ACTE PREMIER
DubreuîLj d* un ton amateur.
Qu’elle est touchante dans les larmes !
Michel, avec sévérité.
Soldat Français , quelles idées vous occupent en ce moment ?
L É O N O R E , avec timidité.
Ce jeune homme est mon amant.
^ , Robert.
^ela va sans dire.
Si vous m en séparez , vous m’ôtez plus que la vie.'
Et c’est nous arracher l’un à l’autre, que nous contraindre à vous accompagner. Sa foiblesse , sa douleur ne lui permettront pas de vous suivre.
Laissez-vous toucher par les amans les plus tendres et les plus malheureux. Nous avons assez de nos maux , sans chercher à aggraver les vôtres.
Michel.
Ainsi que vous fugitifs et malheureux,' nous ne sommes pas dans un état à inspirer la crainte. Zéonore. ) Remettez-vous , mon enfant; nous sommes sensibles aussi, et nous ne connoissons d ennemis que ceux qui ont les armes à la main.
Nous pouvons donc partir ?
Non pas , non.
Robert.
Michel."
Vous m’intéressez, je l’avoue. Cependant, je ne conseillerai rien à mes camarades qui ne soit dicté par la prudence. Rentrez dans la caverne , nous allons délibérer.
Robert.
Oui , délibérons , délibérons.
LES EMPIRIQUES," Dubreuil.
Rentrez, rentrez.
A L V A R , i Michd,
Le malheiir inspire la défiance, et je ne me plains pas de celle que vous me marquez. Je crois pourtant avoir quelques droits à votre estime , et vous allez en juger : connoissez-moi. J’ai employé jusqu’ici les voies de la conciliation, les seules qui conviennent à mon caractère. Cependant {^tirant scs pistolets.') voici des armes qui pourtoient abréger votre délibération , et me rendre maître de mon sort. Je vous les remets {Aîtchel Us prend. ) comme un gage de ma franchise, et parce qu’elles vous seront plus utiles qu’à moi. Délibérez maintenant , et abusez de ma confiance , si vous l’csez. (// prend la mainte Leonore pour la conduire à la caverne. )
M I C H E L , arrêtant.
Tout est vu, tout est jugé. Ce trait atteste' votre candeur^ et je me plais à la reconnoître.
R O B E R T, Michel à demt-volx.
Pas d’étourderie , mon lieutenant. Celle-ci seroit difficile à réparer,
Michel.
Ce jeune homme est au-dessus du soupçon.
Faites-lui au moins quelques questions sur les locacités. Sa manière de répondre peut encore nous éclairer sur sa sincérité.
Michel.
Soit, (i Alvar. ) Oîi sommes-nous l
Dans les gorges d’Aguilar.
RoBERTjiZ parti
Je ne me suis pas trompé.
Michel:
Par où peut-on en sortir ?
Alvar.
Par la ville d’Urgel.