‹ Les empoisonnements criminels et accidentelsChapitre 5 sur 96 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je viens de dire qu'à petites doses l'addition de l'arsenic au vin, à la bière, avait frappé mortellement des centaines de personnes, en avait rendu malades des milliers, sans que la pensée des médecins se fût arrêtée sur cette possibilité ; pense-t-on que lorsqu'il s'agit de troubles de la santé provoqués par le plâtrage dés vins, par l'addition de l'acide salicylique, de l'acide borique, de la saccharine à nos aliments, le diagnostic médical sera plus facile à poser? Je crois que, dans bon nombre de cas, il peut être établi, à condition que le médecin ait présente à l'esprit la possibilité de ces intoxications lentes, clandestines, évoluant sans provoquer d'éclat révélateur, aggravant sans bruit de jour en jour l'état du malade.

De cette étude ressort, suivant moi, une autre notion. Les personnes étrangères à la médecine s'imaginent qu'étant donnés deux individus de même âge, une dose déterminée d'une substance douée de propriétés médicamenteuses ou toxiques aura la même action. C'est là une conception antiscientifique.

Je laisse d'e côté les susceptibilités personnelles, aussi bien établies pour certains médicaments que pour certains aliments, ainsi que l'accoutumance à quelques toxiques (arsenicophages du Tyrol) et je dis que la dose active ou dangereuse est personnelle

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