‹ Les empiriques; comédie en trois actes et en proseChapitre 12 sur 41 · L-àE seigneur Carlos soupe-t · texte numérisé non relu

L-àE seigneur Carlos soupe-t

Certainement. Ai-je l'air d'un homme qui ne soupe pas ?

Michel.

Vous ne connoissez pas le Docteur. Il n'est pas partisan de la diète : il fait très-exactement ses quatre repas. Robert.

Allez , mon ami, retournez à votre ouvrage , et perdez i'hr.bitude de vous mêler ainsi à la conversation. Vous répondrez quand je vous interrogerai; entendez-vous, Domingo? MiCHELji part.

Ah, je m'appelle Domingo; je tâjh^al de m'en '^ ;-■■ ""'f; i

Dites-moi , ma bonne , fait-on grande chère chez vous ? Ce que vous nous avez servi n'avoit rien que de très-ordinaire.

l' AUBERGISTE.

Vous ne vouliez que vous rafraîchir ; d'ailleurs , on ne vous attendoit pas ; mais vous serez content du souper.

A la bonne heure. Je ne regarde pas à l'argent , r veux être bien servi. Cuisine à la francoise ?

A la Françoise. Vous n'avez persoiiue ? 11 ne faut ci;'ua couvert ?

R G , emharrassL

Qu'un couvert ?... Pardonnez-moi. .. . Je.... j'adm;ts mes

ecnb u ma l.'ble.

A votre table !

Tous nos momens sont consacrés à l'art. Nous travaillons à une découverte importante , et nos repas son^ «Tut.int de dissertations qui tourner.t au profit de l'humanité. Cinq couverts. Pensons maintenant au coucher.

l' AUBERGISTE.

Je loge votre Seigneurie dans cette chambre, {^montrant lu porte à sa droite. ) L'ameublement n'est pas très-frais , mais il est de la plus grande richesse : il viciu du duc d'Olivarès.

Allons , je m'arrangerai du lit du duc d'Olivaiès. E< mes gens , vous les mettez dans cette autre chambre ?

l' AUBERGISTE.

Non pas : c'est la chambre du seigneur Alvar, jeune homme de Guipuscoa , qui étoit retenu ici par l'amour , et dont la maîtresse a été enterrée ce matin. Il promène sans doute sa douleur dans'les rochers voisins de la ville ; mais je crois qu'il rentrera ce soir. C'est une histoire touchante : je vais vous la .raconter.

Robert.

Je vous en dispense. Au reste , ne dérangeons pas le seigneur Alvar , respectons son domicile. Cependant il faut que mes gens soient couchés convenablement.

Je les mettrai aux mansardes.

Robert.

Aux mansardes ? C'est bien mesquin.

Les gens -du Général Rabbi y ont couché il y a huit jours.

Il a donc passé ici peur s'aller faire battre par les Français ?

l'aubergis t'e.

Non pas, il en revenoit , et faisoit sa retraite en poste.

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Robert.

Va donc pour les mansardes. A propos, avcz-vous mis mon tableau à la porte ?

l' AUBERGISTE,

Vingt personnes l'ont déjà lu,

C'est bien , c'est fort bien , c'est au mieux. J'ai vu le Corrégidor , et j'ai obtenu son agrément pour exercer impunément la médecine dans Urgel. Il n'est pas mal bète, votre Corrégidor.

l' AUBERGISTE.

C'est ce que tout le monde dit ; mais" il est riche.

Robert,

Et avec de l'or on s'afiubie d'une grande charge qu'on remplit petitement,

l' AUBERGISTE,

C'est cela.

Robert,

C'est un rricyen à-peu-près sûr de mettre les sots en place; car ordinairement le mérite n'est pas opulent. Ah ça , ditesmoi , le pays est-il abondant ?

l' A U B E R G I s T E. En denrées ?

Robert.

En maladies.

l' aubergiste.

Autrefois on s'y poitoit à merveille ; mais depuis que les armées sont dans les environs , toute la ville a la fièvre, Robert.

C'est charmant. Je traiterai toute la ville. Fièvres continues,

fièvres intermittentes, fièvres putrides , fièvres inflammatoires,

n'ei,t-il pas vrai ?

l' aubergiste.

Mais il y ■ en a de toutes les façons.

Robert.

C'est a merveille. Et sans doute vous avez beaucoup de mé-

' dscins

ACTESECOND, \-r

Nous n'en avons qu'un.

Robert.

C'est trop heureux. Jeune ?

Au contraire.

C'est admirable. Les jeunes médecins ne savent que parler métier, et je n'aime pas cela.

M I c H E L , J pijrt.

Je le crois.

Robert.

Ainsi votre médecin est vieux ?

Impotent et goutteux.

Robert, On ne meurt donc pas à Urgel ?

On guérit tout naturellement.

Robert.

C'est le- plus sûr , mais c'est le plus long. J'ai une méthode tout-à-fait expéditive , et qui vous étonnera. Domingo, voyez s'il nous reste des piUules pour les fièvres épidémiques. Michel, Nous avons tout épuisé à Agu'.lar.

Robert.

Il faut en refaire, Domingo, et sans perdre un moment. Ma gomme orientale en tiers avec la rhubarbe et le quinquina , dans une décoction de vinaigre des quatre voleurs. Michel.

Oui , Seigneur. ( lis fchrlquent des p'iUuks avec ce qu'ils trcuvczi sous la main. )

DUBREUIL àpnrt.

Un médecin de profession ne ralsonneroit pas mieax.

Robert, à l'auber^htt.

Je vous réponds que ceux que je traiterai ne souffriront pas long-temps. Vous pouvez m'annoncer.

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