‹ Les empiriquesChapitre 4 sur 55 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Est-ce un bien , est-ce un mal ?

Quel sang>frold î quelle nonchalance 1 Et vous aimez, vous?

Serois-je ici , si je n’almois pas ?

Prouvez-le moi donc , ma Léonore.

Je suis vos pas , que puis-je davantage ?

Ne plus vous affliger d’une démarche qui étoit indispensable, qui ne peut être suivie d’aucun événement fâcheux , qui assure inon bonheur, et peut-être le vôtre.

Marguerite.

Il a raison. Croyez-vous qu’il soit agréable pour lui de vous entendre sans cesse soupirer 'et gémir ?

Croyez-vous qu’une tille qui se respecte, puisse ajouter à l’oubli de ses devoirs , le tort le plus impardonnable encore de les mépriser ? '

.Vous repentez-vous de ce que vous avez fait pour moi?

Je ne sais , mais. . . .

Marguerite.

Mais.... mais.... Où voulez -vous en venir ? Récapitulons les circonstances du roman , et voyons si nous pouvions nous conduire autrement. Votre père, corrégidor d’Urgel , veut vous marier à un homme qui lui ressemble, c’est-à-dire, à un vieillard avare, grondeur et exigeant. Vous balancez entre l’obéissance, et le dégoût qu’inspire nécessairement un futur de cette étoffe. Alvar se présente : il a pour lui les avantages que la nature

a refusés à l’autre , ou qu’un grand demi-siècle lui a ravis. Tous deux jeunes , sensibles , vous deviez vous plaire et vous vous aimez: le mariage arrêté vous désole : pour le retarder, au moins,,- Léenore feint une maladie. Touchée de vos douleurs , et décidée à vous servir , je ne vois qu’un moyen de vous tirer d’embarras , c’est de la tuer. Pendant que le Corrégidor est à ses fonctions , j’ensevelis ses vieilles bottes fortes , et je vous fais sortir par la petite porte du jardin qui donne hors la ville. Le papa rentre : je pleure , je crie , je lui apprends la fatale nouvelle; il se désespère, il veut revoir sa ülle , et, selon l’usage , l’embrasser pour la dernière fois. Je l’arrête, je le dissuade , je lui représente les dangers oii l’exposeroit à son âge , un excès de sensibilité : il se rend à mes raisons ; enfin pendant qu’il se désole à vos funérailles , je m’échappe à m.on tour pour savoir ce que vous êtes devenue , et je vous trouve avec Alvar , qui sait qu’une fille d’un certain genre ne court pas les Pyrénées sans compagnon , et qui vous conduit chez sa tante, femme vertueuse et indulgente , ce qui est rare. Vous y resterez jusqu’à ce qu’il nous plaise vous ressusciter, ce que nous ferons , quand le Corrégidor aura bien senti sa sottise. Vous conviendrez. Signera, qu’il n’y a rien dans tout cecî que de tîès-simple et de très-naturel.

S’échapper de chez lui père 1

Qui voue y a contrainte.

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