DÉPENSES NT
DR
I. — Entretien de l'Armée (total)...11.546.167| 648.167| 296.949! 169.650! 154.445
IT. — Service de la Justice militaire (y compris le fonds des pen- SIONS AR RER 649 308 118 Fo 184
III. — Entretien de ÿ la Marine (total).| 450.711| 317.440 39.974 20.675 19.977
IV: — Service des Colonies (y compris le fond de pension pour les troupes d’occu- DAtION)ITE EEE 24.454 29.643 24.957 1.971 1.832
pannes |
lotal ere 2.021 981| 988.558] 287.598] 199.448| 172,738
(1) Denkschrift des Reichsministers ne Finanzen Schifler über « Die Ernie des Detschen Reichs în den Rechnungsjahren, » 1914-1918 vom, 12: marz be Docu ments de l’Assemblée Nationale n° 158.
Sur ces services compris au budget normal en temps de paix on trouve, en 1917, une dimiaution de près de deux milliards de marks, ces dépenses ayant été peu à peu éliminées pour être reportées au budget extraordinaire, alimenté par l'emprunt. Si l’on considère les autres dépenses inscrites au budget ordinaire, on trouve en 1913, 195,942 millions de marks, contre 220,203 (non compris les intérêts et l'amortissement de la Détte) en 1917. Les chiffres n'ont presque point varié.
C'est ainsi que l'équilibre du budget ordinaire y compris le service de la dette a été obtenu. ; L'Allemagne présentait cependant une capacité fiscale qui aurait pu être immédiatement utilisée ; M. Rist fait le tableau suivant de la situation privilégiée du contribuable Allemand (1). D’après la comparaison faite par Kaufman en 1902 et refaite en 1913 en tenant compte de part et d’autre de la progression des impôts, le revenu moyen d'un sujet de l'Empire subissait un prélèvement de 10 °/. En France, à la même époque, la charge totale était de 15 2/4. Les dépenses de l'empire étaient certes élevées, mais dans les budgets, les recettes comprenaient 53 °/, de recettes industrielles et commerciales et pour un montant correspondant de dépenses de même nature. Ainsi allégées, les dépenses ne dépassaient guère $ milhards, dont une fraction seulement devait être demandée à l'impôt. Le territoire allemand était intact et par suite de la prévision des hostilités rien ne s’opposait à une élévation des revenus fiscaux. Si l'Allemagne ne s’y est pas résolue durant la première phase de sa politique, c'est qu'elle ne l’a pas voulu, comme le disait le ministre Hellferich; et les motifs qui l'ont poussée à écarter cette source de recettes, proviennent de Îa conception allemande de la guerre. Le Gouvernement
(1) Ch. Ris, Les finances de guerre de l'Allemagne, Payot, Paris, 1921.
escomptait la brièveté des opérations militaires, et dans le grand coup qu'il voulait frapper, il ne voulait point énerver l’effort du peuplé allemand. Un grand emprunt financerait la guerre et une indemnité compenserait ensuite et au delà, la liquidation.
Raisons économiques permettant en Allemagne l’émission immédiate d’un grand emprunt de guerre.
L'on jugeait, avec raison, que la situation de l'Empire permettait une vaste émission peu après l'ouverture des hostilités ; l'on a vu en France les motifs qui s'y opposaiént, voici maintenant les raisons de la possibilité de cette opération en Allemagne. :
Les fonds d'Etat trouvaient difficilement preneurs en temps de paix, les hostilités ont complètement changé la face des choses. L'épargne allemande était importante, mais trouvait dans les entreprises industrielles et commerciales un débouché d’un revenu très supérieur ; les dividendes des entreprises se transformaient en agrandissement, développement des usines et du matériel. La guerre est survenue arrêtant ce développement et la partie des revenus ainsi primitivement employée est devenue disponible pour l'Etat.
Une deuxième ressource allait également s'offrir à lemprunt. Par suite du blocus, le commerce extérieur était à peu prés arrêté, le capital circulant qui y était utilisé et les bénéfices qui en avaient été retirés, privés momentanément d'emplois, pouvaient sans inconvénient, deux mois après la déclaration de guerre, refluer vers le Trésor. |
Nous ne connaissons pas de statistiques du commerce extérieur de l'Allemagne durant la guerre; d’après le tableau des balances du commerce, de la Banque Nationale Suisse, en 1913 les importations s’élevaient 4 11.206 mil-
lions, contre 10,199 d’exportations ; selon ses estimations ces chiffres seraient tombés, avec la guerre, respectivement à 2 milliards 1/2 environ pour les importations, et 1 mil- Hard 1/2 environ pour les exportations ; on peut juger d'après cette marge de la quantité de capitaux ainsi rendus disponibles.
Il n'a été fait qu'une application très limitée du moratorium, les créances ont pu ainsi être assez aisément liquidées ; comme d'autre part les affaires ne se renouvelaient plus, il y avait encore là des réserves qui s'offraient au Trésor.
Jusqu'à la révolution, des grands emprunts ont été le pivot de la politique financière allemande, méthode que M. Hellferich définissait ainsi : un cercle parcouru par l’argent et au cours duquel l'argent dépensé par l'Etat se rassemble aux mains des producteurs,devient capital,et retourne à l'Etat par la voie des emprunts. Nous donnons ci-après les réflexions que ce système a suggérées à un Allemand. . « Assurément l'importance de la richesse d’une nation donne comme un point d'arrêt, d’où l'on peut se placer pour juger de sa puissance économique et d’où l’on peut conclure valablement sur ce qu’on peut en tirer pour le crédit de - l'Etat. Mais cette considération à elle seule n’est pas décisive; si la richesse nationale doit en temps de guerre être disponible pour lesgrands emprunts que l'Etat émet, sa liquidité, c'est-à-dire le rapport entre les capitaux immobilisés et les capitaux mobiles, entre aussi en ligne de compte, et encore, la proportion de ces derniers qui peuvent être rendus liquides en vue des grands emprunts. D'autre part, l'expérience de la présente guerre démontre le danger des placements à l'étranger, de même qu’elle prouve combien grande est la force reproductive économique des peuples. Un Etat qui a la bonne fortune de pouvoir restituer les énormes dépenses que la guerre entraîne, pour la plus grande partie
TONER
du moins, à sa production nationale et qui est par suite en état de remplir les réservoirs d’où coulent les revenus nationaux, pourra satisfaire ses besoins de crédit beaucoup plus facilement que tel autre qui sera obligé d'expatrier des sommes considérables pour ses fournitures de guerre. Les véritables causes du succès considérable de la politique financière allemande sont les suivantes : elles résident dans les préparatifs commencés* à temps et poursuivis d'une manière appropriée en matière monctaire et en matière de crédit; dans la force de production et d'organisation du système économique allemand, qui à la place des débouchés perdus, a su créer en. territoire national et à l’étranger, de nouvelles sources de profits rémunérateurs; dans la fermeture des marchés étrangers, qui a diminué l'écoulement de l'argent à l'extérieur et a empêché l’Aflemagne de s’endetter vis-à-vis de l’étranger.
Puisque l'argent recueilli par l’Etatau moyen des emprunts de guerre retourne dans une proportion énorme, à l’industrie, à l’agriculture, à la main-d'œuvre nationale, pendant que d’autre part le renoncement au superflu favorise malgré la cherté du coût de la vie, l'épargne, le réservoir d’où sortent les revenus nationaux, ne cesse de se remplir. » (Th. von Eheberg. Kriegs finanxen, 1917, pp. 17, 18, 31.)