M. Geinitz a divisé ainsi le carbonifère d'Allemagne
( Etage dos Fougères.
( Étages houiller» ) Étage des Asterophyllites. \ ) Etage des Calamité*.
Terrain carbonifère, j [ ÈUge dcs sigUlaria.
( Cuira Étage de» Sagenaria.
Carbonifère marin
en France 1 ont montré que, par l'examen des plantes, on pouvait y établir plusieurs sous-étages.
Si l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale ont été abaissées au-dessous des eaux de la mer pendant la première partie de la période carbonifère et ont été exondées pendant la seconde partie, il n'a pu en être de même partout; il n'est pas concevable que toute la surface de la croûte terrestre ait été abaissée d'abord, puis exhaussée. En effet, M. de Moeller, au congrès international de géologie tenu à Paris en 1878, a annoncé que, dans la Russie où le terrain carbonifère occupe un espace immense, on ne trouve pas, comme dans nos pays, un grand étage d'origine terrestre superposé à un grand étage d'origine marine : < dans le bassin du Donetz, a dit M. de Moeller 3 , le système carbonifère du haut jusqu'en bas nous offre des alternances presque infinies de dépôts terrestres avec ceux de la mer. »
Terrain permien. — Ce terrain a été ainsi nommé à cause de son développement en Russie, dans le gouvernement de Perm. Plusieurs personnes pensent qu'il serait juste de lui restituer le nom de pénéen 3 qui lui avait été donné d'abord par d'Omalius d'Ilalloy. Les Anglais l'appellent le magnesian limestone ; MM. Marcou et Geinilz l'ont décrit sous le nom de dyas *.
1. M. Grand'Kury a reconnu en France les divisions suivantes :
Houiller supérieur. Types dans le centre de la France, en Bohême. Prédominance de* Calamodendron, dea Cordai tes, des Pecopteris et des Terrain \ Odontopterit.
carbonifère \ Mouiller moyen. Types dans le nord de la France, en Angleterre, en Allemagne. Prédominance des Sigillaria, des Sphenopteris et des Neuropteris. Cuira. Types dans le Roannais, en Ecosse, dans l'Oural. Prédominance des Lepidodendron, des Bornia, des Patoopteris.
2. Compte rendu du congrès international de géologie de 1878 par M. Alexis Delaire. Note de M. de Moeller, p. 121. Paris, 1880.
3. niwKt pauvre, parce que la couche de grès rouge à laquelle d'Omalius d'Halloy a donné le nom de pénéen est pauvre en minerais.
4. Ce mot est tiré de 3uo, deux, parce que le permien est formé de deux étages principaux : le schiste cuivreux et le lechstein.
En Angleterre, Binney a exprimé l'opinion que le permien devait être regardé simplement comme l'étage supérieur du carbonifère; M. Dawson, par ses études dans le Canada, a confirmé cette opinion. D'autre part, une intéressante note de M. Lesley nous a appris que, dans le permien de Pensylvanie, MM. YVhite et Fontaine venaient de trouver un grand nombre d'espèces qui sont spéciales à ce terrain.
En Allemagne où le permien est bien développé, il se montre formé de six assises :
Stinkstein (pierre puante).
Rauliwacke (pierre âpre au toucher, cargneuie) et dolomite. Zeehslcin (pierre de mine).
Kupfcrschiefer (schiste cuivreux).
Hothcs todtliegendc (couche rouge morte, c'est-à-dire couche où les mineurs qui exploitent le Kupferschicfcr ne trouvent plus de métal), ttrandschiefer (schiste bitumineux).
Eu Angleterre, William King, auquel on doit une importante monographie du permien, a également partagé ce terrain en six assises principales.
Dans le centre de la France, le permien inférieur est composé de couches lacustres ou terrestres qui, d'après les recherches de M. Emile Roche, se divisent en trois sous-étages :
Sous-étage du boglioad de Millery. — Protriton petrolei.
bous-ctage de Muse. — Actinodon Krossardi.
Sous-étage d'Igomay, base du permien. — Stereorachis dominans.
Le terrain permien a fourni jusqu'à présent peu de restes d'animaux marins; il a surtout attiré l'attention des géologues par les nombreux fossiles terrestres ou d'eau douce qu'on y a découverts en Allemagne, en Russie, en Angleterre, en France et aux États-Unis.
Le résumé très rapide donné dans les pages qui précèdent, montre combien de changements se sont accomplis pendant le dépôt des terrains primaires. L'étude de ces terrains a révélé une multitude immense d'espèces. Pour s'en faire une idée,
il faut parcourir l'ouvrage où Bigsby a indique toutes les espèces de plantes et d'animaux qui ont été trouvées dans les terrains cambrions, siluriens, dévoniens et carbonifères \ On pourra aussi consulter le catalogue que M. Miller a donné des fossiles primaires américains 2 . M. Etheridge, dans une adresse à la Société géologique de Londres 1 , a réuni les détails les plus circonstanciés sur chacune des populations qui se sont succédé, dans la Grande-Bretagne, durant les âges primaires. Ce savant paléontologiste a montré que chaque assise a son histoire ; elle a vu apparaître des êtres qui la distinguent de l'assise précédente ; elle en a vu mourir d'autres qui la distinguent de l'assise suivante ; enfin plusieurs espèces se sont continuées, servant de lien entre les âges plus anciens et les âges plus récents. La force créatrice ou modificatrice semble avoir été toujours en exercice.
1. Cet ouvrage comprend deux volumes : l'un appelé Thésaurus siluriens, publié en 1868, et l'autre appelé Thésaurus devonico-car boni férus, publié en 1878.
i. The american palœcuoic fossils, in-8°. Cincinnati, 1877.
3. On the anahjsis and distribution of the british palœoioic fossils (Annirersary address of the président, Quarlerly journal of the geological Society of London, 18 février 1881).