SCENE II
MARGUERITE, ALVAR , LÉONORE , LE CO R R ÉG 1 DO R , ROBERT, MICHEL, D U B R E U I L , D U V A L , L E C O U R T.
A L V A R , co:i-ant à Lco/::rc.
l\l A chère Léonore !
LE CORRÉGIDOR, avcc cmp/tasc.
Voilà un triompha aussi éclant que cdui d'un Grand-Inquisiteur à un auto-da-fi.
R. O B E R T , ave: une d'gn'uJ comique. On m'a avili , maintenant on m'élève aux nues. Voilà bien le peuple Espagnol : toujours au-delà du vrai, et ne suivant que i'impuUion du moment. Au reste, je sais convaincre et pardonner. Crand dans les reveis, modeste dans la prospérité ,ie su:s également au-dessus des injures et des éloges.
LE CORRÉGIDOR
Peur moi, je ^oins mon sufFrage à ceux de la muhitudei j'admire et je me tais.
Marguerite.
C'est ce que vous pouvez fa're de mieux.
LE CoRRÉGIDOR.
Mais , dites- moi cependant , n'y ar.roit-il pas un peu de diablerie dans cette aventure ? C'est que vous êtes vraiment un homme incompréhensible , inconcevable , impénétrable , inexplicable.
Eh 1 non , ]■: suis un aventurier, un escroc, un imposteur, un conteur de sornettes , un homme oui insulte à la douleur paternelle , un homme à livrer à la justice.
LE CORRÉGIDOR
Dame , on le disoit , moi je l'ai cru,
Robert, emphatiquement.
Un homme de poids, un homme de génie comme vous, piononcer sur les apparences ! Mais je vous pardonne avec les autres. Amnistie générde.
LE CoRRÉGlDOR.
Au reste, vous m'avez rendu un service signalé, et je vous en remercie.
C'est trop honnête , en vérité.
^î I c H E L, • Nous ne voulons d'autre récompense que la liberté de sortir à l'instant de la ville, '
LE CORRÉGIDOR
Ah ! c'est trop juste. Sortez , sortez.
Quoi , mon père ! sans la moindre marque de votre reconnoissance ?
LE CORREGIDOR
J'ai remercié,
Leonore,.2 dcm'.-volx.
Mais cela ne suffit pas. Un cadeau. , , .
Alvar , j'ai remercié , et cela ne suffit pis. Chargez-vous du
cadeau.
Alvar.
Oh ! bien volontiers.
M A r G u E R I T E , <z« CorrigUor.
Voilà comme on fait les bonnes maisons.