‹ Les empereurs romainsChapitre 8 sur 73 · Siiet · texte numérisé non relu

Siiet

TIBÈRB. a

César. Tibère ti'eut point de conseil priyé; il faisait présenter ses projets de loi au sénat par des questeurs. L'assemblée délibérait, volait quelquefois, dit Suétone, contre ledésir du prince ; elle donnait force de loi à ses délibérations, en rédigeant les séna lus-consul tes. Tibère transporta en même temps, comme tribun, les causes politiques, les appels qui ressorlissaient autrefois au peuple, devant le sénat, qui devint ainsi la première, la haute cour de juridiction criminelle de Tempire ^ Il est vrai que le chef de l'État ne consentit point à ce qu'on prit sa condescend.ince pour de lafaiblesse. S'il transporta au sénat une partie des attributions du peuple, il ne souffrit point que Gallus, par des propositions insidieuses, rendît h cette assemblée l'omnipotence dont die avait souvent joui sous la république. On avait conjuré Tibère de prendre la toute-puissance. Il l'avait sérieusement acceptée.

Le peuple ne murmura guère * quand il se vit enlever l'ombre de puissance qu'il conservait encore. S'il avait espéré, en voyant tomber peu a peu les comices en désuétude, d'être dédommagé par des jeux, il fut déçu. Tibère continua, il est vrai, à nourrir les citoyens, t Ce fut, ditil lui-môme, un de ses plus grands soucis, de mettre à l'abri des vents et des orages la subsistance du peuple romain. » Une année, il diminua le prix du blé en indemnisant les vendeurs; il rebâtit une partie de Rome détruite par l'inondation. Mais il abolit les distributions d'argent; il restreignit la dépense des jeux et des spectacles, réduisit le salaire dos acteurs, limita le nombre des gladiateurs. Quand il s'éleva des troubles à l'occasion des factions du cirque qui menaçaient de succéder aux

1. Tacite, Ann.j i, 15. « Tune primum a campo comitia ad patres translata sunt. » — Velleius Paterc, ii,24. — Voyez le lumineux ouvrage de Hanck, Rœm, Gesch, — Dion, lu, 31.

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