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Un rôle analogue fut rempli par la Banque d'Angleterre. A l'occasion de l'émission du premier emprunt britannique
le Chancelier de l'Echiquier, M. Lloyd George, indiquait les facilités de crédit qu'elleconsentait pour favoriser l'emprunt: « Ces facilités auront pour effet non seulement de diminuer considérablement la pression du marché monétaire, pression qu'amènerait la levée d’une somme si importante, mais de faire du titre lui-même un placement plus avantageux, pour la finance et le commerce.
« Pendant une période d’un peu plus de trois années, c'est-à-dire à partir de la date d'émission de l'emprunt jusqu'au 1° mars 1918, la Banque d'Angleterre sera disposée à faire des avances sans garantie collatérale, contre le dépôt de titres nominatifs ou au porteur, de l'emprunt de guerre, pour des sommes égales au prix d'émission des titres déposés, sans marge, à un taux inférieur de 1 °/, au taux couränt de la Banque.»
Les grands établissements de crédit en France comme en Angleterre ont souvent Joué le rôle d'intermédiaires, parti-
culièrement pour les derniers emprunts, leurs disponibilités ayant été absorbées lors des premières émissions, comme le faisait remarquer M. Walter Leaf, vice-président de la «London County and Westminster Bank», à l'assemblée géné- - rale de 1917. Après avoir insisté sur la nécessité d'assurer le plein succès de l'emprunt, il rappelait que les banques avaient déjà en portefeuille des sommes considérables de l'emprunt 4 °/, et que leurs devoirs vis-à-vis des actionnaires leur imposait de ne pas dépasser certaines limites. Il était donc nécessaire que les capitalistes souscrivent sans attendre la souscription des banques, mais celles-ci étaient prêtes à consentir à leurs clients toutes les avances nécessaires pour leur permettre de participer à la souscription.
L'action bancaire s’est manifestée en Italie sous la forme particulière d’un consortium garantissant notamment au
1e emprunt la souscription d’une somme ferme de $oo millions, et en outre, mettant à la disposition du Trésor ses guichets etsa propagande. Pour le troisième emprunt le consortium s'était engagé à prendre ferme 3oomillions de lirede capital et $oo millions, au cas où la souscription publique n'atteindrait pas 1.500 millions. Il garantissait, en outre, à l'Etat le paiement des versements partiels aux échéances fixées. La rémunération accordée pour ces opérations était M de 0,65 °/, du capital nominal des titres placés. (Convention du 23 décembre 1915 avec la Banque d'Italie.) D'après M. Emidio Cesari (1) les résultats de la participation du consortium aux opérations des trois premiers emprunts furent les suivants : |
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‘ Emprunt 4,500/, Emprunt 4,50 0}, Emprunt 5 ©}, Trorac
Janvier 1915 Juillet 4915 Janvier 4916 — 3
Les provisions versées au consortium furent les sui- ï
vantes : :
PremielémMpiUnER PEER RS 5.000.000 lire 1 Deuxie Me END TUN EEE RET TEE PÉP 8.030.575 — Troisième emprunt. ......... PE NY UN AN CS 15:035 MS
TOTA ES ONE Les . 28.965.990 lire
Cet organisme a subsisté pour les emprunts suivants et M en ce qui concerne le quatrième sa création fut autorisée M par le décret n° $4 du 21 janvier 1917, dans les conditions M indiquées par l’art. 13 : |
« Le président du Conseil et le ministre du Trésor sont autorisés à faire ce qui sera nécessaire pour le meilleur placement de l'emprunt. Ainsi, ils sont autorisés à se servir de la coopération d’un consortium financier bancaire, auquel,
(1) Nota sui resultati complessivi e sulla participazioneregionale ai prestiti nazio- « nali. Giornali degli economisti, novembre 1916.
outre les instituts d'émission, pourront participer la caisse d'épargne ordinaire, les instituts de crédits ordinaires, les banques populaires et coopératives de toute sorte, les Sociétés et les maisons de banque italiennes. Le consortium présidé par le directeur général de la Banque d'Italie pourra se servir de l’auxiliaire de la caisse des dépôts et prêts, de la caisse nationale de prévoyance et de l'institut national d'assurances avec ses agences générales et pourra se servir aussi de l’aide des percepteurs des impôts directs et des offices postaux dans les modes et les limites fixées par les ministres des Finances et des Postes, Télégraphes, Téléphones. »
À l’occasion du cinquième empruntle directeur général de la Banque d'Italie adressait une lettre aux directions centrales et aux filiales des établissements et maisons de banque composant le consortium pour favoriser le succès de la souscription. « On ne saurait concevoir, disait-il, de défaillances dues à la paresse ou à la lâcheté dans Ie monde économique et financier italien, tandis que la nation tout entière pleine de confiance a les yeux tournés vers ceux qui défendent héroïquement le sol natal et préparent leur âme et leurs forces à la revanche, à Ja libération, à la rédemption ! »
Dans la campagne, où généralement l'épargne était con- sacrée par tradition à l’acquisition de la terre, le placement des emprunts d'Etat restait difficile. L'influence des banques locales s’y fit sentir particulièrement pour l'émission du cinquième emprunten soutenant les associations d'agriculteurs. Les adhérents prirent l'engagement de prélever sur la ventede leurs produits de l’année une somme destinée à l'emprunt. De cette manière, on a enregistré, d'après le rapport sur l’année 1917 du directeur de la Banque d'Itahe, de fortes souscriptions à Novara, Mantoue, Plaisance et surtout à Brescia, où les agriculteurs, à eux seuls, souscrivirent pour la somme de 20 millions et où les banques populaires recueillirent 188 millions environ.
Le même emprunt reçut également en Italie d’autres formes d’encouragements, par l'intermédiaire de l’administration des Postes et surtout de l’Institut national d'assurances.
L'administration des Postes a recueilli les petits versements à des intervalles rapprochés pouvant s'étendre du mois de janvier 1918 au 30 avril 1919, moyennant l'émission dé livrets au porteur, qui étaient transformés en titres de 100 lire une fois réglés; cette mesure fut imitée par l'Institut national de crédit pour la coopération. Mais le concours le plus intéressant fut celui tout particulier à lÎtalie de l'Institut national d'assurances.
Une des formés d'encouragement consistait à remettre au souscripteur à tempérament une police d'assurance spéciale, par laquelle l’Institut garantissait la délivrance des titres au bénéficiaire désigné dans la police, dans léventualité de la mort du souscripteur, avant le paiement intégral du prix d'émission et sans obligation de tout autre paiement ultérieur. Le souscripteur savait de sorte que l'opération s’accomplirait en cas de décès sans que la famille ait à débourser d'argent. #
Cette garantie pouvait être obtenue par tout souscripteur d'un âge non supérieur à $$ ans, sans formalité de visite médicale et jusqu’à 5.000 lire de capital nominal. La prime correspondante au moment de l'établissement de la police était de 0,50 par titre de 100 lire, s'il s'agissait de souscription à tempérament selon-les règles de l’art. 6 du décret du Lieutenant général du Royaume, du 30 décembre 1917 n° 2048, et de 1 lire s'il s'agissait de souscriptions à paiements mensuels.
L'Institut, en outre, était autorisé à émettre des polices spéciales d'assurances mixtes en vertu desquelles il constituait des nantissements en titres d'emprunt en faveur des personnes qui ne disposaient point d'argent en ce moment mais qui voulaient engager leurs économies à venir. Les
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Tr, 259 — capitaux assurés ne pouvaient être supérieurs 420.000 lire et étaient liquidables en titres du cinquième emprunt. Les primes étaient payées sur la base des tarifs en vigueur de l’Institut et en correspondance du prix d'émission du titre soit 86,50 °/, du capital nominal (1). Sur le montant : des primes l'Institut versait l'intérêt anticipé dans la même mesure de rendement annuel effectif du titre du cinquième emprunt, soit 5,78 °/s. À la fin de la période de 15 ans, Vinstitut liquidera à l’assuré survivant les titres qui ont fait l’objet du contrat et une prime de 13,50 °/, résultant de la différence entre la valeur nominale et le prix d'émission. En cas de décès antérieurement à l'expiration de la police, les héritiers entrent immédiatement en jouissance, sans aucun nouveau versement. L'Institut se chargeait de faire bénéficier les assurés de toutes les conditions plus favorables qui seraient faites aux souscripteurs du cinquième emprunt dans l'éventualité d’une nouvelle émission, conformément à l’art. 21 du décret-loi du 30 décembre 1917. Pour cet emprunt, le nombre de contrats passés par l'Institut fut de 496.169 pour un capital de 869.843.205 lire 86 (2). Deux autres mesures de faveur étaient encore accordées par l'institut, d’abord l'acceptation à leur valeur nominale des titres de l'emprunt pour la constitution de rentes via-
(1) Pour un titre de'1.000 lire, les primes mensuelles étaient les suivantes :
Élonimes arr 4.30 4.36 AS S.07 Femmes..." 4.46 4.51 4.72 2 respectivement pour les âges de : 20 30 40 50 ans.
Exemple : Un- homme de 30 ans versant 4.36 payait en 15 ans 785 lire seulement. :
Malgré l’augmentation très sensible de la circulation en Italie en 1917, augmentation qui certainement a eu une influence sur le se emprunt émis au commencement de 1918, les nouvelles dispositions indiquées ci-dessus peuvent avoir eu leur part dans le résultat, supérieur de un milliard environ au précédent.
(2) Contrats jusqu’à 1.000 lire 396.398.— 1001 à 2.000 [. 35.791. — 2.001 à 5.000 |. 39.026. — 5.001 à 10.000 1. 17.353 — au delà de 10.000 lire 7:601.
oères non supérieures à 1.500 lire et pour les personnes âgces d’au moins 60 ans ; enfin la liquidation anticipée, de tous les contrats venant à échéance en 1918-1919, à tous les assurés qui le demandait sous réserve de charger l'Institut National de placer le produit net en titres d'emprunt.
Opinior du comte de Rœdern sur le caractère des emprunts allemands.
Rôles des Caisses d’épargre, des coopératives de crédit et des établissements ordinaires de crédit.
Concours des Compagnies d’assurances. Les Darlehnskasser.
Les emprunts allemands furent considérés par le Gouvernement allemand, moins comme une opération profitable au public, que comme un devoir patriotique imposé à la nation; jusqu’au dernier emprunt, au milieu des événements politiques et militaires qui ont marqué le mois d'octobre 1918, la crise politique etla succession des défaites, M. de Rœdern ralliait les souscripteurs. « Quels que soient, disait-1l, les impôts qui peuvent à l’avenir peser sur nous, les porteurs de titres d'emprunt, ne seront pas en plus mauvaise posture que ceux qui oubliant leur devoir ont négligé
de souscrire en-ces heures de crise. Je pense même que ceux
qui n'ont pas refusé à la Patrie leur appui financier doivent jouir de certains privilèges. L'emprunt de guerre a un caractère essentiellement populaire dans le meilleur sens du mot,
ces titres se trouvent entre les mains de millions de citoyens
dont la plupart sont peu fortunés, ils constituent le gros de la fortune des Caisses d'épargne innombrables,.des Syndi-
cats, d’Institutions de bienfaisance, qui assistent les plus pauvres d'entre nous. Dans ces conditions, il n’est pas un
Parlement ou un Gouvernement pour oser jamais porter atteinte par des mesures législatives au fonctionnement du service des emprunts de guerre. »
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Sans entrer absolument dans les vues du comte de Rœdern, relativement au caractère populaire des emprunts, on peut constater que pour permettre: au public de satisfaire aux suggestions et à la pression du Gouvernement, celui-ci s'était assuré le concours des Banques, des Caisses d'épargne, des Coopératives de crédit auxquelles il avait donné par l'institution des caisses de prêt, l'élasticité et la sécurité nécessaires pour servir son but, sous une étroite discipline.
Les Caisses d'épargne qui, on le sait, se livrent à de véri-
tables opérations de banque, ont participé, dès les premiers |
| jours, aux emprunts. Sur une invitation de la Reichsbank, l'appel du Comité de l’Union des Caisses d'épargne (Deutsch Sparkassenverband), elles ont renoncé, pour la plupart, à tout délai de remboursement dont statutairement elles auraient pu se prévaloir, pour les dépôts inférieurs à 1.000 marks; au delà de cette somme et jusqu’à 6.000 marks, elles acceptèrent des remboursements avec préavis variant de 3 à 6 mois. Ces opérations leur furent facilitées par les
avances sur titres des Caisses de prêts de guerre.
Elles facilitèrent également les souscriptions des fonctionnaires, employés des administrations, instituteurs, etc., en opérant des retenues sur leurs appointements pour solder les avances obtenues de leurs ARS en vue de la souscription.
D'après M. Rist, en échange des facilités de remboursements des dépôts qu’elles consentaient et pour se payer de l'intérêt de $S 1/4 °/, perçu sur les avances demandées dans ce but aux Darlehnskassen, les Caisses d'épargne se sont souvent réservé le droit de ne bonifier l'intérêt sur les titres d'emprunt, même entièrement libérés, acquis par Îles souscripteurs, que partiellement et comme si les souscripteurs se libéraient par fractions aux diverses échéances fixées pour chaque emprunt.
Les souscriptions transmises par les Caisses d'épargnes se sont élevées (en millions de marks) à:
Aer emprunt 2+ 3e 4e 5 Ge 7e 8e 9e
soit 25 °/, du total des souscriptions. Leur rémunération fut de 35 pfennigs pour chaque 100 marks et, plus tard, de 25 pfennigs.
À partir du deuxième emprunt, on recourut également à l'intermédiaire des Coopératives de crédit (Kreditgenossenschaften), qui renoncèrent au délai de remboursement de leurs dépôts, en faveur des déposants qui désiraient souscrire à l'emprunt, après entente de la Reichsbank avec la Caisse centrale de l'Union des coopératives de crédit. Elles furent aidées dans cette opération par la Dresdner Bank et la Prussische zentral-Darlehnskassen et aussi, quoique dans une plus faible proportion, par les Darlehnskassen, bien que les coopératives ne disposent point, comme les Caisses
d'épargne, de grandes quantités de titres sur lesquelles elles puissent obtenir des avances.
Leurs apports pour chacun des emprunts ont été “croissants jusqu'au huitième, mais ont subi une diminution au neuvième, par suite du resserrement du crédit résultant des événements. On peut attribuer une partie des souscriptions aux industriels des villes qui réalisaient des bénéfices de guerre, quoique des coopératives rurales ne soient pas restées en arrière; d'après la Kreuxxeitung du 18 octobre 19r6, citée par M. Rüist, elles auraient fourni au cinquième emprunt 470 millions.
Les sommes versées par l'ensemble des coopératives, se sont élevées respectivement, à partir du deuxième emprunt, en millions de marks, à 430 — 680 — 839 — 846 — 1.103 — 1.090 — 1.430 — 837.
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Les souscriptions étaient en outre reçues par la Reichsbank et ses Soo succursales, la K. G. L. Sechandlung (Banque d'Etat de Prusse), la Preuszischen Zentralgenossenchaften, à Berlin et à la K. G.L. Hauptbank à Nuremberg, auxquelles se joignirent toutes les banques allemandes pour apporter leur part au succès des souscriptions.
Les sommes souscrites directement auprès de la Reichsbank n'ont jamais été très élevées, les voici cependant (en millions de marks) :
4 emprunt 2e 3e le 5e Ge 7e 8e ge 479 565 569 461 685 625 752 811 590
À partir du quatrième emprunt, la rémunération de la Reichsbank- fut de o mark 40 °/, de capital nominal, dont elle cédait 0.30 °/, à ses sous-intermédiaires.
Les banques ordinaires, en dehors de la transmission de leurs ordres de souscription, facilitaient les souscriptions, d'abord par leurs avances, permises par leurs dépôts très élevés ; ces avances sur titres étaient consenties au même taux que celles des Darlehenskassen soit $ 1/4 °/,. En cas de besoin, elles se réservaient d’ailleurs le droit de mettre en gage à leur tour les titres ainsi reçus. Ensuite 3 mois avant l’emprunt, d'accord avec le Gouvernement, elles allouaient 4 1/2°/, sur tous les dépôts destinés à l'emprunt, cette mesure leur était facilitée par la cession par la Reichsbank de Bons du Trésor à échéance de l'emprunt, soit qu'il s'agisse de bons ordinaires à escompte de faveur de 4 9/16 °/, selon l'opinion de M. Rist, soit qu'il s'agisse de bons spéciaux comportant également un taux d’escompte préférentiel et devant être convertis en titres d'emprunt.
Le montant des versements des banques s'est élevé à (en millions de marks).
de emprunt 2e 3e Le 5e Ge 7e 8e ke 2.805 25.592 7.391 6.165 6.081 7.545 6.946 8.206. 5.349
SA 264 Es Leur activité s'est également manifestée en soutenant les cours des bourses à la veille des emprunts. M. Rist (1) cite
un article de la Gazette de Voss du 12 octobre 1916, qui.
signalait l'afflux sur le marché de titres en vue d’arbitrages et qui s'élevaient par jour à plusieurs millions de marks ; « Trente ou quarante banques, surtout de l'Allemagne du centre, du sud et de l’ouest et encore d’un nombre plus grand d'institutions officielles se déclarèrent prêtes à absor-
ber cette offre sans diminution sensible des cours, dans l’in-
térêt de l'émission de l'emprunt. Ce groupe s'est ainsi chargé presque entièrement pour son propre compte de tout le stock de rentes et d'obligations hypothécaires offert sur le marché. Aussi, pendant les 8 ou 10 derniers jours de la souscription, le niveau du cours de la bourse, n’a pas en moyenne baissé d’un quart °/4. »
Grâce au taux d'intérêt réduit des avances que les banques consentaient en vue des emprunts, elles ont rendu
possible aux municipalités de souscrire soit directement, soit indirectement en amortissant leur dette en même
temps à des conditions avantageuses; par exemple, la ville
d'Offenbach procéda par anticipation aux tirages d'amortissement et versa immédiatement le montant des titres sortis
à leur propriétaire, à la condition que ces sommes soient … aflectées à la souscription du sixième emprunt. D’autres. municipalités payèrent directement en titres d'emprunt,
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procédant aux amortissements qui leur étaient imposés à
meilleur compte que si elles avaient dû emprunter elles-.
mêmes les sommes nécessaires à ces opérations. Le professeur Kô6ppe signalait (2) qu’un certain nombre de sociétés d'assurances sur la vie essayèrent de donner des
(1) Op. cit. p.
(2) es für national œkonomie und Statistik, 110 Band, ur e. B:5550
février 1918, p. 167.
facilités permettant à ceux qui le désiraient de plus fortes souscriptions. C’est ainsi notamment, que la somme assurée état souscrite par les soins de la Société, tandis que le souscripteur s’acquittait moyennant des primes convenablement calculées. Ces contrats ne semblent point avoir pris un développement aussi important que l'on aurait pu sy attendre et les Sociétés d'assurances ont surtout mis leur organisation au service de la transmission des souscriptions. Les bureaux de postes ont été utilisés dans le même but.
Le montant des ordres transmis par les «Lebensversicherungsgesellschaften» s'est élevé, en millions de marks, à :
le emprunt 2 3e 4e 5e Ge 7e 8: 9e
et, par les bureaux de postes, à :
» 112 167 171 134 at 84 125:2 53
Afin de permettre aux différents établissements de crédit de participer plus efficacement au soutien des finances de l'Etat et d’alléger les prêts de la Reichsbank qu'il réservait tout entière à son service, et des banques de Dépôts, le Gouvernement allemand avait créé, au début de la guerre, les Kriegsdarlehnskassen ou caisses de prêts de guerre : ce système avait eu un précédent en 1848, et elles existaient
. durant la guerre de 1870, époque à laquelle leur institution avait pour but de faire les prêts que ne pouvaient accorder les banques de dépôts ordinaires. Leurs attribu- . tions ne devaient plus être les mêmes pour la dernière guerre où leur système d’avances, presque uniquement sur titres, a facilité les emprunts dans une mesuretrès étendue.
Les avances des Darlehnskassen n'ont pas été la seule cause déterminante du succès des emprunts, mais leur importance a été certainement plus grande que les Alle-
mands n’ont voulu le dire. Malgré le désir du Gouvernement de voir le publicy recourir davantage, tous lescomptes rendus relatifs aux résultats® des emprunts ne manquent point de faire ressortir la diminution apparente du rôle des. Caisses de prêts. Nous donnons un tableau composé avec les chiffres fournis à l’occasion de la plupart des emprunts par le professeur Kôppe dans les « Jarbücher für national œkonomie »; nous regrettons de ne pouvoirles donner plus complets en ce qui concerne les derniers emprunts.
TABLEAU INDIQUANT LE MONTANT DES AVANCES (en millions de marks)
des Darlehnskassen en vue des emprunts, et les pourcentages des prêts (partiel et total) au moment des souscriptions.
4er emprunt au 7 oct. 1914... 710 millions 29 0, 15 oct. 593 » 27.6 0) , de — au 15 avril 1915.. 521 —(1)85c% 3oct. 778.3 22 8.6 °/o — au 23 oct. 1915... 566 — 6.84°) 7 déc. 579.1 27 déc. 5 % 6.50% 4e — (2) au 7 avril 1916... 139.7 — 2 0.0 30 juin 649.4 6.40) 4.8 0) 5e — (3) au 7 oct. 1916... 38.3 — 0.61% 23 oct. 235.1 2.790 2.340 6e — (4) au 27 avril 1917. 277 — » 15mai237.3 260% 2.704 Te — (5)hau Sl-oct. 1917. 135 — RAI RSS | » » 1.3 0/0 8e — au 27 avril 1918. 145.6 — De » » » »
9e — - auG6uov.1918... 400 — » » » ». »
(4) Dont 80 millions de marks remboursés fin avril 1915. — Fin juillet 1915,
304 millions seulement restaient à rembourser, soit 4 +, du montant des souscriptions.
(2) Après le 4me empruut, 943.8 millions restaient, soit 2.6 , du montant des quatre premiers emprunts, Ce qui ramenait l’aide apporté par les Darlehuskassen respectivement aux chiffres suivants : - ;
JO MIN TUNER 100 millions de marks, 2, soit... 2.2 0/, de Er Re AE 115 — — "%6ysoit:.. "417307 3e Re ee ie CON0 — — , 4, soit... 1.9 Aero PT AE 492 — ,6, soit... 4.6 ob
(3) Au 5e emprunt il ne restait plus que 584,4 millions de marks sur 4 miliards,7; soit 1.8 0).
(4) Au 23 mars 1917 il restait 771 millions de marks, soit 1.6 0. (5) Au 23 novembre 1917 il restait 940 millions de marks, soit 1.3 ob,
La moyenne du montant des sommes mises à la disposition de chaque emprunt a oscillé autour d'un milliard de marks; leur rôle direct a donc eu une certaine importance, mas indirectement, et c’est probablement leur utilité essen-
in ERA 2 nl
PTT AT TEE LT ER PRES
= 267 — tielle, elles ont assuré, à la place de la Reichsbank consacrée uniquement au service de l'Empire, le rôle de prêteur sur titres, en faveur des Banques, Caisses d'Epargne et aussi des Etats et des communes.
L'importance des Caisses de prêts, en ce qui concerne le crédit privé et l’Empire est allée en diminuant, tandis qu'elle augmentait pour les communes et les Etats particuliers.
POURCENTAGE DES PRÊTS ACCORDÉS CHAQUE ANNÉE PAR LES DARLEHNSKASSEN AUX DIFFÉRENTS ORGANISMES (1)
‘Caisses d’Epargne.......... 95.6 0/0 23 0/0 5.6 0/0 1.0 0/0 Banques, Baæiquiers et Coo-
pératives de Crédit....... 19.3 — 4.9 — 2.1 — 1.2 — SOCIÉTÉS Te) EUPTTE. 2. -<- » 10.5 — | 34 — 4.6 — Commerce, Transports et
Assurances. ..... se 19-92 12 — 41 — 1.6 — Etats particuliers etmunieip.| 12.5 — 25 — 14.9 — 84.5 — DHAUS INTER RE Re re ne 9.3 — 3 — 1.4 — 0.8 — AÉTICUIIUTE.. + nr ces LA — 0.7 — 0.5 — 0.3 — DIVERS eme met » 20.6 — 8 — »
(1) Les chiffres pour 1914 et 1918 sont indiqués par M. Rist, op. cit. p. 105,
ceux concernant les années 1916 et 1917 proviennent du rapport sur le fonctionnement des Caisses de prêts durant les exercices 1916 et 1917.
Malgré l’insistance avec laquelle on a fait remarquer la diminution des prêts, à l’occasion des emprunts, le Gouvérnement aurait désiré y voir recourir davantage; à ceteffet même à l’occasion du sixième emprunt, on aabaissé le taux des prêts de $ 1/4 à $ 1/8,le 1 avril 1917; l'emprunt étant émis au dessous du pair à 5 °/, les intérêts s’équilibraient. En même, temps le secrétaire d'Etat aux finances promettait que les Caisses de prêts seraient maintenues au moins trois années après la guerre, de façon à donner le temps nécessaire aux emprunteurs de liquider leurs engagements.
CHNRELTREV