ACTE TROISIÈME
Marguerite.
Ai:r>! , contre les .-ippa:enc:s , et au moment où nous l'espérions îe nioins, le Coirégiuor s'est laissé attendrir pour la première fois tic sa vie.
Et il a signé d'avance un contrat en bonne forme , portant un dédit de quatre mille pistolcs.
Marguerite.
Vous ferez très-bien de ne pas vous en dessaisir, car je doute que vous l'eussiez trouvé si facile , s'il eût bien décidément compté sur cette résurrection.
En véiité, ce dénouement précipité me ravit et m'étourdit à un point....
Marguerite.
Je conçois cela , et je partage votre joie. J'ai toujours beaucoup aimé les dénouemens précipités.
Vas , ma chère Marguerite , il n'est pas d'obstacle qu'un tendre am.ant ne surmonte tôt ou tard.
Marguerite.
C'est ce que j'ai toujours dit. La vieillesse a l'expérience , la jeunesse a les grâces et l'activité.
Aussi les pères, hs tuteurs feront toujours des cfrorts impuissans. L'humeur , la défiance , la contrainte sont de leur côté. . . .
Marguerite.
On en rit. L'amour est du nôtre.
Avouons cependant que le hasard m'a bien servi. Il fallolt que je rencontrasse ces Français, qu'ils trouvassent l'équipage d'un empirique....
Pvl A R G U E R I T E.
Et qu2 le baau-pCi'e futur fût disnosé à croire aux miracles." Ah ça , voDs voilà hors d'cmbairas ; mais ces ineJhsureux Français , que devicnJiont-ils ? Vous sentez bi;n qu'il y a d;ins Urgel des gens qui voient plus clair que le CorréVidor, et qui ne manqueront pas de dissiper le prestige. Le Corrégidor , outré d'avoir é'.é joué , ne ménagera pas ces infortunés , et je scrois très- Bché qu'il leur arrivât quelque chose; car j'aime beaucoup les Français, soit dit entre nous.
J'ai eu avec eux des rapports d'infortune, et le service qu'ils me rendent en ce moment, m'y attache véritablem.ent. Je penserai anx moyens de leô tirer de là.
ÎM A R G U E R I T E,
Vous y penserez ? Mais il faut y penser à l'instant. îl n'y a pas de temps à perdre.
Je le sens bien.
Les donner pour physiciens , tout le monde sait que la physique n'a pas encore étenaii ses découvertes aussi loin : les faire passer pour sorciers , c'est les e>:pcser à la fureur du Saint-Office. Ces bons Français..., ces chers Français 1 Mais cherchez, cherchez donc c[uelqu'expédient....
J'avoue que je n'en vois aucun qui so't satisfaisant. Mais souvent un mot, une circonstance imprévue nous éclaire et nous détermine.
Marguerite.
Sar-tout n'allez pas vous compromettre.
Oîi seroit le mérite de faire le bien , si on le faisoit toujours sans inconvcniens pour soi-même ? Mais j'entends du bruir.