VIII PRÉFACE
année une véritable épidémie éclata. Le nombre des malades a dépassé quatre mille et celui des morts trois cents. Les premières intoxications eurent lieu au mois de mai et ce n'est qu'au mois de novembre, c'est-à-dire sept mois plus tard, que le diagnostic d'intoxication arsenicale fut posé.
Dans les quatre exemples que je viens de citer, d'empoisonnement aigu ou chronique, le poison était l'arsenic, le mieux connu de tous dans ses effets, dans ses lésions, le plus facile à reconnaître par l'analyse chimique. Il avait frappé un grand nombre de personnes, et pourtant les médecins n'avaient pas réussi à diagnostiquer la nature de la maladie, parce que leurs préoccupations cliniques ne sont pas dirigées de ce côté.
Je voudrais modifier cet état d'esprit médical.
Je sais que l'empoisonnement criminel diminue en France. En 1845, il y avait chaque année cinquante accusations au criminel; actuellement il n'y en a plus que dix.
Mais si cette progression décroissante peut nous réjouir, nous sommes obligés de dire que les empoisonnements accidentels sont de tous les jours. Je laisse de côté les erreurs des malades, des médecins ou des pharmaciens, j'appelle l'attention sur les intoxications par l'addition journalière des substances antiseptiques ou autres aux aliments.