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LES EMPOISONNEMENTS A ROME

cées, on les invita, à lilre d'essai, à boire leurs préparalions et elles en rnoururenl loules. Le procès fut continué contre leurs complices, qui furent condamnés, au nombre de soixante-dix. Avant ce jour il n'avait jamais été question à Rome d'empoisonnements. »

Plus tard, après les guerres civiles, les assassinats par empoisonnement se multiplièrent et Sylla édicta une loi, lex Cornelia de sicariis et veneficiis, qui dit: <.<.Alio senatus consullo eff'ectimi est^ ut piginentaj'ii, si, cuitenere cicutam, salamandram, aconitum, ]3ituocampas, aut buhrastim, mandragoram ; quod lustrmienti causa, dederint cantharidas, pœna teneantur hujus legis. » Les peines encourues étaient la déportation et la suppression de tous les biens.

Sous les empereurs, il y eut des empoisonneurs attachés pour ainsi dire à la maison impériale, telle fut Locuste qui composa le poison qui fit périr Britannicus.

Suétone rapporte ainsi cet empoisonnement (1) : « Une célèbre empoisonneuse, du nom de Locuste, fournit à Néron une potion dont l'effet trompa son impatience, et qui ne produisit chez Britannicus qu'un cours de ventre. Il fit venir cette femme et la frappa de sa main, lui reprochant d'avoir composé un remède au lieu d'un poison. Comme elle s'en excusait sur la nécessité de cacher un tel crime, « Sans doute, répondit-il ironiquement, je crains la loi « Julia (2) ; » et il la força à préparer dans son palais même devant lui, le poison le plus actif et le plus prompt qu'il lui serait possible. Il l'essaya sur un chevreau, qui vécut encore cinq heures; aussi le fit-il fortifier et recuire encore ; après quoi il le fit prendre à un marcassin, qui expira sur le champ. Alors Néron commanda déporter ce poison dans la salle à manger et de le donner à Britannicus, qui soupait à sa table. Le jeune prince tomba aussitôt qu'il en eut goûté; Néron dit aux convives que c'était une attaque d'é-

(1) Suétone, collection Nisard, 1865. Néro7i, ch. XXXIII

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empoiat)nneurs.

pilepsie, mal auquel il était sujet; et dès le lendemain il le fit ensevelir à la hâte et sans aucune cérémonie par une pluie battante. Quant à Locuste, elle reçut de lui, pour prix de ce service, l'impunité, des domaines considérables et même des disciples. »

Plus tard une empoisonneuse du nom de Canidie remplaça Locuste dans le service impérial.

Nous avons, d'ailleurs, peu de renseignements sur les poisons dont on se servait au temps de la République et de l'Empire romain. « En dehors des deux sulfures d'arsenic, dit Ogier, produits naturels qu'on appelait sandaraque et arsenic, il est certain que l'on a su de bonne heure isoler l'acide arsénieux et même l'arsenic métallique, soit par l'action de divers réactifs, soit par le grillage. » C'est ce qui résulte de la description détaillée qui fut donnée par Olympiodore au y'' siècle, et dont M. Berthelot a publié le résumé.

« L'arsenic (sulfuré) est une espèce de soufre qui se volatilise promptement : prenant de l'arsenic lamelleux couleur d'or, 14 onces, tu le coupes en morceaux, tu le porphyrises, puis tu le fais tremper dans du vinaigre, pendant deux ou trois jours et autant de nuits, la matière enfermée dans un vase à col étroit, afin qu'elle ne se dissipe pas ; puis décante et lave avec de l'eau pure jusqu'à ce que l'odeur du vinaigre ait disparu... Laisse la masse se dessécher et se contracter à l'air ; mélange et broie avec 5 onces de sel de Cappadoce. . . On opère ensuite dans un vase de verre luté, afin que l'arsenic ne se dissipe pas. Fais-le donc brûler à diverses reprises et pulvérise-le jusqu'à ce qu'il soit devenu blanc. On obtiendra ainsi de l'alun blanc et compact (acide arsénieux) (1) ».

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