ACTE TROISIÈME
LE CORREGIDOR
N’est“ce pas }
A L V A R 5 mettant une bourse dans la main de Michel.
Je ne desire pas vous revoir ; mais si le sort des armes vous ramène/ à Urgel souvenez-vous que vous y avez laissé un ami. Michel.
Quoi I vous voulez que je reçoive encore..!:^
Les dons de Tamltié n’humilient jamais.
Marg^uerite^æ Alvar',
Mais ils sont perdus, si vous les laissez partir; ils ne feront as une lieue sans tomber dans un détachement espagnol. ( à Michel. ) Attendez un moment.
Alvar.
On ne sauroit pourtant les garder Ici.
Marguerite.
Sans doute : la ruse ne peut manquer de se découvrir. Alvar.
Et tôt ou tard , ils seroient reconnus.
Marguerite, à Michel.
Un peu de patience.
, Alvar.
Il me vient une excellente idée. ( aux Français. ) Demain vous serez avec les Français.
leCorre'gidor.
Que marmotez-vous donc viepuis un quart-d’heure ? Quand on parle bas , je n’entends rien.
Alvar.
Nous parlons de la position de ces cinq hommes , et de la vôtre. Il faut qu’ils sortent de chez vous , parce que l’inquisition pourroit se mêler de cette affaire. L’Eglise n’aime pas les miracles qui ne sont pas de sa façon.
LE CoRREGIDOR.
Oui , oui , certainement , il faut qu’ils sortent de chez moi.
7^5 LESEMPIRIQÜES,
Ils ne peuvent pas non plus partir sans passeports ^ et vous n’en donnerez pas à des inconnus , cela vous compromettrolt. leCorregidor.
Certainement, cela me compromettroit , et je ne veu x pas être comproiiiis. D’ailleurs, qu’ils s’arrangent ; pourquc-i n’ont-ils pas de pass'eports ? ^
Nous les avons oubliés dans nos soiiquenilles.
LE CüRREGIDOR.
Tout cela est bel et bon ; mais je n’en donneraà pas. —Diable I A L V A R , tirant h Corrcgidor à r écart.
Ecoutez.
LE CORREGIDOR
Voyons , mon gendre, vous qui avez de l’esprit , à ce qu’on dit , arrangez cela.
LeonoREj^ Ma^gi'erite.
Les sauvera-t-il ?
Margu erit e.
Il l’espère.
Sans exposer mon père ? ( /
M A R G U E R, I Tt E. '
Soyez tranquille , il saura tout co-ncilier.
L E O N O R E , aii'x Français.
Vous m’avez cruellement effrayée ce matin ; mais vous m’en avez bien dédomm.agée. Croyez qne notre reconnoissance et nos vœux vous suivront par-tout.
Je ne vois pas d’inconvénieMt à s’en défaire ainsi. — Définitivement ce sont des intrigj.ns, des aventuriers.
LE CORREGIDOR
C’est très-bien, c’est au mieux. Voilà un jugement qui fera du bruit. Ecrivez, mon gen,fdre , écrivez, ( Alvar écrit, puis h Ccrrégidor signe. )