‹ Les empiriques; comédie en trois actes et en proseChapitre 27 sur 41 · SCENE XVIII · texte numérisé non relu

SCENE XVIII

ROBERT, LE CORRÉ G IDOR, CARLOS, L'AUBERGISTE, la Garde.

J-^ E I4 moàération , et qu'on parle à son tour ; car si vous parlez tous deux ensemble, je n'entendrai rien à votre aflaire.

R o B E R T , J part.

C'est clair.

LE C o R R. É G ! D o R , i Cdr!j\-.

Vous dites donc que cet homme.... Eh bien 1 que ditcs-vcus , voyons ?

Carlos.

Je dis que des voleurs m'ont attaqué ce matin , que je me suis enfui , et que cet homme a trouvé mes équip.ig^es, dont il s'est emparé.

Robert.

Je nie le fait.

Carlos.

Je le soutiens véritable.

i6 LESEMPIRIQUESi

Robert.

La preuve ?

Carlos.

La preuve ?

Robert.

Oui , la preuve. Il faut des preuves en justice;

LE CORRÉGIDOR

Sans doute , il faut des preuves. Voyons vos preuve*.

Il les a dans son porte-feuille.

Je n'entenâs pas , je n'entends pas. Parlez sans figures. De U clarté,, de la précision. Qu'a-t-il dans son porte-feuille î

Carlos.

Tous mes certificats.

Robert.

Ce sont les miens , et ils sont en règle. Mais je me rends accusateur à mon tour, et je vons prie^ Seigneur, de recevoir ma plainte,

LE CORRÉGlDOR.

Voilà un procès qui s'embrouille furieusement. Tous deux ccusateurs , c'est contre les principes j cela ne s'est jamais vu. Il faut au moins un défendeur.

Carlos." C'est moi qui accuse.

Robert.

C'est moi.

Je soutiens....

Je prétends...:

Que c'est à tort...r

Robert.

Que c'ssî malignement

Carlos.

A C T E s E C O N Dj ^7

LE CORRÉGTD©R,

Paix donc , paix donc. Tout? une cour souveraine n'y suffirolt pas. Et mon greffier qui est dans ses vignes , il prend bien ion temps : il y a de quoi perdre la tête, [à Carlos. ) Vous l'accusez de s'être approprié vos effets, (i Robert.^ Et vous ? Robert.

Je l'accuse de calomnie et dévoies de fait, {^d'un ton pathétl' qiu. ) De calomnie, en voulant inculper ma probité pour s'approprier un bien acquis par mon travail , et ]z le prouve par les pièces que voici. (/«aiZ/cr^/zr.) -Certificats de la princesse des Asturies , d'un ex -gouverneur de Lima, d'un greffier du Saint-Office, du corrégidor d'Aguilar ; ce dernier, daté d'hier. Vous le voyez. Seigneur, je ne viens pas surprendre votre religion par des inculpations hasardées. Je n'avance rien que je ne l'appuie par des pièces probantes et authentiques.

LE GORRÉGIDOR.

Mais cela me paroît fort en règle.

Mais tout cela est à moi , vous dis-je. Robert.

Je l'accuse de voies de fait, comme étant venn dans cette malson , dans cette chambre même^ avec l'intention de me dépouiller à force ouverte , lequel dessein il a manifesté en me frappant violemment avec le bâton que voilà, et j'invoque le témoignage de l'hôtesse , qui est accourue à mes cris , et qui m'a trouvé dans un état à faire pitié.

l'aubergiste.

Il est vrai que sans moi , ce malheureux assommolt le docteur. {L'aubergiste sort dans le courant de la scène. )

Ils s'entendent , c'est clair,

Robert.

Les faits prouvés , je me résume , et je dis que les demandes et la conduite de cet homme sont tellement extravagantes , qu'o.T

ne peut les attribuer (jn'à un cerveau dérangé, et je conclus à ce qu'il soit ren Terme dans l'hôpital des fous , où les saignées et les douges le rendront peut-être à lu'-même. C'cit ce que je lui souhaite.

Carlos.

Je n'y tiens plus , je suffoque.

LE CORRÉGIDOR

Vraiment , il parle bien. Docteur , avez-vous été avocat ?

Robert.

Non , Seigneur.

LE CORRÉGIDOR

C'estdonc pour cela que vous êtes si bref et si clair. — 'La ccur, vu les pièces et ouï les témoins , faisant droit sur les conclusions... Carlos.

\Jn moment , un moment , seigneur Corrégidor. Je n'ai pas encore parlé.

Robert.

Il est inutile de l'entendre. Les faits sent prouvés.

le Corrégidor.

Les faits sont prouvés.

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