‹ Les empoisonnements criminels et accidentelsChapitre 3 sur 96 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

plus grande lorsque la subslance nuisible ingérée l'a été à petites closes journalières, j'en citerai également deux exemples.

En 1887, à Hyères, un grand marchand de vins, voulant plâtrer sa vendange, jeta dans la cuve de fermentation, au lieu d'un sac de plâtre, un sac d'acide arsénieux. Ce vin servit à couper d'autres vins, qui contenaient depuis des traces jusqu'à Os\lQ d'arsenic par litre. 11 y eut quatre cents victimes et quatre morts, certainement dues à l'absorption du vin arsenical. Malgré le nombre des malades, atteints d'une intoxication identique dans sa cause, les diagnostics portés par les médecins traitants furent très différents, les uns attribuèrent les symptômes observés à une épidémie de grippe, d'autres à une épidémie de coqueluche, d'autres enfin pensèrent à l'acrodynie. Ce n'est qu'après plusieurs mois que le diagnostic exact fut porté.

L'an dernier, un fait identique s'est passé en Angleterre. Depuis le bill Gladstone, les brasseurs sont autorisés en Angleterre à fabriquer de la bière sans malt, ni houblon. Le glucose est interverti à l'aide de l'acide sulfurique ; au début, on se servit d'acide sulfurique pur, mais peu à peu, afin de produire à meilleur marché, les fabricants employèrent de l'acide sulfurique commercial impur, contenant de Os',97 à 16^30 d'acide arsénieux par litre. Cette

Page 1