‹ Les empoisonnements criminels et accidentelsChapitre 2 sur 96 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

La complexité de ces reclicrcbcs, leur délicatesse, les contradictions des résultats obtenus par des expérimentateurs qui parfois ne s'étaient pas placés dans des conditions identiques, ont eu pour conséquence de faire de la science des poisons une sorte de chapitre spécial séparé de la pathologie et qui semble réservé aux méditations des seuls médecins légistes.

Cette dissociation est une erreur dangereuse. Le médecin doit toujours penser à la possibilité d'une intoxication du malade qu'il soigne par l'ingestion ou l'inhalation de produits toxiques.

Ce diagnostic est souvent difficile, je le sais, mais il est très rarement fait par le médecin, surtout parce que son attention n'a pas été appelée sur la fréquence des accidents ayant cette origine.

Cette incertitude dans le diagnostic existe, même dans les cas où l'empoisonnement a une marche aiguë ou subaiguë, je n'en veux citer comme preuve que les cas si connus de Hélène Jegado, qui commit vingt-huit empoisonnements, de Mme Van den Linden, qui en commit cent deux. Des médecins avaient été appelés auprès des victimes, ils avaient méconnu la nature des accidents, et c'est par des circonstances étrangères à l'interprétation des sym^ ptômes observés que les crimes furent révélés. Cette incertitude dans le diagnostic est encore

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