‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 35 sur 143 · II · texte numérisé non relu

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allemand commençait à murmurer contre la gestion des finances de l'Empire. La Kreuxxeitung du 25 février 1918 constatait avec une satisfaction apparente les résultats des comptes de chaque année et les succès du système financier de l'Empire; elle ajoutait cependant que les nouvelles impositions des. années 1916 et 1917 avaient été assez mal accueillies, mais que l'évidence de leur nécessité avait fait taire les. récriminations. Voici les chiffres qu’elle donnait en gros des nouvelles taxations. Au milliard 1/2 d'impôts déjà existant devaient s'ajouter, pour 1917,5 milliards de marks provenant du Kriegssteuer et de son augmentation de 20 °/, votée le 9 avril 1917; en terminant elle préparait ses lecteurs à un nouvel effort fiscal.

Avec le budget de l'exercice 1918-1919 une réforme organique apparaissait désormais impossible à éviter; le projet du Gouvernement avait bouclé le budget en recourant une fois de plus aux impôts indirects, mais ce programme devait être assez mal accueilli par tous les partis. Les journaux les combattirent; les Münchner Neuste Nacbrichten du 21 avril 1918 font remarquer qu'il n'existait aucun plan ou système qui servit de base à la méthode employée pour couvrir les besoins financiers; le Gouvernement prenait l'argent là où il pouvait l’atteindre le plus facilement et avec le plus de rendement. Ce qui préoccupait avant tout c'était la rapidité de la perception, et l’auteur de l’article concluait qu'il était plus avantageux pour l’Empire de procéder immédiatement à une réforme fiscale qui subsisterait sur des fondements solides après guerre, que de continuer à percevoir une série de contributions provisoires de secours, levées sans aucune méthode. ;

Le public se demandait si l’on n'avait pas fait fausse route. en suivant le programme de M. Hellferich. La Kreuzzeitung du 20 avril 1918 manifestait ainsi ses sentiments à son égard : « Les projets que le Gouvernement propose à l'heure

actuelle ne s’'écartent pas notablement des JOUE battus où le ministère du Trésor impérial est accoutumé à marcher. » Ceci était écrit à la veille de la discussion devant l'assemblée plénière du Reichstag, et quelques semaines plus tard le même journal concluait, le 18 mai 1918:eIl y aurait lieu d’imiter l'exemple de l'Angleterre qui depuis le début de la guerre a des impôts élevés de plus de 8 fois

au-dessus de leurs taux antérieurs. L'augmentation des

impôts qui dans ce pays donne cinq milliards de marks en chiffres ronds, dépasse à peine le milliard en Allemagne, les impôts sur les bénéfices de guerre s'élèvent en Angleterre pour 1917-1919 à 10 milliards 400 millions, l'impôt sur les successions a donné jusqu'à 630 millions, tandis qu'il atteint le dixième de cette somme chez nous. » Devant l'assemblée le comte de Rœdern défendit sa politique financière, et au cours de son discours demanda notamment si on devait pousser la taxation aussi loin que l’Angleterre ; mais pouvait-on en même temps poursuivre une politique d'impôts et une politique d'emprunts? D'ailleurs, affirmait-1l, si PAngleterre a été plus loin que l'Allemagne

elle. n’a réellement étendu sa taxation que dans le cas des

bénéfices de guerre et sa dette flottante est plus élevée que celle de l'Allemagne.

Le comte de Rœdern échoua devant l'Assemblée nationale.

À son tour, le Dr. Schiffer, chargé de liquider l’arriéré de l'exercice 1918, critiqua la politique de M. Hellferich, dans son discours cité par le Berliner Tageblait du 16 février 1919. « En Allemagne, disait-il, on a eu tort de plaisanter la méthode anglaise qui tendait à faire face aux frais de la guerre au moyen des impôts, et de s'engager dans la voie des emprunts. Les impôts n’ont plus servi qu’à couvrir les intérêts de la dette et il fallut en augmenter le nombre à mesure que croissait le chiffre des intérêts. L'expérience a condamné cette politique, 1l faudra donc reve-

— 120 — | nir aux systèmes d'impôts» et la Kreuxxeitung du 25 février 1918, concluait un an plus tôt dans le même sens : «C'est dans l'augmentation de la dette d’Empire qu’il faut chercher la cause du mauvais ctat de nos finances. » Le service de cette dette accru sans cesse atteignait ÿ milliards 908 millions de marks y compris 92 millions destinés à l'amortissement.

« Dans de telles conditions l'avenir des finances de l’'Empire est assez sombre. On ne peut nier que la puissance financière de l'Allemagne n'ait résisté aux épreuves de la guerre, bien mieux que ne le prévoyaient les plus optimistes au début des hostilités. Nous avons concentré dans le temps de paix tant. de forces productives, que nous avons pu surmonter grâce à elles les crises les plus graves de notre organisation financière...» Eten terminant ce préambule où elle voile encore la vérité, elle aboutit à la conclusion, que quelque satisfaction que l’on éprouve àconstater la puissance financière de l’Empire, il ne faut pas perdre de vue les efforts qui restent à accomplir, et c'est à la politique fiscale, et non pas à l'emprunt que l’on doit s'adresser, pour rechercher les moyens de satisfaire aux obligations de l'avenir.

Pour terminer, il y a lieu de jeter un coup d'œil sur les crédits de guerre votés et la répartition dés ressources principales au moyen desquelles ils ont été couverts.

D'après le Dr. Schiffer les crédits suivants furent accordés par les lois du :

millions de marks

AVAOUC 19147 Te RE RNCS 5.000 21dÉCEMDLE TOME EURE MIE EE CR 5.000 22; Mars AISNE a M ON En 9.933 2 ME TON EN PE 0 LS RAR RCA RC RE A EEE Rs 10.000 PAidétembhre 1915 000 CUnT AE ant 10.000 UN AOTE RTE SRE RUE TAN NES QE UE 11,921 A0 0 CLOD LE AO TO METIERS PORN RSR 12.000 DSENTICR TOI Ra CRE Eu 45.000 30 mai 1094070 pe MA AO RE Ro 645 DA AUILIET ALT MONA RIRE AIR ER E E ATEN 15.000 9: 0éceMDTe MOT RENNES RUES RER e 15.000 922-mars 191810mvu NUE LAN Mn (RH TAN EN "RE 15.000

20 juillet 1918 /MPESCEERLEN EE SRE cie 000

I y a lieu d'y ajouter le crédit de 2$ milliards 3 que le Dr. Schiffer obtenait le 2s février 1919, de l'assemblée nationale pour la liquidation de l’arriéré. |

Au 31 décembre 1918, les recettes exceptionnelles s’élevaient aux chiffres suivants : (1)

: MILLIONS DE MARKS LG D OPA LUE PNR RENNES SRE NET A EC 344 5 DGA CS ER AE EU 7 done tan Hg ne 91.938 6 Reichsschatzanweïisungen. ..........:...... 55.059 2 TOFAIA MERS 147.342 3

(non compris le montant des sommes amorties ou remboursées). |

De ce total, pour être exact, doivent être retirés 1.106 millions de marks qui ont fait retour à l'Etat pour le paiement de l'impôt sur les bénéfices de guerre, aux lieu et place d’argent frais, ce qui donne comme total des recettes exceptionnelles provenant du Trésor de guerre et des emprunts le -31 décembre 1918, 146.236 3 millions de marks.

Ces ressources ont été réparties comme suit, durant la guerre :

millions de marks

re année de guerre (1er août 1914 jusqu’au 31 juillet 1915).... 20.1 Re Se ROIS Det ÉAOTGY ET SAM 3 — — 1916 —- — 1917)... 34.4 ke — — — 1917 — — 1918).... 46.9 Période du 4er août 1918 au 31 décembre 1918.............. 21.8

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