L É O N O II E
Il est dur d'implorer l'indulgence ; il est plus dur encore d'en avoir besoin. Mais laissons ces idées qui vous attristent: je ne ,veiix plus vous affliger de ma peine. D'ailleurs mes réflexions sont inutiles , puisque nous n'avons pas le choix des moyens.
Ma tante vous pliira au premier coup-d'œll ; sa figure franche et ouverte vous inspirera la confiance. Sa maison isolée, la retraite où elle vit depuis long-temps assure notre secret , et vous ne sortir-ez de cet asyle respectable , que pour me donner le titre
précieux d'époux.
LÉONORE
Ah ! c'est le seul qui puisse effacer, mê.Tie à vos yeux , l'inconséquence de ma conduite. Vous ne m'en punirez pas, mon cher Alvar ; n'est-il pas vrai , vous ne m'en punirez pas ?
Vous p-.m'r d'avoir cédé à mes instances , de m'avo'r prodigué .votre confiance....
lo LES EMPIRIQUES,
Et mon amour.
Non , ce cœur n'aura pas un désir dont vous n: soy.'z l'objet, pas une jouissance qui ne se rapporte à vous. J'en jure par .... (bien lendranent. ) par vous-même, qui êtes ce que j'ai de plus cher , et ce que je connois de plus respectable.
Ah , nîon ami ! tu me rassures ; mes craintes s'évanouissent à ta voix : j'éprouve un calme que je n'espérois pas goûter hors fie la maison paternelle. Mais, encore une fois , laissons tout cela pour n'y revenir jamais. Je vois en toi- mon ami, mon amant, mon époux. Ta tante sera la mienne ; hâtons-nous de l'aller trouver.
A peine serez-vous entre ses bras, que je retournerai à Urgd , où je saisirai toutes les occasions de m'établit dans l'esprit de votre père.
L É o N o R E fait lin pas avic peine.
En honneur , j'ai les pieds dans un état affreux. Et encore une lieue à faire sur des pierres si dures , si inégales 1
Je vous aiderai , je vous soutiendrai, je vous porterai , s'il le faut.
J'espère , au moins , que nous ne seïons pas rencontrés ?
Par qui }
Que sais-je? Peut-être un parti Français,...
Pensez donc que leurs avant-postes sont à dix liciîcs d'ici , quî nous nous enfonçons dans le pays, et qu'il est impossible que des Français....
Eh, mon dieu 1 ne les trouve-t-cn pas par-tout ?
L'armée espagnole nous en sépare.
A la bonne heure ; mais j^ ne suis pas tranquille. Si des brigands, des voleurs
Que chercheroient-ils ici ? Ces rochers ne sont fréquentés de personne. D'ailleurs ^ j'ai mes pistolets.
Ne me parlez pas de cela, je vous en prie. La seule idée d'un combat me feroit mourir réellement. Mais nous perdons un temps précieux : nous causerons en marchant. Donr.ez-moi votre bras.' Malgré les plaisanteries de ma Bonne , Il faut vraiment que je m'appuie , et très-fort.
Et que vous me serriez , sur-tout ; cela aide singulièrement.
( Souriant. ) Vous croyez ? ( Elle apperçoit le premier Français ; entraîne Alvare du côté de la caverne , en s' écriant avec effroi : ) Ah , mon ami !