‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 20 sur 143 · NOR TT · texte numérisé non relu

NOR TT

en France et en Allemagne. Le principe était de faire essentiellement face aux dépenses de guerre avec des emprunts, mais, tradition qui remonte au début du Risorgimento poliüque, en faisant précéder toute stipulation d'emprunt, de la création de ressources correspondant au service des intérôts. IT faut reconnaître ici un réel effort en vue de s'assurer de saines finances. | |

Le 14 décembre 1916, M. Paolo Carcano, ministre du Trésor, dans son exposé financier, traçait les résultats de cette ligne de conduite. |

« En résumant donc les prévisions touchant l'exercice 1917 que nous venons d'exposer, on constate ce qui suit : la catégorie des recettes et des dépenses effectives accuse un excédent de 525 millions; le «mouvement des fonds » présente, lui aussi, un excédent de 69 millions, d'où pour le total des recettes et des dépenses un excédent de 594 millions (bien entendu relativement aux dépenses normales). Une remarque qui a son importance, au sujet de cet excédent de recettes estimé à 525 millions par rapport aux dépenses effectives, c’est qu'il s'affirme après qu'on a grevé le budget de 655 millions pour pourvoir aux intérêts des trois emprunts nationaux 4,50 °/, et 5 °/,, des bons du Trésor de différents types: bons émis pour acquitter les fournitures militaires, bons spéciaux placés à l'étranger, bons à 3 et s ans, et enfin pour payer l'intérêt dû à nos établissements d'émission pour les sommes qu'ilsont mis à la disposition de l'Etat.

« Quant aux nouvelles dettes qu'il faudra contracter pour faire face aux besoins de la guerre, il y a heu de noter que les intérêts y afférents sont, d'ores et déjà, couverts par l'excédent présumé qui figure au budget, soit plus d’un demimilliard. De sorte que les contribuables ont raison d’entrevoir une longue période de trêve, même dans l'hypothèse que la guerre durera encore longtemps. »

Un peu plus loin il ajoutait : « Le Parlement et le pays, en suivant une politique financière précise qui reçut l'assentiment général, ont coopérés ensemble pour faire face aux besoins du Trésor, par l'application de nouveaux impôts que les contribuables ont généreusement acceptés et par des appels au crédit s'adressant aux capitalistes et à l'épargne, sous des formes différentes et enfin un recours relativement faible à l'émission de billets. De cette manière, tandis qu'on assurait les fonds affectés au service des intérêts des sommes empruntées, on gardait intacte, auprès de l'opinion publique, la forte base de notre organisme financier. »

Le professeur Einaudi constatait que la caractéristique des finances de guerre de l'Italie était remarquable par : « le zèle louable pour procurer au Trésor les'sommes nécessaires pour le service des emprunts de guerre, préoccupation maxima des ministres du Trésor et des finances. Préoccupation saine et louable: sans doute. Ainsi seulement le crédit se maintient et l'Etat peut obtenir par l'emprunt les sommes gigantesques dont il a besoin pour la conduite de la guerre. » |

Malheureusement, on ne trouve pas en Italie, jusqu’à la fin de 1918, une véritable politique fiscale; sans entrer dans le détail, l’on doit retenir que les ministres italiens, hypnotisés par la nécessité d'assurer les intérêts de la dette, ont en grand hâte superposé des impôts sur des impôts, simplement pour faire chiffre, et sans aucun plan arrêté. Un autre pays ne s'en serait peut-être point accommodé. On peut se faire une idée de la véritable pluie de taxes qui tombait sur le contribuable italien, en songeant que du mois d'octobre. ‘1914 au mois de novembre 1916 il n’y eut pas moins de 38 taxes nouvelles ou augmentations de tarifs.

Maintenir les revenus de l'Etat à une hauteur telle qu’elle permit de couvrir toutes les dépenses ordinaires et de garantir aux créanciers les intérêts des dettes publiques, a été un

| RMS

principe que Fltalie mit en œuvre effectivement, avec un seul autre belligérant, l'Angleterre. Seule l'Angleterre, proportionnellement, présente la même vigueur de taxation immédiate que l'Italie, mais avec un plan fiscal beaucoup mieux arrêté.

Le tableau suivant des principales augmentations donne la proportion de l'accroissement des ressources fiscales en Italie:

Page 1