‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 32 sur 143 · TE · texte numérisé non relu

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dustrie, après la crise résultant de la déclaration de guerre. M. Raoul Péret, dans son rapport du 8 juin 1916 (D. P., 11° législature, n° 2.194) constatait l'effort réalisé par le pays: pour la reprise des transactions, soit à l’intérieur, soit à l'étranger. Les statistiques du commerce extérieur étaient satisfaisantes et le mouvement du commerce intérieur, en corrélation avec le mouvement des chemins de fer français, fourni par le Ministère des Travaux Publics, accusait une augmentation sensible dans les mois de janvier, février, mars 1916, par rapport aux mois correspondants de 1915. Relativement au commerce extérieur, d’après les statistiques du ministère des finances, il résultait pour le premier tri- -mestre 1916, par rapport à la même période de 1915, une augmentation aux importations de 559 millions, contre une augmentation aux exportations de 144 millions; évidemment ces résultats étaient dus, avant tout, aux importations effectuées par l'Etat pour les besoins de la défense nationale. Cependant, d’après M. R. Péret, la reprise de l’industrie avait une certaine part dans l'augmentation des 305$ millions qu’accusaient les entrées de matières premières, dont on trouve la preuve dans la diminution des importations des produits manufacturés. En ce qui concerne les exporta- ‘tions, qui portaient presque exclusivement sur des objets fabriqués, un accroissement démontrait une reprise de V'activité industrielle. En fait, l'exportation française dans les trois premiers mois de 1916 était d'environ la moitié de la normale (796 millions au lieu de 1.639, en 1913).

Le mouvement de la navigation durant la même période était satisfaisant et bien qu'il n'atteignit point l'ampleur habituelle, il accusait des augmentations qui paraissaient en rapport avec la reprise des affaires, réserve faite d’ailleurs du trafic auquel donnaient lieu les besoins de la guerre. Les documents douaniers indiquent une entrée pour le premier trimestre de 7.230 navires jaugeant 5.825.000 tonneaux, au

lieu de 5.466 navires jaugeant 5.205.000 tonneaux, soit une augmentation d'entrées de 1.764 navires et de 619.000 tonneaux de jauge.

À Ja sortie des navires français et étrangers, l’augmentation est cependant beaucoup moins importante, sur un trafic lui-même beaucoup plus réduit, on compte en effét à la sortie 2.410 navires jaugeant 2.125.000 tonneaux au lieu de 2.325 Jaugeant 2.240.000 tonneaux, soit une augmentation de 85 navires, mais avec une diminution de 114.000 tonneaux portant sur les navires français.

Les rapports du gouverneur de la Banque de France, aux assemblées générales des actionnaires, montrent la même note optimiste jusqu'en 1917. |

Le 27 janvier 1916, il s'exprimait en ces termes:

«L'année qui vient de s'écouler a été marquée par la reprise d'une activité progressive dans les diverses manifestations de notre vie financière et économique. La circulation des capitaux, paralysée par la déclaration de guerre, s’est rétablie peu à peu, à la suite de l’heureuse décision prise par les Etablissements de crédit et la plupart des Banques de renoncer au moratorium des dépôts et comptes courants. La Bourse poursuit graduellement la liquidation des engagements à terme antérieur au 31 juillet 1914; les transactions au comptant s'y traitent dans des conditions satisfaisantes.

« Notre agriculture, surprise par une brusque agression en plein labeur pacifique, a su, dès le début de la guerre et malgré des” difficultés sans nombre, s'organiser pour préserver un des éléments essentiels de la richesse nationale. Grâce à l’aide mutuelle que se sont prêtée les populations rurales dans un admirable mouvement de solidarité, les travaux dés champs ont été exécutés partout jusque aux abords de la ligne de feu. Aussi la récolte des céréales, en 191$, n'a-t-elle été que peu inférieure à la moyenne. Néan-

moins l'absence du contingent habituellement fourni par nos départements du Nord et de l'Est, notamment en ce qui concerne le blé et le sucre, nous oblige à recourir à l'étranger pour une part importante de notre approvisionnement.

« L'Industrie et le Commerce ont également bénéficié d’un | renouveau d'activité : maints indices permettent d'en constater les progrès. C’est ainsi que les recettes des Chemins de fer accusent pour les réseaux dont l'exploitation se poursuit en dehors de la zone des armées, une augmentation du trafic commercial, lequel se rapproche graduellement des chiffres antérieurs à la guerre. Les enquêtes périodiques. du Ministère du Travail font apparaître une réduction très mar-

quée du nombre des usines et maisons de commerce qui

n'ont pas repris leur exploitation.

« En même temps que se rouvraient les usines fermées au début des hostilités, il s’en est fondé de nouvelles, dues, pour la plupart, à l'initiative d'industriels des régions envahies, que la prolongation de la guerre incite à créer des installations temporaires ou définitives sur d’autres points du territoire. Sans doute le mouvement productif se concentre principalement sur la fabrication du matériel de guerre et

des munitions dont l'abondance est une des conditions de

e la victoire, mais on constate également d’heureux efforts

pour augmenter, autant que le permettent les difficultés de main-d'œuvre et de transport, la production d’autres industries.

« Aussi bien, une partie de l’activité déployée dans les industries de guerre contribue-t-elle, par le développement et le perfectionnement de l'outillage. à préparer l'essor économique qui suivra la conclusion de la paix. C’est ainsi, notamment, que la métallurgie accroit le nombre de ses hauts fourneaux, que de nouvelles installations hydrauliques assurent une plus complète utilisation de la houille

blanche et que l’industrie des produits chimiques se met en mesure de lutter contre la concurrence allemande.

« L'amélioration de la situation économique générale et l’'acheminement vers un régime plus normal des transactions commerciales sont attestés par la diminution de notre portefeuille d'effets prorogés et par la reprise progressive des escomptes.

« Les remboursements opérés, tant par les débiièhes principaux que par nos cédants, ont réduit notre portefeuille d'effets, moratoriés, dans le courant de lannée 191$ de 3 milliards 478 millions à 1 milliard 838 millions. Nos escomptes nouveaux ne se sont pas ressentis, dans la même

proportion, de l’activité plus grande des affaires; celles-ci

continuent de se régler, en majeure partie, par des paiements au comptant que favorise, d’ailleurs, l'abondance des disponibilités crées par les dépenses de l'Etat. Cependant les présentations marquent une progression appréciable, notre portefeuille d’effets régulièrement payables à l'échéance, après être descendu aux environs de 200 millions, se rapproche aujourd’hui de 400 millions. C'est un indice de la reprise du crédit commercial que nous nous appliquons à développer.

-« Cette reprise du crédit commence à se manifester aussi dans le domaine du commerce international. Nous avons enregistré l'abandon, par certaines maisons américaines d’exportation, de la pratique du paiement préalable et le retour aux tirages sur la France. Ily a là une amélioration qui profitera à l’ensemble de la situation financière du Pays, en allégeant les conditions de nos réglements aux Etats-Unis. »

Le rapport du 25 janvier 1917 continue l'examen de la situation en 1916.

« En dépit du trouble profond porté dans les conditions de notre économie générale, nous sommes heureux de pouvoir, cette année, comme l’année dernière, enregistrer des

indices rassurants et constater une amélioration progressive qui nous permet de regarder en face, pour la mener jusqu’au bout, l'œuvre des restaurations nécessaires.

« Dans la plupart des productions se manifeste une activité intense.

« Par un redoublement de labeur, par la mise en commun de leurs efforts et, dans certains cas, par l'emploi des procédés perfectionnés de culture, nos vaillantes populations rurales ont réussi, malgré la pénurie de main-d'œuvre, à éviter un nouveau .fléchissement de nos rendements agricoles. Si, pour 1916, la récolte du blé est légèrement inférieure à celle de 1915, déjà réduite par l’absence du contingent des

régions envahies, de notables progrès sont constatés en ce.

qui concerne les autres céréales. La production du vin a presque doublé et se rapproche sensiblement de la normale. Dans l’industrie minière, la demande croissante de charbon et d’acier a conduit non seulement à intensifier l’exploitation des mines existantes, mais encore à rechercher les moyens de mettre en valeur de nouveaux gisements, notamment dans les régions de l'Ouest, si riches en minerai de fer. « En Savoie, en Dauphiné, dans les Pyrénées et le Plateau Central, de nombreuses usines s'édifient en vue de l’utilisation de la force hydraulique dans la métallurgie et la fabrication des produits chimiques. L’exécution des commandes de l’armée fournit à ces deux catégories d'entreprises l'occasion d'une exploitation rémunératrice; elle entraîne en même temps un développement considérable de leur capacité de production, qui trouvera son emploi dans la période de renaissance économique.

Cet ensemble de progrès se manifeste dans l'accroissement continu des recettes commerciales brutes des réseaux de chemins de fer et dans la reprise des transactions basées sur le crédit. |

« C'est ainsi que le droit de timbre sui les effets de com-

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merce a produit, durant l’année 1916, une somme supérieure d'environ 80 °/, au rendement du même impôt pendant l'année 191$. |

« L'impression qui se dégage de ces chiffres est confirmée par le développement des présentations à l’escompte. Notre portefeuille d'effets non échus qui, à la fin de 1915, s'élevait à 394 millions, atteignait, à la fin de l’année 1916, $94 millions; d’une année à l’autre, sa moyenne a passé de 264 à 447 millions.

«L'accroissement des opérations régulières d’escompte s’est accompagné d’une nouvelle diminution de près d’un demimilliard du portefeuille d'effets moratoriés. C'est là un indice de plus du rétablissement graduel de la circulation des capitaux.

«Le marché financier a participé également à cette amélioration. Bien que la Bourse soit encore fermée aux opérations à terme, les cours de la plupart des valeurs bénéficient d’une reprise qui à permis de poursuivre, dans de bonnes condiditions, la liquidation des engagements antérieurs à la guerre.

« Enfin, dans le domaine du commerce international, on constate un relèvement notable de nos exportations. Sans tenir compte dés majorations de valeur afférentes à l’annce 1916, la statistique commerciale fait ressortir une augmentation de plus de 22 °/, par rapport à l’année 1915. Il est intéressant de signaler que l'accroissement porte principalement sur les exportations d'objets fabriqués, qui ont progressé de 40 °/o. :

« Mais en regard d’une exportation dont la valeur pour l’année ne sera pas éloignée de 6 milliards— d’après le thiffre corrigé de l'Administration des Douanes — se place une importation de 19 à 20 milliards, c’est-à-dire sensiblement plus du double de celle de lan dernier. Cette augmentation, il est vrai, est due pour partie à la hausse générale surve-

He TI0 à nue, au cours de l’année 1916, dans la plupart des marchandises. Elle n’en constitue pas moins une aggravation de notre balance économique, dont nous n'avons pu atténuer les effets qu’au prix de nombreuses difficultés. » |

L'année 1917 présente une aggravation de la situation économique par rapport aux années précédentes; elle ressort, pour recourir toujours à la même source, du rapport du 31 janvier 1918 du Gouverneur de la Banque de France.

« L'agriculture à continué de souffrir de la pénurie d'engrais et de l'insuffisance de main-d'œuvre. Malgré les efforts de la population rurale restée au foyer, lesemblavures ont dû être notablement réduites à l'automne de 1916, de telle sorte que la récolte 1917, compromise au surplus par les intempéries, s’est établie très au-dessous du rendement des années précédentes. | |

«L'avenir se présente, semble-t-il, avec des perspectives plus encourageantes. Les mesures prises par le Gouvernement en vue d'accroître les effectifs de la main-d'œuvre agricole, d'une part ; d'autre part, l'élévation du prix du blé, en rendant rémunératrice la culture des terres récemment délaissées, ont stimulé les ensemencements, qui paraissent devoir être en augmentation sensible sur ceux de la dernière campagne. Ç

«Au point de vue industriel et commercial, on peut enregistrer une amélioration satisfaisante. L'enquête du Ministère du Travail, du mois de juillet dernier, a permis de constater que la proportion des usines et des maisons de commerce faisant l’objet de recensements périodiques, dont l’exploitaton n'est pas encore rétablie, est seulement de 23 °/, ; elle était de 55 °/, au mois d'août 1914. L'ensemble des établissements en activité occupe un nombre total d'ouvriers légèrement supérieur à l'effectif du temps de paix, malgré les vides causés par la mobilisation.

« Plus particulièrement dans l’industrie, l'augmentation de

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la demande des produits, tant pour les besoins de la défense nationale que pour ceux de la consommation privée, a provoqué une activité plus grande de la plupart des branches de production. D'une mañière générale, les entreprises de transformation ont fait de sérieux progrès. Le perfectionnement de leur outillage mécanique leur a permis d’atténuer, dans une large mesure, la crise de la main-d'œuvre ; elles sont encore arrêtées par la difficulté de se procurer, dans certains cas, des matières premières d'importation.

« Un indice de ce développement de l’activité industrielle est fourni par l'accroissement continu des besoins de charbon.

« Les exploitations minières ont poussé leurs travaux avec une nouvelle vigueur. La production houillière a fortement augmenté en 1917. Elle reste encore, au total, inférieure à ce qu’elle était avant la guerre, l'invasion nous ayant privés du bassin du Nord et de la partie la plus riche du Pas-de-

Calais; mais, dans les mines où l'extraction demeure ble le rendement dépasse d'environ 40 %o 1 e chiffre dé 1913.

: «Ce remarquable accroissement à compensé, dans une certaine mesure, la diminution des importations de houille anglaise ; il laisse, néanmoins, notre approvisionnement en combustible inférieur aux besoins. |

= «Pour remédier à cette insuffisance et, en même temps, pour assurer une plus grande indépendance à notre industrie nationale, on a également intensifié les recherches et les travaux en vue de l'utilisation des forces hydrauliques. Dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans le Massif central, -dé nouvelles installations sont en cours et y ont déjà attiré d'importantes usines métallurgiques et de produits chimiques.

«Le développement de la production industrielle a eu pour effet d'accroître sensiblement le volume des transactions

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commerciales. Celles-ci continuent de se régler, en grande partie, au comptant ; toutefois, la tendance ‘à la reprise graduelle des opérations de crédit, que nous signalions les années précédentes, s’est eñcore accentuée. En 1917, le produit du timbre des effets de commerce est supérieur de 37 °/, à celui de 1916. On relève, d'autre part, une notable progression des escomptes ; tandis que le montant de notre portefeuille d'effets prorogés a été ramené à 1.140 millions.

« La situation d'ensemble du marché des changes, l’importance des besoins qui sy manifestent, montrent que le déficit de notre balance internationale des paiements a êté plus élevé cette année qu'il ne l'était en 1916. Malgré les restrictions imposées à l'entrée des marchandises qui ne répondent pas à un besoin absolu, malgré les difficultés de tonnage, le chiffre de nos importations a considérablement augmenté, tandis que celui de nos exportations a dû rester sensiblement stationnaire. »

De tels indices permettaient-ils une politique financière autre que celle qui a été suivie, politique basée presque uniquement sur l'emprunt ? à

En sa faveur on a pu indiquer que cette prospérité n'était qu'une apparence; l'activité dont faisait preuve la France était réellé mais masquait à peine les difficultés de chaque jour. Cette prospérité ne venait elle-même que : des sacrifices consentis par le pays pour soutenir les hostilités, l'effet de la destruction des capitaux était reculé justement par les méthodes financières qui repoussaient momentanément la date à laquelle son fardeau devait retomber sur la nation. Le Gouvernement, ainsi qu'il ressort de certaines déclarations de M. Ribot, s'était rendu compte de la veritable situation et désirait ménager le pays, au moment où tous les nerfs de l'organisme national étaient tendus vers l’accompliseement de la tâche patriotique. A:t-il eu raison de laisser subsister cette apparence, de reculer

une échéance qui devait être d'autant plus douloureuse qu'elle avait été plus longtemps différée, de ne pas imposer au peuple l’économie. Quelles ont été les compensations dont on a bénéficié en retour ? |

La hausse des salaires et des revenus n’a pas été accompagné d'un esprit d'économie correspondant. Un souffle de jouissance fébrile à passé sur tout le pays. À tous les degrés de l'échelle sociale des gens se sont enrichis des malheurs de leur Patrie. Une sorte de fermentation des appétits mal contenus et l'esprit de spéculation s'étaient déchaînés, encouragés par une politique financière insuffisamment énergique,

Sans aucun doute, il n’y avait pas relévement écono- | mique véritable, le pays s'appauvrissait nécessairement au fur et à mesure que la guerre se poursuivait : destruction formidable des richesses de la France; dettes contractées à l'étranger ; épuisement du capital national, telle était malheureusement la réalité.

Doit-on cependant, quelles que soient les circonstances dans lesquelles on se trouve, préférer un stimulant artificiel à l'esprit d'économie et de travail ?

L’exagération des emprunts, tandis que les profits étaient plus faciles, a permis à certains citoyens momentanément de vivre plus largement que pendant la paix ; plus tard elle a contribué à aggraver les difficultés économiques auxquelles on se heurte aujourd'hui. Il y a lieu de citer ici des paroles véritablement prophéthiques prononcées : par M. Lloyd George, le 12 mai 1915, à la Chambre des Commune : «Nous vivons actuellement de l'argent emprunté exactement comme l'individu qui hypothèque son patrimoine, et qui, au lieu de vivre sur ses revenus, vit sur l'argent qu'il a emprunté en hypothéquant ses biens. Cela ne peut pas durer... Nous vivons sur l'argent obtenu par hypothèque. Nous aurons à le payer. Lorsque la guerre sera ter-

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minée il y aura une courte période de prospérité artificielle pour réparer les ravages qu'elle a causés, mais il se produira alors une grande crise et, si la nation: est sage elle portera ses regards en avant, elle profitera de cette occasion, elle se préparera pour le jour qui doit venir, de façon que nous puissions l’affronter, sans les embarras, les misères et les souffrances qui ont toujours suivi une grande guerre. » (1). |

On peut méditer ces paroles et tirer la valeur de leur enseignement ; pour ne point l'avoir fait plus tôt, voici menaçants les maux dont le chancelier anglais avertissait si nettement le peuple.

L'Emprünt en France était sans doute inévitable, comme partout ailleurs, c’est seulement sa mesure qui était discutable. La France a été durement éprouvée et plus que toute autre a supporté le poids de la guerre. On ne peut établir une comparaison entre les pays qui l'ont menée avec l'intégralité de leurs moyens d'action, avec toutes les ressources d’un territoire national inviolé, et celui qui tout en portant sa part du fardeau général, a de plus servi de champs de bataille, dont dix départements ont été envahis parmi les plus riches, qui payaient à eux seuls 1/5 de l'impôt avant la guerre. |

Quels sacrifices la France n’a-t-elle pas consentis! 89 °/, de la population en âge de porter les armes ont été mobilisés alors que la Grande-Bretagne n'avait appelé que 58 °/, de Ses hommes faits et les Etats-Unis moins de 17 °/,.

« La France, dit M. L. Klotz (2) s'est trouvée vidée pendant quatre ans de toute la partie active et productrice de ses enfants, atteinte à la source même de sa richesse et de sa force contributive. Cet appauvrissement de son capital

(1) JÈZE, op. cit., page 30.

(2) Revue économique internationale, novembre 1920.

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