Cod. théod., xî, 40, 18. — ktoht», Mp, u: Imo% mtra
THtoDOSB
qa'Ambroifle désertait son siège en dèsespénnt nn instant de sa cause, Symmaqne prononça le panégyrique de celai qni relerait la statoe de laYicU^re sar son autel. Flayien, le bras du parti païen, comme Symmaqne en était la parole, consacra les statues d'or de Jupiter Tonnant, pour les placer en trarers .du passage de Tennemi, dans le défilé des Alpes Juliennes. Llllnsion ne fut pas longue.
Théodose, à la tète des troupes et des Barbares de rOnent, pour la plupart chrétiens, marcha au-devant des troupes germaines ou franques, en partie païennes, d'Arbogast. Ce n'étaient plus les Romains, mais les Barbares déjà qui débattaient, les armes k la main, la cause des deux religions. La bataille eut lieu sur les bords de la Rivière froide (394). La première journée fat favorable à Arbogast. Théodose demandait avec inquiétude, la nuit, où était son Dieu, quand plusieurs généraux de l'enoemi, qu'ArbogastAvait fait filer sur les derrières de Théodose^ pour lui couper la retraite, firent défection. Théodose saisit son épée et marcha droit krennemi; un ouragan de montagne, en s'élevant derrière lui avec des torrents de grêle et de pluie, frappa au visage les soldats d'Arbogast et porta Théodose et son armée comme miraculeusement à la victoire. Eugène demanda grâce et fut décapilë par un soldat aux pieds de Théodose ; Arbogast, en fuite, se donna à l'écart de son couteau dans le cœur.
On a dit qu'après cette victoire le sénat romain fut convoqué par Théodose pour choisir, au nom de TEmpire, entre le Christ et Jupiter, et que Jupiter, à la majorité des voix, fut condamné. Vainqueur au nom du chtislianisroe. Théodose ne pouvait soumettre une pareille délibération à un sénat dépourvu depuis longtemps de toute autorité, dans des affaires moins importantes. Théodose annonça seulement au sénat que l'Ëtat ne fournirait pins rien pour les sacrifices faits par lui aux dieux pour
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le salut de TEmpire; et il étendit à Rome la loi* qui assimilait toute espèce de sacrifice païen au crime de lèse^ majesté^ei qui portait par conséquent contre le vieux culte la peine de mort (394). Ce fut alors, sans doute^ que les Anicius, les Paulus, lesOlybrius, les Gracchus, etc,^ passèrent au christianisme, non pas peut-être arec l'enthousiasme que leur prête le poète Prudence, mais avec la ré« signation qui convient à la défaite.
Peu de temps après, Tévèque de Milan, saint Ambroise, faisait non pas Tapothéose, mais Toraison funèbre du pre* mier empereur vraiment chrétien. «J'ai aimé cet homme, dit l'orateur sacré, parce qu'il préférait les remontrances à la flatterie. Je l'ai aimé parce qu'ayant commis un grand crime, il a pleuré et fait pénitence dans l'assemblée des fidèles; je l'ai aimé parce qu'après sa dernière bataille, réfléchissant que sa victoire avait coûté du sang à des hommes, il s'est pendant quelque temps éloigné des autels. » Le pouvoir souverain, si orgueilleux et si dur, dans l'antiquité païenne, qu'il usurpait presque la place de la divinité et mettait la religion sous ses pieds, le despotisme de fer de TËtat, arrivé à son expression la plus complète dans les césars de Rome, s'était abaissé, humanisé, adouci, dans la personne de Théodose, devant une puissance morale. Le souverain n'était plus un dieu comme Caligula^ Domitien^ Héliogabale, tant d'autres avaient voulu rétre ; il était un homme semblable à ceux à qui il commandait^ et responsable envers un pouvoir plus grand que le sien. Il n'était plus le grand pontife de la religion, comme Dioclétien, Constantin et Julien l'avaient été. Il reconnaissait une loi supérieure à ses propres lois, et il acceptait même le jugement des hommes, c Si quelqu'un.
1. Cod. Tliéod., 1. ivi, tit. x^ 1, 12. Ad exemplum mafestatis ejus recipiat sententiam competentem»
lit THKODOSB.
dit uae des deioières couâtitutioas de Tbéodose, oubliant la résenre el la prudence, se permet de nous déchirer par une médiaance mécbaiiie et irréfléchie ; ou si, par orgueil, il deYîent le détracteur séditieux du temps présent^ nous défendons qu'on loi inflige une peine ou qu'on lui fasse sabir on maa?ais traitomenL Est-ce légèreté de sa part? il faut la mépriser} folie? en a?oir compassion; mauvaise volonté? il faut la pardonner* » Il y avait loin de cette constitotion à la loi de majesté florissante sous Tibère. Tel était le chemin que le pouvoir avait fait depuis Angoaie, aoos lequel Jésus était né, j usqu'à Tbéôdose, sous lequel il triomphait Par un singulier retour, raccusation de lèee-mi^té, crimen majeitatiê, créée pour défendre la personne des empereurs païens, passait au service de rÉglise pour atteindre le paganisme vaincu. D'autres temps approchaient; Théodose est bien le dernier des ftomains. Ambioise mourut peu de temps après lui. Pendant la dernière maladie du saint homme, le ministre d'flonorios, Stilicon, voulait faire dire des prières pour prolonger sa vie. « Je n'ai pas vécu avec assez de honte» » répondit à Stilicon le mourant qui voyait Thorizon bien sombre^ «pour craindre de prolonger ma vie; mais je ne crains pas assez la mort pour désirer de vivre encore* Nous avons là-haut un bon Maitre. •
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