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ont passé et se sont éconiés comme de l'eau ; ceux qui les adoraient et qui y mettaient leur confiance, ils les ont brises, les ont comme avalés, et fait disparaître dans la confession de l'unité de Dieul ' »
Dans quelle situation se trouva cependant l'empereur vis-à-vis du christianisme vainqueur et de l'Église triomphante? Dans l'antiquité, et dans l'empire romain particulièrement, TËtat avait toujoui*s dominé la religion. Constantin et Constance avaient semblé l'entendre encore ainsi, en passant au christianisme ; mais la séparation des croyances religieuses etdes afTairesde l'État était le fond môme du christianisme. Ce qui avait fait sa puissance contre les empereurs, grands pontifes romains, c'est qu'il avait soustrait la conscience humaine à leur tyrannie. Là était une des causes de son prodigieux succès.. Les rapports de l'État et de la religion pouvaient-ils dans le christianisme rester les mêmes que dans le polythéisme? Fiére de sa victoire, TÉglise ne garderait-elle point avec jalousie son indépendance? Confiante dans son pouvoir; ne tenterait-elle pas même bientôt de pousser plus loin sa victoire? Le régne de Théodose posa déjà ces questions, qui annonçaient d'autres temps, et qui montrent que l'Empire romain était fini.
Au commencement de son régne. Théodose avait voulu punir la ville d'Antioche révoltée; le célèbre Jean Chrysostome demanda grâce pour elle. L'empereur céda à ces instances, qui étaient naturelles de la part d'un prêtre et d'un chrétien. Un peu plus tard, l'évéque de Callinique, chrétien zélé, détruisit une synagogue; Théodose condamna l'évoque à la rebâtir. Ambroise ayant réclamé contre cette honte infligée à un évéque et à la foi cbré>-
1. Rufin, Hist, ercles., c. 28. — Soz., vu, 15. — Socr., v, 16. — Sulp. Sév. Vita snncti Mart, — Lib. Or, pro tempf.
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Uanne, Tbéodosa persista ; mais la première fois que Tem* pereur entra dans i'église cathédrale de Milan : c Non, •'écria Ambroise, je ne saurais offrir le sacrifice en ton nom, tant que tu n'auras point rétracté ton édit, et effacé la honte qu'il a imprimé au nom du Christ. • Théodose étonné céda. A quelque temps de lli« les habitants de Thés* salonique, en Thraoe, se prirent de querelle avec les soldats gotbs de la garnison» k propos d'un cocher du cirque, •t massacrèrent, k la suite d'une rixe, toute la troupe a?ec Tofficier Botheric. Théodose était habitué an^ répressions Tiolentes du régime impérial et de l'antiquité; il ordonna» malgré les représentations d'Ambroise, un châtiment enemplairet II le fut en effet M.a population de Thés* salonique était réunie sans défiance, comme pour une fête, dans ramphithéâtrOt quand une troupe de Goths, vengeurs de leurs compatriotes et exécuteurs des ordres impë^* riaui, saisirent les issues et commencèrent un massacre qui dura tontle jour. Sept mille personnes y périrent. Dans la durée de l'empire romain, on ayait tu plus d'un exemple semblable, donné par le pouvoir aux dépens de villes entières. Byzance avait presque entièrement péri sous Septime Sévère ; elle était ruinée encore quand Coustantin la releva, c Pour le sang d'un seul homme, écrivit alors Ambroise k Théodose, je cesserais toute communion avec toi; comment ne le ferais-je point pour le sang de tout un peuple? i Et la première (ois que l'empereur se présenta dans la cathédrale de Milan, Ambroise l'accueillit sur le seuil avec ces paroles : « Tu as imité D^vid dans son crime; imite-le dMs son repentir. » Huit mois seulement après, Tëvèque permit k l'empereur, encore une fois sou* mis, dû^'approcherde Tautel; et Théodose prescrivit par
1. Voir pour tous ces faits, Paul., Atkbr. Vit. — Soi., th, tS. — Théod., Y, 17, 18. — Ambr., Bp. ad Theod., 29, 51, 40.
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une loi un délai de trente jours entre la condamnation et Texécution de toute sentence capitale. Ce n'était pas vainement qu'Ambroiie écrivait : t L'empereur n'est pas au-dessus de l'Église, il est dans l'Église K »
Une dernière tentative du paganisme, sous Théodose, acheva son entière défaite et sa chute sans retour. En restituant à Yalentinien II ion trône en Occident^ Théo» dose avait confié ce jeune homme, âgé Beulement encore de dix-sept ans, à un conseil composé d^ecclèsiastiques orthodoxes et de généraux^ pour la plupart déjà alors, d'origine barbare. Échappé récemmeht à la tutelle de sa mère, ce jeune homme profitait plus des instructions des prêtres que de celles des soldats^ et annonçait plus les dis* positions d'un moine que celtes d'un guerrier. Cette circon« stance exposa encore le gouvernement h des discordes et k des rivalités dangereuses. Âmbroise et Arbogast, chef de la milice des Gaules» les prêtres et les soldats se disputaient rinfiuence* Après quelques démêlés, Yalentinien II me* naça Arbogast de destitution! t Auguste, lui dit celui-ci^ tu n'as pas le droit de m'enlever une dignité que tu ne m'a pas donnée. » Quelques jours après, on trouva Va« lentinien II pendu par son mouchoir à un arbre de son jardin ; et Arbogast Jeta la pourpre sur les épaules d*un sien ami, rhéteur de profe^ton, du nom d*Eugène, qui servait comme de trait d*union entre les nobles sénateurs païens^ qui regrettaient le passé, et les plus ambitieux généraux barbares. Quand le Franc Arbogast entra en Italie avec son rhéteur, on put croire un instant encore ft une restauration païenne. A Rome, les sacrifices recommencèrent, le ponllfè reparut dans sa litière, l'encens monta au ciel et des victimes furent immolées. Tandid