‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 133 sur 143 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après l'examen des considérations précédentes doit-on conclure, en désespoir de cause, à l’inutilité de tout effort pour sortir de l'embarras où la plus injuste des guerres a plongé la. France? Le pessimisme ne peut être admis et l’on doit faire confiance au pays, dont la ténacité et l’héroïsme en guerre, ont fait l'admiration du monde. Actuellement, :l faut regarder en face le problème avec la ferme résolution d'y apporter une solution. Cette solutionexiste; les dépenses ont dépassé les moyens réels du pays, aucune méthode arbitraire, aucun remède compliqué ne sauraient, par un jeu d'écriture, remplacer les milliards dissipés dans la fumée des batailles. Ni l'emprunt, ni le crédit, pas plus que la confiscation. partielle des patrimoines ne nous les feront retrouver.

Malgré les pertesconsidérables quela France a subies, il lui reste un sol riche, une industrie qui redemande à être prospère, un peuple généreux. Le travail et l’économie sont les seules perspectives vers lesquelles on peut se tourner sans risquer de désillusions.

Le Travail ne doit pas être confondu avec la fièvre de spéculation qui, depuis la guerre, a suscité puis dévoré tant de nouvelles entreprises.

Actuellement une crise die apporte de nouvelles difficultés, le Gouvernement doit y veiller. Il faut encourager le travail et favoriser ceux qui encontribuant au réta-

blissement de la fortune privée, contribuent en même temps à l'enrichissement de la nation.

Une sévère économie est également nécessaire. Economie publique d’abord; les budgets prochains devront être entièrement équilibrés par des ressources ordinaires. Il faut que les administrations sachent au besoin s'imposer elles aussi des privations.

Economie privée ensuite; que tous les citoyens sachent qu’ils n'ont pas le droit d'ignorer la détresse actuelle; que ceux qui seraient tentés de l'oublier soient frappés d'impôts justes et nécessaires. |

Le grand devoir du législateur consiste à prendre les mesures indispensables pour assurer, libre detoutes entraves, le large développement économique du pays, à prévoir les débouchés qu'implique l'écoulement rémunérateur de la production, à se procurer les ressources qui lui sont nécessaires par une. politique fiscale prudente qui ménagera l'épargne nationale et frappera lés profits du travail et du capital.

Lorsque ces conditions auront été réalisées la solutiondu problème sera proche; un amortissement rigoureux devra être poursuivi et la Dette de guerre, dans un demi-siècle, pourra avoir cessé d'exister.

Vu: Le Président de la thèse. Vu : Le Doven.

Montpellier, le 31 mai 1921. Montpellier, le 31 mai 192r. Juzes VALERY. Juzes VALÉRY.

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