était refusé k persécuter le paganisme. On n'en pouvait attendre autant d'un gouve^ nemenl d'eunuques et de flatteurs qui ne cherchaient que l'occasion de s'enrichir, et qui croyaient se faire pardonner les persécutions qu'ils faisaient subir à des chrétiens en déployant un zélé égal contre les païens. Les plaintes de Zosime et de Libanius, au sujet des pauvres commerçants obligés de vendre leurs enfants pour acquitter le chrysargyre, se rapportent à' cette époque. Jamais les contributions extraordinaires ne furent aussi nombreuses; la rapine des chefs et des subalternes dépassa toute mesure. Enfin, Constance renouvela jusqu'à trois fois la loi qu'il porta contre le paganisme, dont il fit un vrai crime d'État, un crimen majestatis. Le mécontentement était grand; la police de l'Empire fut chargé de le surveiller, d'en empêcher Tëclat ; c'est ici que se dessine bien le caractère de ce nouveau gouvernement.
On s'explique comment les premiers césars, pour se défendre contre les dernières convulsions de ta liberté républicaine, eurent besoin du rempart de la loi de majesté et de la cohorte homicide des délateurs. Ce qui accuse davantage le régime, c'est qu'après trois cents ans, les successeurs de Constantin, malgré tout l'apparat orien-
Théod., Hiit. iccl, o. 8. ^ Aih. ûd 9oL, o. tO. — HU., ad Const,^ 1-ï. — Am. Marc, xh, 15. — Relire la belle étuc^e de M, Villemain sur saint Athanase. TabL de Nloq. chriU au ir« siècle.
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tal dont ils s'entourèrent, aient eu recours à des moyens encore plus cruels et plus bas pour défendre Tautorité. On sait comment les anciens délateurs avaient fait place peu à peu aux frumentaires, aux spéculalêurs et aux curieux qui constituèrent la police secrète de TËmpire. Ce système arriva, sous le premier empereur byzantin, à son apogée. L'histoire nous en a conservé tous les traits dans les deux personnages de Paul la Chaine, et de Mercure, le Comte des songea, qui mirent tout ce règne sous une sorte de terreur. Le premier avait été ainsi nommé à cause de rbabileté avec laquelle 11 savait mettre une accusation au bout d'une autre, compromettre un prévenu avec un condamné, et étouffer une foule de victimes dans les anneaux serrés de ses délations sans nombre. L'autre avait pour talent de tourner à crime d'État la manie alors fort répandue, maintenant devenue coupable aux yeux de l'Empire, de rechercher l'avenir dans Texplication des songes. (k)nstance était très^peureux; ses flatteurs rehaussaient à ses yeux le prix d'une vie si chère et augmentaient en* c<)re ses craintes. On comprend combien le crime du pa<» ganisme^ devenu maintenant magie et sorcellerie, en se compliquant du crime d'État, put faire aisément de vio*limes. Constance, pour sa part^ était toujours pour la coa« damnation. Mercure, le Comte des songes^ mérita si bien son nom, que personne n'osait plus, dans l'Empire, avouer devant un étranger qu'il avait cédé au sommeil^ et que tous, dit encore un contemporain, auraient voulu jouir dd sommeil des Atlantides, délivrés du péril des rôves. Un Âfricanus, consulaire de Pannonie, fut accusé pour quel» ques propos de table; et tous ses convives furent entraînés par Paulus, avec lui^ à la mort^ Un Danus fut livré pai^ sa femme, popr avoir^ disait l'accusation, dérobé un lam« beau de pourpre au tombeau de Dioclétien. Une nappe à bande de pourpre pliée dans un banquet, d'une certaine
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façon séditieose, entraîna la perte de son mattre. L'usage des amuleltes contre la fièvre quarte, les sacrifices aai tombeaux, devinrent 4es conspirations. Les Eosëbe, les Apodème, tous les agents subalternes, s'enrichirent d'autant, comme autrefois les délateurs. Ammien M arcellin compare ces temps à ceux de Domitien et de Néron ; H leur fait trop d'honneur. Tibère et les autres césars jugeaient en personne, et en face, ceux dans lesquels ils voyaient des conspirateurs. Ici, c'est une tyrannie de seconde main. Les délateurs faisaient autrefois leur métier ouvertement, en plein sénat, au péril de leur vie souvent ; et la lutte était publique t la franchise de ce gouvernement était encore un reste de la liberté républicaine. Ici, c'est un espionnage souterrain, un tribunal à huis clos, où la victime est atteinte lâchement, condamnée sans être entendue, par quelque oiBcier du palais, le plus souvent accusateur et juge. Le crime de majesté des premiers temps était défini en comparaison de celui-ci. Les césars, enfin, accordaient à leurs victimes le privilège de s'ouvrir noblement les veines; les Byzantins les font décoller. Ce n'est plus une tyrannie de souverain^ mais de valet; la délation est devenue la dénonciation; le duel juridique est un guet-apens; le trépas stoïcien n'est plus qu'une mort de scélérat. Il y a des degrés dans la servitude*.
C'était bien là le pire des gouvernements. Constance lui-même en fit l'épreuve. Accablé du poids d'un pareil fardeau, sans enfants, il nomma comme césar, en Orient, Galiiis, l'aîné des deux seuls enfants échappés, au commencemeni de son règne, au massacre de tous les neveux de Constantin. Par là, il retomba dans toutes les difficultés des précédentes adoptions ou associations à l'Empire*
1« Âm. Marc, xiv^ 4; xvi; 5; \yi\i, h, €•