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ACIDE BORIQUE ET BORAX

Les chiens adultes refusaient la pâtée additionnée de borax au bout de huit à dix jours, et il devenait absolument inopossible de leur faire absorber des aliments contenant de 2 à 3 grammes de ce sel. L'ingestion au moyen de la sonde œsophagienne était suivie de vomissements, et il fallait cesser les expériences, qui se seraient terminées par l'inanition.

Dans les digestions artificielles, on observe que l'addition d'acide borique à la solution chlorhydrique de pepsine entrave notablement l'action de cette dernière. Le borax, ajouté aux liqueurs pancréatiques alcalines à la dose de 5 p. 100, a presque constamment diminué, dans une notable proportion, la quantité d'aliments digérée.

Si l'on rapproche des quelques accidents observés sur l'homme ce trouble apporté par l'intervention du borax et de l'acide borique dans l'un des actes les plus importants de la digestion, quelque imparfaites que soient ces expériences par rapport à la complexité des phénomènes digestifs, et, si l'on y joint l'action antiseptique bien avérée du borax et de l'acide borique, on doit en conclure que l'innocuité de ces composés est loin d'être absolument démontrée, et que leur absorption continue, même à petites doses, peut èire de nature à causer un préjudice plus ou moins grave à la santé des consommateurs.

Aussi votre Commission vous propose-t-elle d'émettre l'avis que l'emploi du borax ou de l'acide borique ne saurait être autorisé pour la conservation des substances alimentaires.

Conclusion approuvée par le Comité consultatif d'hygiène picbiique de France, dans sa séance du 28 décembre .

EXPÉRIENCES EFFECTUÉES AU LABORATOIRE DU COMITÉ CONSULTATIF d'hygiène publique de FRANCE.

Conditions dans lesquelles ont été effectuées les digestions pepsiques

et pancréatiques.

« Toutes les opérations ont été effectuées sur '6 grammes d'aliments.

« La matière sèche est évaluée, d'après le résidu laissé par S grammes d'aliments après vingt-quatre heures d'étuve, à la température de 110°.

« Les digestions ont été effectuées dans les conditions suivantes : 5 grammes d'aliments divisés en petits morceaux sont mis dans un verre de Bohême muni d'un agitateur et d'un cou-

vérole de verre. On verse dans chaque essai les différents liquides, autant que possible dans le môme temps. Le tout est placé dans une éluve à 37". On surveille la marclie des digestions et on met de temps en temps les aliments en suspension dans le liquide à l'aide de l'agitateur.

« Toutes les digestions pepsiques ou pancréatiques sont restées Irente-six heures ou dix-neuf heures à l'étuve. Le tableau (p. 533) donne ces indications.

« Les digestions dans la pepsine chlor hydrique sont faites avec 60 centimètres cubes d'acide chloiliydrique à 5 p. 1 000, plus 2b centigrammes de pepsine boudault pour chaque opération.

« Les liquides pancréatiques de bœuf et de porc ont été préparés de la façon suivante :

« Les pancréas, prélevés sur des animaux fraîchement abattus, le jour même de l'expérience, et transportés au laboratoire entourés de glace, sont triturés, avec leur poids de glace concassée jusqu'à ce que l'on obtienne une pâte homogène. On presse la masse à 5 000 kilogrammes.

« Les liquides oblenus sont abandonnés à eux-mêmes, mais toujours entourés de glace. On décante la partie claire.

« On met, pour chaque digestion pancréatique, 50 centimètres cubes d'une solution de bicarbonate de soude à 5 p. 1 000, plus un volume de liquide pancréatique représentant 20 grammes de glande.

« Les extraits glycériques sont ainsi préparés :

« Aux pancréas fraîchement recueillis et triturés, on ajoute un poids égal d'acide chlorhydrique à 1 p. 1 000, puis 20 p. 100 de glycérine. On laisse macérer quatre-vingt-seize heures dans un endroit frais. On filtre et on presse.

it Ou met, pour chaque digestion : 50 centimètres cubes d'une solution de bicarbonate de soude à 5 p. 1000, plus un volume de liquide pancréatique (extrait glycérique) représentant 20 grammes de glande.

« On sépare par filtration sur doubles filtres tarés, la partie non digérée du liquide, et on évalue son poids sec après vingt-quatre heures d'étuve à 110° (1). »

(1) Recueil des travaux du Comité consultatif d'/iygi'ene, t. XXI, p. 649.

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