‹ Les empiriquesChapitre 3 sur 55 · SCÈNE P R E M 1ÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE P R E M 1ÈRE

ALVAR, LÉONORE,. MARGUERITE, paroisi

sant dans h fend ^ sur h haut des rochers à droite,

L É O N O R E , appuyée sur le bras dé Alvar,

Des CEN DO N S dans cet endroit écarté , mon cher Alvar et respirons un moment.

A L V A R , descendant avec elle.

Il est vrai que nous ayons marché

Marguerite.

Comme deux amans qui n’ont pas de temps à perdre;

Je suis excédée de fatigue.

Pvl A R G U E R I T E.

C’est bien le moment de penser à cela.

A quoi ne pensai-je point, et que n’ai-je point à craindre?

Il me semble au contraire que tout doit vous rassurer : ma délicatesse égale mon amour ; et votre vertu. . . .

Est sous la sauve-garde de l’honneur. Ce n’est pas vous que je redoute : vous seul me rester ; je serois trop malheureuse si je pouvois vous soupçonner.

Marguerite.

Comptez sur sa probité , même avec les femmes : je me connois en homme , et je suis sa caution.

Mais , ma bonne , vous voyez et vous faites des choses extraordinaires avec une gaité

Marguerite.

Je vous donne l’exemple de la confiance , et d’une aimable folie. Comment , vous , jeune et belle , vous semblez vous complaire dans la douleur et les regrets l Eh , morbleu 1 la mélancolie ne va pas à cette figure : la beauté est faite pour le plaisir comme pour l’amour. Jouissons du présent, laissons les doléances , et vive la joie.

Le présent n’a^rien de bien flatteur.

Marguerite.

Quelle idée ! Mais réfléchissez ,donc. Une promenade avec son amant dans des rochers impraticables , une fatigue horrible, des pieds meurtris et écorchés , par conséquent un prétexte tout naturel de prendre et, de serrer de toute sa force les bras d’un cavalier charmant , le plaisir inexprimable de laisser derrière soi un futur haï et haïssable ; tout cela n’est pas délicieux ? Allons , allons , vous n’avez pas de philosophie.

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