II. — PLACEMENT DES CAPITAUX NATIONAUX EN ANGLETERRE
(en milliers de livres sterling)
1913 1917 1918 Prêts au Gouvernement... 1... » 1.297.820/1 .342.962 AUX (COlONIES SERRES ENTER 96.978 .7 13.871 4.750 — — Gouvernements étrangers.| 26.158.2 » 14.790 = MUNICIpAlItTÉS". LA 920 » 995 — — Chemins de fer anglais....| 1.018.8 » »
— — — —— coloniaux | 14.94 » 990 re En — étrangers.| 28.038.7 +» 820 MS DCICIÉS MINCE Re 080 » 304.3 — — — financières: ...:. 7.493:9 » »
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— — —- industrielles. ... ho 1.378 4.2563 = — — pour la Gomme... .275. : & — — — pour le Pétrole..| 5.9265.4 1.128 1.725 — — — Sidérurg.etMétal.| 6.418.5 885 11825191 RC CLS Electriques .. .... 6.916.4 214 DAA1ES — — — des Tramways...| 4.710.2 100 14587 Es Le LE des Automobiles..| 41.028.2 554 663.7 — — — Docks et Navigat.| 2.965.2 » 120 —— — Banque et Assur.| 4.494.1 4.500 2,806.6 re == Diverses......... 15. 177.4 1.150 4.406 .2
(Let IT) Tableaux empruntés au Mouvement économique de l'Îtalie. Banque Commerciale italienne, Milan. - :
-IV. — La Méthode Anglaise.
Recours à l'emprunt dans la mesure où l'impôt ne peut suffire, — Exposés de MM. Lloyd George, Mac Kenna et Bonar Law. — La situation économique
de l’Angleterre. — Critique de la politique anglaise. — Opinion de M. Hartley Withers dans l’Economist.
L’exposé de la politique anglaise a été réservé jusqu’après l'examen de la première phase des politiques française, italienne et allemande ; tandis qu'il faudra revenir sur ces dernières, on peut déjà indiquer que la méthode financière anglaise s'est déroulée avec une extrême régularité dans ses grandes lignes, jusqu'à la fin des hostilités et même au delà, quoique, au point de vue du détail de ses opérations d’emprunt, elle ait marqué, plus que toute autre, de fréquentes hésitations.
Le principe fondamental de la politique financière anglaise est le recours à l'impôt dans la plus large mesure possible ; il n’est fait appel à l'emprunt que lorsqu'on a demandé à l'impôt tout ce qu'il pouvait raisonnablement donner. Dans la mesure où on fait appel au crédit, on utilise l'emprunt à courte échéance, et ensuite l'emprunt amortissable très rapidement, car c'est la génération présente qui doit supporter les dépenses de la guerre.
Le premier document concernant la politique financiere, est le budget speech prononcé par le chancelier de l'Echiquier; M. Lloyd George, devant la Chambre des Communes, le 17 novembre 1914. M. Lloyd George pose nettement la question : « Convient-il d'en couvrir une partie (des dépenses de gucrre) et, dans ce cas, quelle proportion au moyen d'impôts ? Si nous n’établissons pas d'impôts et d'impôts lourds, ce sera, pour la première fois, un abandon grave
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des traditions d'honneur ctablies et, jusqu'ici, suivies par ce pays, pour chacune des guerres où il a été engagé. » Et, examinant les précédents, il rappelle les guerres de la fin du xviie et du commencement du xix° siècles contre la France, la guerre de Crimée, dont les dépenses, pour la moitié environ, furent couvertes par l'impôt, et, d’après la situation comparée de la richesse du pays à l'époque et aujourd'hui, il conclut qu’en appliquant les mêmes tarifs que Pitt en 1798, l'Angleterre pourrait lever par « lincometax » des recettes jusqu'à la somme considérable de 700.000.000 liv. st. C’est grâce à cet héroïsme fiscal que l'Angleterre ne paie point l'intérêt des dettes qu'il aurait été nécessaire de contracter à cette époque.
Le Chancelier continuait dans les termes suivants, particulièrement intéressants à rappeler aujourd’hui : « Ceci est également vrai actuellement ; je pourrais transposer cette phrase et dire à mon-tour : ne pouvez-vous faire cet effort, alors que sir John French et ses armées ajoutent de nouveaux lauriers à l’histoire militaire de votre pays? Pourquoi ne feriez-vous pas en 1914 ce que vos pères ont fait en 1798 et en 1894; quétaient leurs ressources, comparées aux vôtres ? Les arguments employés par Pitt, puis par Gladstone, et plus tard par lord Saint-Aldwyn, lorsqu'il était chancelier de l’Echiquier, s'appliquent exactement aujourd'hui. pue
QIl ne faut pas l'oublier, une grosse augmentation des impôts est rendue inévitable par la guerre. Il y aura à payer les intérêts du « Sinking fund » ; il y aura accroissement de la liste des pensions ; il y aura l’augmentation inévitable des allocations aux mobilisés ; et moins on se procurera d'argent pendant la guerre au moyen d'impôts, plus lourds seront les impôts après la guerre. »
M. Lloyd George estimait que la prudence commandait d'agir comme si la guerre devait durer longtemps, et par-
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conséquent, 1l ne s'agissait pas d'en renvoyer la liquidation après les hostilités, mais de la préparer immédiatement. On peut mesurer dès à présent la profonde différence qui existe entre les conceptions de la France et de l'Allemagne d’une part, celle de l'Angleterre d'autre part.
Dans le même discours, ces idées étaient reprises sous une forme plus énergique : «Il est plus facile de lever des impôts en temps de guerre et de les réduire en temps de paix, que d'établir en temps de paix les impôts même les plus faibles. La guerre est une époque de sacrifices pour les nations. » 5
Relativement à la France, le chancelier faisait justement remarquer, que si le territoire de l'Angleterre était intact, si son commerce avait peu souffert, si les marchés du monde lui étaient ouverts au moment où elle n'avait plus à craindre la concurrence allemande, la France au contraire était soumise à l'invasion, Son commerce arrêté, une partie importante de ses établissements industriels aux mains des Allemands, et que par-millions, l'élite de la nation avait été appelée sous les armes. Peut-on affirmer que dans la première phase précédemment exposée de la politique française, le meilleur eût été d’imiter celle de M. Lloyd George ? Dans la suite, au contraire, il est indiscutable que l’on à eu tort de ne pas prévoir et de renvoyer d'office tout effort après la conclusion de la paix. 4
Puisque nous faisons une comparaison, en l'étendant, à l'Allemagne, on s'aperçoit que c'est là que la plus lourde érreur à été commise : elle n’a pas prévu, l'orgueil germanique devait certainement l'en empêcher, et M. Hellferich peut aujourd'hui méditer ses paroles quand il disait si Tegèment : « Les impôts ? nous y ferons appel quand nous en aurons besoin » au moment où toute sa confiance reposait sur le fonctionnement, remarquable sans doute, des emprunts d'Empire. L'erreur est rendue plus señsible par le