‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 33 sur 143 · NA DAT · texte numérisé non relu

NA DAT

d'énergie, de travail, d'intelligence, elle l’a vu devenir défimitif dans une proportion dont n'a souffert aucun des alliés » : Voici le tableau des pertes, douloureux et saisissant: « Nos tués sont plus de 1.300.000, nos blessés 3 millions dont la moitié d’une incapacité supérieure à so °/,; l'immense armée de nos pertes est d’un quart supérieure : aux légions nombreuses que les Etats-Unis ont jetées sur notré sol pour nous äider à gagner la guerre. » 30 °/, de nos mobilisés — un sur trois — ne sont pas revenus !

«Dans les mêmes conditions, l'Angleterre n'a perdu qu’un sur six de ses soldats, l'Italie un sur sept, les Etats-Unis un sur cent, et l'Allemagne un sur cinq et c’est à l'Allemagne. que serait réservée la sentimentalité. » Au moment où l’Allemagne se dérobe aux réparations, la France n’a pas toujours obtenu dans le monde l'appui moral qu’elle méritait, et

M. Klotz proteste contre cette attitude et contre le reproche de n'avoir point ménagé ses finances pendant la guerre. M. Klotz a été ministre des finances et il est naturel qu'il se défende, d’ailleurs il a eu le mérite d'entreprendre de larges réformes, tardives, mais dont on ne saurait lui imputer le retard. D'après ses évaluations, le sixième des 195 milliards environ dépensés pendant la guerre provient des recettes et revenus ordinaires, exactement 31,973 millions soit 16 °/, du total, la différence devant être attribuée à l'emprunt.

En résumé, ce que l’on doit surtout regretter, c’est de n'avoir point créé assez tôt les ressources destinées à assurer les annuités des emprunts, en établissant un budget ordinaire, qui aurait compris le service de la dette et des recettes correspondantes; en 1915 et 1916, cet effort était possible; en 1917, malgré la bonne volonté de MM. Thierry et Klotz, il était difficile de revenir en arrière, et en 1917 la Nation était plus affaiblie que durant les années précédentes, comme l'indique le compte rendu du gouverneur de la Banque de France cité plus haut.

Va eee

Cette critique n'a pas pour but d'essayer de diminuer le bel élan dont le pays a fait preuve en confiant ses capitaux aux emprunts; jamais le Gouvernement n’a adressé un appel en vain. Les Bons de la Défense nationale apportaient 49 milliards? 1/2 au Trésor. soit 26 0/, des ressources totales fin 1919, défalcation des bons employés à la souscription aux rentes perpétuelles. Les grands emprunts ont procuré jusqu'en 1919, 53 milliards, soit 28 °/,, 17 °/, enfin ont été fournis par des opérations de crédit à l'étranger représentant 33 milliards 1/2. Le complément à l’époque envisagée a été fourni par la Banque de France pour la somme de 26 mil- HatAS POESIE |

Page 1