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ADJONCTION DE FORMOL AUX ALIMENTS

des vins, des vermouts, et des beurres. Pour le vin rouge, on préfère le fluosilicate de sodium, à la dose de 20 à 23 grammes par hectolitre.

j. — Oxyde de carbone.

L'emploi de ce gaz mélangé à l'acide sulfureux a été préconisé en Angleterre par le D' Gangel pour la conservation des viandes.

L'animal dont on veut conserver la viande est asphyxié à l'aide de l'oxyde de carbone, puis les quartiers de viande qu'il fournit sont transportés aussitôt après le dépeçage, dans une atmosphère composée d'un mélange d'oxyde de carbone et d'acide sulfureux, où ils sont laissés pendant huit jours.

La viande ainsi traitée se conserve, en ce sens qu'elle ne se putréfie pas, mais elle subit une décomposition spéciale, elle est noirâtre, peu appétissante et pour ces raisons je doute que cette méthode de conservation, bien que venant de l'étranger, ait chance de s'acclimater en France.

M.ScoUaz emploie une autre méthode : aussitôt après la mort, il injecte de l'oxyde de carbone dans le ventricule gauche du cœur, puis, dès le dépeçage, les morceaux sont plongés dans un milieu très complexe composé de bicarbonate de soude, d'acide sulfureux, de phénol, d'acides benzoïque et salicylique.

La plupart des produits qui composent ce mélange conservateur sont considérés comme nuisibles par les hygiénistes, leur mélange ne saurait être accepté.

k. — Aldéhyde formique et formol.

L'aldéhyde formique se trouve dans le commerce sous le nom de formol, en solution à 40 p. 100 le plus souvent impure et contenant de l'acide acétique, de l'acide formique, des produits pyroligneux, des sels de cuivre solubles provenant de la fabrication.

Le formol est un très bon antiseptique; à la dose de

1 p. 5 0U0, il arrête la putréfaction du bouillon de viande. A 1 p. 12 000, il en empêche la décomposition.

Au point de vue de son action physiologique, les avis sont très partagés, dit M. Bordas (1). M. Trillat le considère comme non nuisible, les animaux pouvant vivre pendant longtemps dans une atmosphère de formol sans en paraître incommodés; d'autre part, l'ingestion de formol n'est pas très dangereuse. Des malades ont pu en absorber jusqu'à 5 grammes sans en ressentir aucune gêne. André (2) rapporte l'observation d'une dame qui avait absorbé par inadvertance une cuillerée de formol ordinaire. On lui administra quelques cuillerées d'esprit de Mindererus, solution officinale d'acétate d'ammoniaque, dilué dans un égal volume d'eau; l'amélioration fut presque immédiate.

D'après les expériences de M. Linossier (de Lyon), le formol peut rendre des services pour l'antisepsie intestinale; M. Linossier admet que le formol exerce sur la digestion une influence retardante, surtout marquée sur la digestion pancréatique des matières albuminoïdes (3). Schutzenberger pense que le formol présente sur les autres antiseptiques l'avantage de fournir avec des matières organiques des combinaisons insolubles qu'on ne saurait considérer comme des poisons. — Il reste à déterminer ce qu'elles deviennent dans l'économie.

Buch et Van der Linden sont d'un avis opposé. Pour ces auteurs, le formol serait un poison du système nerveux central, portant principalement son action sur les centres de la moelle allongée, ainsi que sur les centres réQexes de la moelle. Par expérimentation sur des lapins, Aronson a constaté que le formol, bien que dix-huit fois moins toxique que le sublimé, déterminait cependant de la diarrhée.

(1) Bordas, Rapport au X" Congrès d'hygiène et de démographie. Pa-

"('arAndré. Empoisonnement par le formol [Journ. de pharm. et de cWr., 1899, t. X, p. 10). ^. ,„ /;,„v/7n

(3) Linossier, Action du formol sur la digestion [Soc. de t/ietap.,

3= série, t. III, 1898, p. 251.

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Un autre point est intéressant, l'aldéhyde formique du commerce en solution à 40 p. 100 est plus ou moins polymérique et contient de la paraformaldhéhyde et du Irioxyméthylène ; ce dernier corps, administré en pilules, •occasionne des vomissements et lait disparaître très rapidement l'appétit.

Le professeur Arm. Gautier fut appelé à présenter devant le Conseil d'hygiène publique et de salubrité un rapport sur un nouveau conservateur « le Formalin ». A son avis, si le formol peut être considéré comme un excellent antiseptique pour les locaux souillés, son emploi doit être interdit pour la conservation des substances alimentaires, et cette opinion a été adoptée par le Conseil d'hygiène dans sa séance du 16 novembre 1896 (1).

De même, le D"" Dubrisay (2) proposa au Comité d'hygiène de répondre à M. le ministre qu'il y avai t lieu de réprimer la vente des aliments contenant du formalin ; ces conclusions furent approuvées par le Comité consultatif d'hygiène publique de France le S juillet 1897 et consacrées par une circulaire du garde des sceaux aux procureurs généraux en date du 30 septembre 1897 et du ministre de l'Intérieur aux préfets en date du 18 octobre 1897.

l. — Abrastol.

L'abrastol, appelé aussi asparol et acide ^-?iaphtol sulfurique, est le sel de calcium du sulfate de naphtyle. Il fut employé en 1893, peu après sa découverte, par Yvan Barry, .pour la conservation des vins d'Algérie atteints d'un commencement d'acescence. La dose employée est de 10 grammes par hectolitre. Son pouvoir antiseptique est dû au p-naphtol qu'il renferme et au sulfate de chaux.

(1) Arm. Gautier, Sur un nouvel antiseptique « le Formalin « [Conseil cPhijg. publique et de salubrité', séance du 16 nov. 1896). • (2) Dubrisay, Rapport [Recueil des Travaux du Conseil consultatif, 1879, t. XXVII, p. 54 et Circulaires [Ibid. p. 385 et 386). — Voir pièce no 23. IV

Nous résumons dans le tableau ci-dessous les noms des divers antiseptiques employés dans les falsifications des substances alimentaires.

Noms sous lesquels on trouve clans te commerce les principaux antiseptiques employés pour la conservation des substances alimentaires.

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