M£<roç, qui est au milieu; x£?ot;, corne
Ififi FOSSILES PIllMAlBES.
qui ne peut être exactement classé ni dans la catégorie des nautilidés a ouverture large, ni dans celle des nautilidés à ouverture contractée ; son nom indique qu'il Tonne un intermédiaire entre eux (fig. 153). Dans les genres a ouverture simple, l'ouverture a quelquefois une disposition triangulaire
Fig. 153. — Moule interne de la chambre d'habitation du Metoeera* boht-
micum, » 1/2 grandeur; a. vu de cillé; b. vu en dessin pour montrer la forme nilrécie de l'ouverture (d'après M. Bairande). — Silurien supérieur de Bohème.
(Streptoceras 1 ) ou une tendance au resserrement, comme le montre le dessin ci-dessous du Cyrloceras heteroclitum (fig. 154); d'autre part, chez les genres à ouvertures con-
Fic. 151. — Cyrlocerai hettroditum, vu mr la face latérale a., et sur le coté concave b., aux 2/3 de grandeur (d'après H. Barrande). — Silurien suptirieur de Bohcmc, étage F.
I raclées, ces ouvertures offrent de grandes variations; on en pourra juger par les dessins (fig. 155 à 163) qui représentent des Gomphoceras. Pour la forme de l'ouverture, il n'y a pas très loin de certains Orthoceras au Gomphoceras semirlausum (fig. 155), qui lui-même n'est pas loin du Gompho-
ceras olla (fig. 156), qui n'est pas loin du Gompkoceras inflatum (fig. 157), qui n'est pas loin du Gomphoceras myr-
Fic.155. — Gomphoctra*
lemidausum , vu en d issue aux 2/3 de grau deur (d'après H. Barrande). Silurien supé-
FlG. 156. — Gompkoctra» Fie. 157. — Gomphoceolla, vu en dessus au rai inflatum, vu en
1/3 de grandeur (d'à- dessus, grandeur na-
pres Saemann). — Dé- lurelle (d'après Sae-
vonien d'Allemagne. mann). — Dévonien
d'Allemagne.
Fie. 158. — Gomphoceras myrmido, vu en dessus, grandeur naturelle (d'après M. Barrande ). — Silurien supérieur de Bohême.
relie (d'après M. Barrande).— Silurien supérieur de Bohême.
Fie. 100 — Gomphoceras simples, vu en dessus, grandeur naturelle (d'après M. Barrande). — Silurien supérieur de Bohême.
Fig. 181. — Gomphoceros Utihaijcsi, vu en dessus, grandeur naturelle (d'après H. Barrande). — Silurien supérieur de Bohême,
dessus, aux î/3dcgrandeur (d'après M. Barrande).— Silurien supérieur de Bohême.
Fie. 163. — GompnoMrai polleni, vu en dessus, a 1/3 de grandeur (d'après M. Barrandc). — Silurien supérieur de Bohême.
mido (fig. 158), qui n'est pas loin du Gomphoceras nanum (fig. 159), qui n'est pas loin du Gomphoceras simplex (fig. 160), qui n'est pas loin du Gomphoceras Deshayesi (fig. 161), qui
f08 FOSSILES PRIMAIRES.
n'est pas loin du Gomphoceras gratum (fîg. 163), qui n'est pas loin du Gomphoceras pollens (fig. 163).
Si, au lieu de s'infléchir en avant, le bord antérieur de l'ouverture s'infléchit en arrière, il en résulte la curieuse forme en croix appelée Gomphoceras staurostoma (fig. 164), autour de laquelle se
¥k. m. - Gompkoct- groupent des séries de modifications anami fiauroiioma, va jogues à celles dont je viens de citer
en dessus, grandeur
naturelle (d'après m. quelques exemples.
Srïiir"' Les M™»«»«™« q™ «présenlenl la forme contractée des Cyrloceras offrent les mêmes séries de variations que le Gomphoceras.
Courbure de la coquille. — La manière dont les coquilles se courbent et s'enroulent fournit pour la séparation des genres des caractères très apparents ; aussi on en a fait grand usage. Mais évidemment il n'est point possible d'établir des barrières tranchées entre les espèces qui sont droites, arquées ou enroulées sur ellesmêmes. Dans une môme espèce d'Orlhoceras (fig. 165), on voit des individus qui sont droits et d'autres qui sont arqués.
Dans les genres Gomphoceras , Phragmoeeras, Cyrloceras, la courbure se fait tantôt du côté du ventre, tantôt du côté du fk." os. - OrthoJra* dos - En étudiant les espèces qu'il a appe- Met, au i/3<iegran- lées Cyrloceras Orion et Cyrloceras qua-
deur : a. individu ». t. j j • i
droit; b. individu ur- atrectum, M. Ilarrande a admis que le
rai'îiicf il,, - S sîiuNcn ( ' nan & emeûl de courbure pouvait se prolupcrieur d« iiohêmi;, duire dans une même espèce. Les recheragc ' elles de M. Hall ont montré qu'aux États-
Unis il est impossible de séparer les Cyrloceras des Gyro' cents. Celles de M. Barrandc en Bohême nous ont appris
qu'avant de s'enrouler sur eux-mêmes, les jeunes nautiles ont eu l'aspect des CyHoceras (sous-genre Aploceras, fig. i6(i b.), puis des Gyroceras , et quelquefois, dans leur âge adulte, il y a eu tendance au déroulement (fig. 467). On verra page 172 (fig. 169) des dessins de Goniatites qui montrent dans une même espèce un individu b. où le premier tour est contigu aux autres, el un a. autre où il est disjoint. Ces remarques semblent
ftc 166. — Nautilui boltemicui; Pic 167— Nautilvi Sternbergi', a
a. aux 3/4 de grandeur; b. jeune peu près A 1/3 grandeur (d'après
individu (d'après M. Barrsmde). M. Barraurie). — Silurien supé-
— Silurien supérieur de Bohême, rieur de Bohême.
permettre de supposer des liens de parenté entre les genres de céphalopodes qui diffèrent par leur courbure.
J'ai essayé dans les dessins théoriques 1 de la figure 168 de faire voir comment les enroulements et les déroulements peuvent donner à un même type des aspects divers. 11 est facile de concevoir VOrlhoceras F. devenant YÀploceras peu courbé E., plus courbé D., puis passant au flautiloceras C," et enfin
(. Dam ion grand ouvrage »ur la Silurien (le la Bohême, M. Barrande désigne ainii col échantillon : ■ Spécimen remarquable par la diijonclian du dernier tour de ipire, tant qu'il exiitc aucune trace d'un accident violent auquel on puiise attribuer cet ècartement. •
S. J'ai trouvé le modèle de quelques-unes de ces coupes théoriques dans un mémoire de H. Barrande intitulé : Sur Ascocerai, prototype de* nautilidét {Buttai» de la Soc. géot. de France, S- série, vol. III, pi. >', 1850?.
Pic 168. — Coup» théorique* supposées faites dans le milieu des coquilles, représentant quelques-unes des variations d'enroulements dans Ici céphalopodes primaires. — A.
Clymeniii;B. Nautilui;C. Nautiloeeras; D. E. Aploreras; F. Orthoceras; (1. Halte; H. t.
Cyrtoecras; J. Gyroceraa; K.
Ophidioceras ; L. Cryploceras; M. Goniatitos.
prenant la forme de Nautilus B., ou de Clymenia X. Ainsi se trouve justifié ce mot de M. Barrande 1 : « Orlhoceras est un nautile droit. * On comprend non moins aisément que la Melia G. passe à un Cyrtoceras peu courbé H., plus courbé I., puisque ce Cyrtoceras devienne un Gyroceras J., un OphidiocerasK.y et enfin un Cryptoceras L. ou un GoniatilesW. Entre le Goniatites, la Clymenia, le Nautilus, il y a celte différence que la première de ces coquilles a son siphon sur le bord convexe, que la seconde a son siphon sur le bord concave, et que la troisième a son siphon placé vers le centre. De même, entre YOrthoceras et la Melia, il y a la différence que le premier a son siphon central et la seconde son siphon latéral. Mais on a vu par les travaux de M. Barrande, que la position du siphon varie beaucoup dans une même espèce, et aussi dans un même individu (page 161, fig. 149). Il en résulte que, si Ton peut concevoir le Goniatites, le Nautilus et la Clymenia passant les uns aux autres par suite d'un déplacement de siphon, on peut aussi concevoir une série de déroulements et d'enroulements tels que ceux représentés (fig. 168) par les dessins A, B, C, D, E, F, G, II, I, J, K, L, M, de sorte que, tour à tour, suivant son mode de courbure, un même type se sera présenté sous la forme du Goniatites ou sous la forme de la Clymenia. Quant aux Trochoceras, je pense que la plupart des paléontologistes n'hésitent pas à les regarder comme des Cyrtoceras, des Gyroceras et des Nautilus, dont les tours de spire ont dévié, au lieu de rester dans le même plan.
Nucléus de la coquille. — On appelle nucléus la petite coquille qui est formée dans l'embryon ; chez beaucoup de mollusques, elle se conserve, alors même que l'animal vieillit; elle fournit ainsi le moyen d'étudier les phases par lesquelles les individus ont passé et de comparer l'évolution embryogénique avec l'évolution paléontologique ; aussi plusieurs savants
1. Système silurien de la Bohême, vol. II, Céphalopodes, i"* partie , p. 151, 1877.
ont-ils voulu l'examiner avec soin. MM. Sandberger ont particulièrement étudié le nucléus des Goniatites; M. Alpheusllyalt a fait d'importantes recherches sur le développement initial de tous les céphalopodes fossiles : non content des matériaux que les inusées des États-Unis lui offraient, il a visité les musées d'Europe, et je me rappelle le zèle avec lequel cet habile paléontologiste a examiné les pièces de noire Muséum de Paris ; M. Barrande s'est aussi beaucoup occupé du même sujet ; enfin M.Branco', qui vient de publier un magnifique mémoire sur la constitution des coquilles de céphalopodes, a dû aussi parler de leur premier développement.
11 y a un point sur lequel tous les observateurs sont d'accord,
Fie.. 1(13. — Goniatites fecundui : l'individu c. est aux 3/* de grandeur; a. et b. représentent de jeunet individus grandit 3 fui) pour montrer la forme du nueléui (d'après M. Barrande). — Silurien supérieur de Bohème.
c'est qu'à leur début les coquilles des ammonitidésontprésenté une différence très sensible avec celles des nautilidés ; elles ont commencé sous la forme d'un nucléus rond ou ovale auquel on a quelquefois donné le nom d'ovisac (fig.169 a. et p.). Chez les nautilidés, on ne voit pas ce nucléus ; la coquille débute sous forme d'un cône tronqué, qui a été appelé calotte initiale (fig. 170 B. ci.), et cette calotte a un trou auquel la dénomination de cicatrice a été appliquée (fig. 170 C. etc.). Ces diffé-
1. M. Charles Maurice a publié dans les Annales de ta Société géologique du Nord, un résumé det recherches de M. Branco sur l'embryogénie et les affinités dei céphalopode* fossiles (séances du 2* juin 1881 et du 3 mai 1882).
renées des nautilidés et des ammonilidés ont beaucoup frappé quelques naturalistes; vainement, suivant eux, on essayerait de montrer que des modifications de cloison, de siphon et de courbure ont amené le changement des nautilidés en ammonilidés ; la différence des embryons établirait une barrière infranchissable.
On peut tout d'abord répondre qu'il est regrettable d'avoir donné le nom d'ovisac au nucléus spliériquo des ammonilidés, Kir ce mot qui, en embryogénie, est synonyme de vésicule de Graaff, et qui pourrait aussi signifier coque d'oeuf (ovi sacexts) risque de faire imaginer des différences qui n'existent pas. Tout ce qu'il est permis de dire, c'est que la coquille de l'am-
Fie. 170. — Orthocerai dutee : A. vu de côté de grandeur naturelle montrant en c. h. la chambre d'habitation, et en c. lit partie où sont les cloisons; B. extrémité inférieure de la coquille qui a été grandie pour faire voir la calotte initiale c. i.; C. la même deisinée en dessous avec la cicatrice cic. (d'après H. Barrandc). Silurien supérieur de Bohême, étage E'.
monite et du goniatite commence par un nucléus sphérique, tandis que ce nucléus ne se montre pas dans le nautile.
En second lieu, la partie de la coquille qu'on a appelée calotte initiale est trop grande chez la plupart des nautilidés pour supposer qu'elle a été formée comme le nucléus des ammonites et des goniatiles pendant la période embryonnaire ; la calotte des nautilidés et le nucléus sphérique des ammonilidés ne sont pas des parties comparables. Lorsqu'on regarde le centre d'une goniatite (fig. 109), on aperçoit une toute petite coquille qui débute par une sphère presque microscopique; au contraire, lorsqu'on regarde le centre d'un nautile (fig. 171), on voit un vide qui paraît correspondre à la place occupée par
fanimal dans les premiers temps de son développement ; cela porte à penser, comme M. Hyatt l'a dit très justement, qu'on a devant soi une coquillle à laquelle son nucléus manque.
Pourquoi le nucléus manqiie-t-ii ? Deux explications se présentent à l'esprit. D'abord on a supposé que le nucléus était caduc: il y aurait eu. avant la formation de la cloison appelée calotte initiale, une petite coquille qui, plus lard, aurait été brisée: une telle idée n'a rien d'invraisemblable, car il est reconnu que plusieurs espèces é'Orthoceras ont détruit en
avançant en âge la partie de la coquille qu'elles avaient sécrétée pendant leur jeunesse.
Il y a une autre explication que je serais disposé à préférer, par la raison qu'on n'a jamais trouvé des nucléus calcaires de naulilidés. Au lieu de croire que la coquille embryonnaire a été brisée, on peut imaginer qu'elle n'a pas existé. L'embryon des naulilidés serait resté plus longtemps enveloppé dans son albumen et sa coque, de sorte qu'il n'aurait pas eu besoin d'être protégé par une substance dure ; sa coquille n'aurait apparu qu'à l'époque où il était plus avancé dans son développement. Il se serait passé pour lui ce qui se passe de nos jours pour les argonautes chez lesquels la coquille ne se forme qu'après la vie embryonnaire 1 .
Dans cette hypothèse comme dans celle d'un nucléus caduc, il faudrait admettre que la calotte dite initiale a été formée plus
t. Dans ion Manuel de conchyliologie, M. Fischer dit : « La coquille de» argonautes femellet te développe quelque temps après la naissance. H. Millier ne ta vue apparaître que lorsque les femelles avaient un pouce de longueur. A. Adams ne l'a jamais trouvée en«* les embruont. »
lard que les parois latérales de la coquille, après que ranimai avait rétracté la partie postérieure de son corps ; en se rétractant, il aurait laissé un étroit prolongement analogue au funicule du nautile adulte ; c'est seulement ce prolongement qui aurait passé par la cicatrice de la calotte initiale '.
Si Tune ou l'autre de ces hypothèses 2 était vraie, il ne faudrait pas dire que les nautilidés diffèrent radicalement des ammonitidés, parce qu'ils ont une calotte initiale, tandis que les ammonitidés commencent par avoir une enveloppe sphérique; il faudrait dire que les uns et les autres ont pu commencer de même, sauf que chez les nautilidés la coquille, ou bien a été caduque, ou bien s'est formée un peu plus tard.
Quelle que soit la valeur de nos hypolhèses pour expliquer la différence entre la calotte des nautilidés et le nucléus des ammonitidés, nous devons avouer que cette différence s'est manifestée dès l'époque du silurien supérieur; il y a là, dans l'état actuel de nos connaissances, un argument qu'on peut faire valoir contre l'idée des enchaînements de ces animaux.
A cet argument, M. Barrande en a joint plusieurs autres. Ce naturaliste, qui, par ses études sur les migrations des êtres fossiles et parla découverte d'une multitude de formes de transition, me semble avoir fourni plus que personne des bases à la doctrine de l'évolution, n'adopte pas cette doctrine ; il trouve qu'il n'a pas encore comblé assez de lacunes dans la série des êtres pour croire à leur filiation. Il a été particulièrement frappé de la brusque arrivée des céphalopodes en Bohême au temps du silurien inférieur; on voit tout d'un coup apparaître des formes nombreuses, variées, droites ou courbées comme le Cyrtoceras,
1. On a fait remarquer que la cicatrice de la calotte initiale n'est pas toujours en face du siphon, et on en a conclu qu'elle n'avait pas été produite par le prolongement postérieur du corps qui est devenu le funicule ; on peut répondre à cette objection en rappelant que, suivant les observations de M. Barrande, la position du funicule variait dans un même individu.
2. Nous faisons des hypothèses faute de mieux ; il est évident que la moindre observation sur la formation de la coquille chez les embryons des nautiles vivants nous en apprendrait plus que toutes nos suppositions.
ou doublement courbées comme le Trochoceras, ou même enroulées comme le Nautilus. M. Barrande fait remarquer que c'est dans le silurien qu'on trouve les plus grands nautilidés primaires 1 ; cela lui parait en opposition avec l'idée d'un développement graduel. Il insiste également sur ce qu'il appelle des anachronismes; par exemple, il dit que le Mesoceras est anachronique, parce que étant intermédiaire entre le Gomphoceras et ïOrthoceras, il ne se trouve cependant que dans un étage formé après l'époque où la transition aurait dû s'effectuer, s'il y avait eu dérivation. Moi-même, pour établir les gradations des ouvertures des céphalopodes, j'ai été obligé d'intercaler au milieu des espèces siluriennes deux espèces dévoniennes, c'est-à-dire des espèces qui ne sont pas à la place voulue pour démontrer leur filiation.
Il est bien certain qu'il y a encore d'immenses lacunes dans la série des êtres des temps géologiques, mais ce qui ne l'est pas moins, c'est que ces lacunes diminuent chaque jour au fur et à mesure des progrès de la science. Quand M. Barrande entreprit l'exploration des terrains siluriens et cambriens de la Bohème, on y avait trouvé vingt-deux espèces fossiles. Aujourd'hui le nombre des espèces rassemblées dans la collection formée à Prague par notre illustre compatriote, est évalué par lui à environ 3400. Elles sont réparties dans de nombreuses couches; l'une de ces couches appelée E a par M. Barrande, a fourni à elle seule plus de céphalopodes que toutes les autres réunies; il n'y a pas de raison pour que les observateurs futurs ne découvrent pas dans plusieurs assises autres que E* des gisements d'une égale richesse. Et quand même, après tant de recherches, beaucoup de lacunes existeront encore en Bohème, les géologues 2 qui admettent l'idée de migrations des êtres dans les temps anciens, ne seront pas étonnés; ils ne peuvent