‹ Les empiriques; comédie en trois actes et en proseChapitre 14 sur 41 · ACTE SE C O N D · texte numérisé non relu

ACTE SE C O N D

les choses au pis. Supposons que là médecine ne rapporte rien , et qu'il faille enfin payer : eh bien , les mules paieront , et nous reprendrons l'habitude modeste de voyager à pied.

Michel.

Manger les mules! Mais tu crois donc rester ici six semaines ?

Robert.

Ecoute^ , monsieur le raisonneur ; on vit très-mal dans les prisons d'Espagn-^ : un ordinaire réglé , et quelques jours de repos nous feront le plus grand bien , et nous donneront des forces pour aller plus loin.

Michel.

Mais je n'entends pas que nous perdions ici un temps précieux;

Robert.

Tu n'entends pas tu n'enteads pas. ... Je te reconnois au

bataillon , tu dois me reconnoître ici. Je suis le maître , je crois?

11 n'y a qu'à le laisser faire , nous verrons de belles choses.

Robert.

Quatre jours, mon Lieutenant, rien que quatre jours. Tu vois que je suis de bonne com.position, D u B R E u I L.

Oh ! il n'y a rien à dire à cela.

C'est raisonnable.

Très-raisonnable.

Allons donc , quatre jours , puisque vous le voulez , mais pas une heure de plus.

Robert.

Pas une h^ure de plus, foi de médecin. Ah ça , il est bon que vous fassiez un tour par la ville : il convient de montrer ma livrée. D'ailleurs des Français dans une ville d'Espagne font toujours auckiues petites observations qu'on retrouve plus tard.

Michel.

Il a raison.

Robert.

Allez , et n'oubliez pas le souper. Vous sentez que je ne puîi décemment vous attendre.

Michel.

Sa Seigneurie n'a pas d'autres instructions à nous donner?

Robert.

Si fait , si fait. Marchez le nez au vent , le jarret tendu , l'air insolent et bête des laquais de l'ancien régime : cela donne une haute idée du maître. Partez , faquins. ( ils sorunt en riant. )

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