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estimait à 20 milliards les dépôts dans les banques: le 8 avril, elle indiquait que les Caisses d'épargne accusaient pour leur part, une augmentation d'environ 3 milliards 1/2 de leurs dépôts pour l'année 1917.
Les chiffres fournis par les Caisses d'épargne sont particuliers à l'Allemagne, et doivent leur importance au rôle de véritables banques que jouent ces institutions, sans qu'il y ait de maximum aux versements, avec un intérêt supérieur de 3 1/2 à 4°/, pour les dépôts, avec toutes les facilités dues à l'emploi de chèques et de virements.
La forte organisation des Caisses coopératives de Crédit’ (Kreditgenossenschaften) est bien connue et n’a d'équivalent dans aucun autre pays. Leur situation est un indice sérieux du développement des capitaux d'épargne liquides que l'ont vient déjà de constater, dans les Caisses d'épargne; leur rôle, qui en temps de paix consiste en opérations de crédit, telles que prêts à l’agriculture et à la petite industrie, s’est modifié avec la guerre, et si elles sont devenues des prêteurs à court terme de l'Empire, des Etats et des Communes, elles ont également développé leur fonction de Caisse d'épargne et ont recueilli notamment les capitaux d'exploitation momentanément sans emplois.
M. Rist cite la situation de deux principales caisses; Ja caisse centrale Raiffeisen (Landwirtschaftliche Zentraldarlehnskassen) montre au 31 décembre 1913 un chiffre de dépôt de 79 millions de marks, qui s'élevait à 172 millions au 31 décembre 191$, 256 au 31 décembre 1916, 429 au 31 décembre 1917, et si l'on remarque que dans l'intervalle elles avaient souscrit 660 millions aux emprunts de guerre, l'apport des fonds s'élevait à plus de 1 milliard.
La « Caisse centrale prussienne » présentait au 31 décembre 191$, 374 millions de comptes courants créditeurs contre 100 au 31 décembre 1914 et 91 en 1913. Ces chiffrés passaient à 514 millions en 1916 et 826 fin 1917.
Ainsi est constatée l'existence des ressources où l'Etat pouvait puiser pour l'émission des grands emprunts ; il s'agit bien entendu d’un accroissement des disponibilités monétaires et non d’un accroissement des richesses.
Origine de ces ressources, bénéfices de guerre, extension de la circulation.
Si l’on recherche l’origine de ces ressources extraordinaires (sans lesquelles les prévisions des économistes auraient pu se réaliser, lorsqu'ils fixaient une limite à la Dette publique) on trouve à leur base trois faits: un régulier, qui consiste en l'épargne normale du temps de paix, le second dû aux ‘bénéfices de guerre, le troisième et le plus important relève de l'augmentation de la circulation de papier et du développement des crédits en banque.
Il n’est pas nécessaire d’insister longuement sur les bénéfices de guerre : très connus en France, ils n’ont pas été moins exagérés en Angleterre et surtout en Allemagne.
Dans son rapport du 11 mars 1918, le « Select Committee on National Expenditures » déclarait, en ce qui concerne les bénéfices réalisés par les usines de munitions soumises à l'impôt sur les bénéfices extraordinaires (Excess profit duty) ou prélèvement sur les munitions (munitions levy)}, qu'il ressortait du tableau dressé pour connaître les résultats de l'impôt durant une année de contrôle que, dans l’ensemble, 26 maisons prises au hasard avaient réalisé au cours de cette année près de cinq fois le montant de leurs bénéfices normaux. Après déduction de l'impôt, elles réalisaient encore dans l’ensemble deux fois leurs bénéfices normaux, sans compter l'amortissement spécial.
En Allemagne un tableau établi par M. Rist donne les dividendes moyens pour 6 groupes d'entreprises. (Voir tableau page 229.)
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